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Interviews

Interview JC - Collectif Tomahawk


"Une asso de guerriers de la musique pour faire bouger sérieusement les choses"

Il y a quelques semaines je suis tombé sur Le Pack du Zikos, un ebook extrêmement bien réalisé distillant bon nombre de conseils utiles aux musiciens indépendants. Voyant le professionnalisme de la chose, j'ai donc décidé de me pencher sur la bande de bretons qui se cachait derrière ce livre : le collectif Tomahawk. J'ai posé quelques questions à JC, créateur de Tomahawk pour qu'il nous en dise un peu plus sur sa structure.

 

Collectif Tomahawk

 

 
Bonjour JC, tout d'abord peux tu te présenter au lecteurs du blog ?

 

JC, j'ai 40 balais et voilà ma formation : la peinture, pas celle en bâtiment, la vraie celle qu'on voit dans certains musées et qui ne veut rien dire, je suis ancien chanteur guitariste du groupe Caïna et intermittent ayant raccroché les gants. Mes passions: la zik, le bon vin, botter le cul au système dominant.

 

 

Tu représentes donc le collectif Tomahawk, tu peux nous en présenter le concept ?

 

Nous sommes basés dans le sud Finistère sur une petite ferme de 22 hectares.  Le Collectif TOMAHAWK fait partie intégrante d'un plus vaste projet : celui de bâtir la salle la plus rock’n’roll de l’ouest, qui nous est venue un soir d’hiver 2008... Alors, pour tout savoir, un petit rembobinage s'impose ! Il était une fois, dans une contrée pas si lointaine, une bande de potes qui ripaillaient. Le petit bourguignon qui allait bien, le p’tit coup de lambig salvateur devant le making off du Retour du Roi. 


Et là, les aminches, LA REVELATION. Voir toute une bande de gugusses motivés faire sortir de terre le château du Rohan, en à peine quelques mois, et donner vie à un rêve, on s’est dit : Pourquoi pas nous ?... Mais oui, bon sang mais c'est bien sûr, les amis, c’est ce qu’il faut faire !

Une vraie salle de concert alternative, des bureaux pour une asso de guerriers de la musique pour faire bouger sérieusement les choses, et puis pourquoi pas la fabrication d’une petite bière artisanale, histoire de ne pas mourir de soif ?! Bref, après avoir fêté la chose comme il se doit, la chose est dite et entendue : un an de paperasse plus tard, armés de nos tronçonneuses, nous abattons les premiers arbres qui allaient servir de squelette à notre halle viking, façon apaches BZH !


Côté musique, on attend pas que le chantier soit terminé, c'est parti aussi : le Collectif TOMAHAWK s’installe dès le 1er juin 2010 dans un grenier poussiéreux, avec deux vieux PCs en fin de vie, trois petits groupes et deux indiens armés d’une hargne et d’une énergie à retourner les morts. 

Deux ans et demi plus tard, notre petite association commence à faire parler d’elle et de plus en plus de groupes se rangent sous sa bannière. 

TOMAHAWK est avant tout une réponse de groupes bretons qui se sont rassemblés au sein d’un même collectif afin de pouvoir faire face à la mutation en profondeur de l’ensemble de la filière musicale. La chute des ventes physiques, la dématérialisation du support audio et le piratage ont entraîné un changement radical des modes de consommation culturels du public ainsi qu’une chute vertigineuse des revenus pour l’ensemble des acteurs du secteur.

Mutualiser entre musiciens nos réseaux respectifs, nos publics, nos compétences, nos ressources humaines et matérielles, telle a été notre réponse pour maintenir une diversité culturelle en Bretagne et  briser l’isolement des groupes bretons.

Notre tribu est constituée d’un panel de personnalités diverses et variées : vieux loups de mer, jeunes fans de son, zikos de tous poils, nouveaux potes et amis de longue date. En somme, une énorme part d’humain, beaucoup de musique et une hargne de sioux sans pareille, telle est la recette du collectif TOMAHAWK !

