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10 raisons de détester les journalistes musicaux


"Ouais ton album, je lui mets 4/10 parce que je l'ai pas payé"

Gérer ses relations avec les journalistes, c'est souvent difficile lorsque l'on est un groupe en développement. Et parfois, on frise l'arrachage de cheveux pour obtenir une petite chronique dans un média national. Aujourd'hui, je vous propose donc de relâcher la pression en extériorisant toute votre rage à l'encontre des Ayatollahs de la culture...

 

10 raisons de détester les journalistes musicaux

 

 

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1 Ce sont des mauviettes

A votre avis, qu'est ce qui peut bien pousser quelqu'un à critiquer la musique plutôt qu'à en faire ? Je vais vous le dire : la peur de la douleur. C'est simple, pour la plupart, les journalistes musicaux sont de petites mauviettes qui n'ont jamais pu enchaîner plus de trois accords à la guitare, à cause des crampes qui martyrisaient leurs frêles doigts dès que ceux-ci essayaient de presser une corde convenablement. Alors, ne supportant pas l'idée de la douleur physique, ils ont décidé de se venger en torturant moralement chaque personne capable d'endurer le supplice du barré en bout de manche.

 

Un conseil : si un journaliste vous embête, levez la main en fronçant vos sourcils. Le pleutre devrait déguerpir en couinant avant même que vos doigts ne soient entièrement sortis de vos poches.

 

2 Ils n'écoutent pas les disques en entier

C'est de notoriété publique, aucun journaliste n'écoute de disque en entier. Au mieux, ils entendent parfois la totalité d'un album, vaguement, en bruit de fond, lorsque qu'ils reçoivent un appel de leur mère alors qu'ils venaient juste d'appuyer sur la touche lecture de la platine de leur rédaction. Mais mis à part ce cas exceptionnel, vous pouvez être sûrs que la majorité des albums sont chroniqués en fonction des 30 premières secondes des 4 premières chansons.

 

Un conseil : pour avoir un maximum de bonnes notes pour votre album, enregistrez 4 intros de tueurs, et puis remplissez le reste avec du bruit. Vous gérerez le mécontentement de vos fans plus tard.

 

 

3 Ils citent des références obscures

« Mouais, ton album ça me fait penser à la première démo de The Grgzz, avant que Tim Bohltwonski Jr. rejoigne le groupe... ouais voilà c'est plutôt nul » Vous avez là la parfaite