Avec une belle cabane en bois de 450 m2 comme quartier général, entièrement autofinancée et construite par la seule force de bénévoles, l’association occupe aujourd’hui 6 personnes à temps plein et regroupe plus de 90 groupes bretons ainsi qu’une centaine de bénévoles-adhérents soit près de 450 personnes au total. Nous avons booké plus de 150 concerts en une année. Nous travaillons autant avec le monde associatif qu’avec des partenaires institutionnels ou privés. Notre collectif est ouvert à tous : groupes amateurs, professionnels et en voie de professionnalisation, simple mélomane...

 

 

Quel est le rôle de chaque personne travaillant sur ce projet ?

 

JC : gardien de but

Poilu : responsable Pôle diffusion

Fred : responsable antenne rennaise & régie du festival

Emilie du 57 : action culturelle et communication

Marie : bénévole sur l'antenne rennaise

Fleu : développeur du pôle vidéo

Tonio : suivi des groupes et chargé de prod.

N'oublions pas non plus les 80 bénévoles qui peuvent être facilement mobilisés par le collectif 

 

 

Au quotidien, comment accompagnez vous les groupes ?

 

Nous avons développé 4 pôles au sein du collectif. 

 

Un Centre ressources Musiques actuelles où nous avons développé le PACK DU ZIKOS (25000 lectures de la version numérique en deux mois et demi + relais de la version papier dans un très grand nombre de structures Musiques actuelles au niveau national), des bases de donnés de structures de diffusion grand ouest / et une base de données com (3200 contacts nationaux). 

 

Un Pôle diffusion : là on booke (130 groupes en 2012), on produit nos propres dates (20 dont un petit festival en 2012 (1000 de public), on multiplie des échanges avec des indiens d'autres régions (réseaux institutionnels mais également assos et collectif de groupes). On bosse également de plus en plus comme programmateurs pour des mairies, assos, offices de tourisme car nous assurons une veille artistique et sommes à peu près au courant de tout ce qui se passe sur la scène émergente bretonne.

 

Un Pôle de développement de projets culturels européens : l'idée est d'aller chercher les publics et les filières pros là où elles sont développées selon les esthétiques musicales.

 

Un Pôle vidéo : dernièrement mis en place et encore sur le début nous développons cet aspect car une vidéo live est aujourd'hui un outil com indispensable pour un groupe désirant se professionnaliser et présenter à des pros son boulot.

 

 

A la différence d'autres collectifs fondés sur des valeurs uniquement artistiques, vous vous inscrivez plus dans une démarche locale. C'est une volonté de créer du lien au niveau local ?

 

Clairement oui. Nous avons bannis tout filtre artistique au niveau des esthétiques musicales et des degrés de professionnalisation des groupes. Pour nous, être musicien c'est avant tout faire partie d'une sorte de fratrie, d'une belle et grande famille où il faut se serrer les coudes et non jouer des coudes... 

La scène musicale bretonne indépendante et ses publics sont malheureusement fractionnés en de multiples chapelles. L'idée est aussi de contrer ce que dicte et encourage le système: à savoir la concurrence puante et cet esprit de compétition navrant entre groupes qui nuit tant à la cohérence et à l'unité de la scène bretonne. Notre tribu répond à cela : communication, mutualisation, transmission et coopération. Et ça marche, qu'on se le dise!

 

 

Quels sont, selon toi, les principaux intérêts qu'ont les groupes à se fédérer en collectif ?

 

Le principal : ce sentiment fort de ne plus être isolé et d'être enfin écouté... 

 

Vu l'herméticité des structures musiques actuelles, la disparition d'un grand nombre d'acteurs professionnels nécessaires au développement d'artistes ainsi qu'une concurrence accrue pour accéder aux programmations,  un grand nombre de groupes trouvent dans notre petite tribu une véritable écoute. 

Chaque groupe c'est au minimum 3 entretiens personnalisés à la ferme devant une p'tite mousse (de 3H au minima chacun) où l'on fait tout d'abord connaissance, où l'on balise le projet précisément, ce qu'en terme d’ingénierie TOMAHAWK peut apporter mais également ce que chaque membre du groupe peut apporter à la tribu en termes de réseau. Chacun à ses entrées, ses compétences propres qui peuvent servir à l'effort de guerre collectif (entrées dans des festoches et des structures de diffusion, création graphique, luthier, mise à dispo de sonos, possibilité d'hébergement, webmastering etc.. etc...)   .

 

La multiplicité de ces contacts privilégiés que peut avoir chacun fait que nous sommes en train de créer un carnet d'adresse commun qui commence à avoir une sacrée gueule. Je pense que bon nombre de tourneurs nous envieraient cet outil ! Imaginez le carnet d'adresse commun de 350 zikos que nous sommes en train de mettre en place en interne du collectif...

 

Trouver des dates : clairement non. Même si bien sûr c'est le cas vu le nombre de programmations dont on s'occupe... On ne veut pas de groupes consommateurs et individualistes qui viennent vers nous parce que le collectif peut leur apporter quelques dates. Ce n'est pas l'esprit du collectif TOMAHAWK, et ceux qui ont l'idée de venir vers nous en ayant cette démarche : passez votre chemin. 


 

Tu aurais des conseils à donner aux personnes qui voudraient créer un collectif ?

 

Suite à la sortie du PACK DU ZIKOS et de son impact au niveau national nous avons été contactés par un très grand nombre d'acteurs culturels. plusieurs d'entre eux, après une visite sur notre site internet, ont été séduit par ce principe de collectif et nous ont demandé les statuts de l'asso ainsi que l'autorisation de pouvoir utiliser notre charte interne. Ce que l'on a fait avec grand plaisir bien sûr ! Il faut essaimer le système de l'intérieur afin de changer durablement les choses, et ce, à une échelle exponentielle. Plus nous serons nombreux à prôner d'autres modes de pensées, des valeurs humaines et philosophiques à travers de nos projets respectifs plus nous arriverons à faire vaciller les choses et à remettre en cause les modèles de fonctionnements dominants... 

 

En ce qui concerne la structuration juridique: je trouve que l'association 1901 est une perle en terme de démocratie directe et évite qu'un ou plusieurs acteurs un tant soit peu charismatiques (voir grandes gueules) prennent les grandes décisions et les rennes d'un projet commun. Car au jour d'aujourd'hui beaucoup d'associations dans le secteur culturel n'en ont malheureusement que le nom et le statut. Certaines d'entre elles dégagent des bénéfices tels qu'ils relèvent plus du secteur marchand (pourtant interdit par le droit européen au nom des lois de non concurrence entre le monde associatif et le secteur privé) tout en percevant des subventions publiques et en ayant pas forcément une réelle transparence sur leurs modes de fonctionnement en interne (AG, élection du bureau, validation des comptes, adhésion libre pour que chaque citoyen puisse participer à la vie et aux décisions de la structure). 

 

Cependant je dirais que dès lors qu'un projet regroupe plus d'une trentaine d'individus, l'association 1901 reste la forme juridique la plus adaptée tant que l'objet statutaire de cette dernière s'inscrit dans une dynamique d'intérêt général.

 

Dès que le nombre des acteurs se réduit et que l'activité peut être marchande il vaut mieux à mon humble avis se diriger vers une structuration juridique via les SCOOP, les SIC (sociétés d'intérêt collectif) etc...


 
Tomahawk a sorti récemment un e-book vraiment intéressant "Le Pack du Zikos", comment a été conçu ce projet ?

 

Via un projet européen INTERREG4A nommé CORNFLUC MUSIC PROJECT que nous avons mené en tant que chef de file avec le Festival Chauffer dans la Noirceur de Normandie et avec des partenaires au Royaume Uni (Little Miss Music Management & Radio Saint Austell Bay).

 

La première idée de ce projet a été de confronter les deux filières musicales et de décrypter quels anticorps elles avaient pu développer suite à la dématérialisation du support audio depuis 2004. En effet, il était extrêmement intéressant de faire la comparaison entre le Royaume Uni où les acteurs des musiques actuelles doivent être autonomes et doivent assurer leur auto-financement total et un pays comme la France où le secteur est fortement soutenu par les pouvoirs publics. Cependant avec la crise qui s'installe à long terme dans l'hexagone, avoir la connaissance d'autres modes de fonctionnement , s'imprégner de modèles économiques anglo-saxons, d'autres recettes en termes de communications,et d'organisations d’événementiels est le gain réel que ce projet a pu nous apporter. Une tournée de 17 plateaux franco-britannique a été organisée en parallèle entre septembre et décembre 2012. 16 groupes ont pu participer à l'aventure.  

 

Le second objectif, portés et mis en forme par le collectif TOMAHAWK, a été la réalisation du PACK DU ZIKOS. L'idée était, à travers cette valeur forte qu'est la transmission, d'offrir aux jeunes groupes une vison globale de ce qu'est le développement d'un projet musical.

Nous avons donc compilé tout un tas d'expériences de groupes en développement français et britanniques au sein d'un seul et unique document.  LE PACK DU ZIKOS, c'est avant tout une sorte de guide du routard pour zikos, fait par des zikos pour des zikos qui a pour objectif premier de favoriser l'autonomie des groupes, de leur offrir un décryptage du secteur des deux pays, de tenter de leur donner quelques clés pour assurer les premières phases de développement de leur projet musical.  

 

 

 

Quels sont les projets de Tomahawk pour les prochains mois ?

 

Plein de choses, comme à l'accoutumée ! Au rythme de 60H hebdo (au bas mot) tout est possible !

 

Premièrement : nous avons mis une priorité sur la construction des nouveaux bureaux du collectif et de notre future salle de concert. La tâche est grande vu que nous abattons  les arbres et assurons nous même l'intégralité de la construction d'un bâtiment en bois de 550m2. 

 

Nous sommes également en phase de développement d'un projet qui aura sûrement un gros impact pour les groupes bretons. Nous préférons vous laisser la surprise de ce qui sera le futur gros projet TOMAHAWK. Le fruit de ce travail devrait sortir de nos ateliers début 2014 !

 

Nous devrions développer courant 2014 des projets d'échange de groupes avec des acteurs culturels russes. Nous allons bien sûr continuer le tissage de partenariats avec d'autres structures en France afin de promouvoir la mobilité des artistes du collectif. 

 

Le cœur de notre projet est également de développer les publics autours de la scène prolifique présente sur le territoire breton. Pour ce faire, nous travaillons quotidiennement sur des projets de moyenne envergure ayant pour objectif premier la sensibilisation des publics : susciter des vocations pour le secteur associatif, démontrer aux publics la qualité et la richesse des groupes bretons, bousculer l'immobilisme et éradiquer ces sentiments de fatalité et de capitulation qui semblent envahir le secteur sont autant de chantiers phares sur lesquels nous nous efforçons de travailler.


 

Et pour finir, c'est quoi tes dernières claques musicales ?
 

BJORN BERGE, AMON AMARTH , ALT J , PORTICO QUARTET, HOWARD SHORE

 

 

 



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Sur le blog Confliktarts.com : Interview JC - Collectif Tomahawk
Bonjour, J'ai trouvé cet article sur le site de Conflikt arts et je pense qu'il peut t'intéresser : http://www.confliktarts.com/fr/blog/251/interview-jc-collectif-tomahawk A bientot
Votre demande de partage sur Conflikt Arts
Bonjour,<br /><br />Votre demande de partage a bien été prise en compte.<br />L'article : http://www.confliktarts.com/fr/blog/251/interview-jc-collectif-tomahawk a été envoyé.
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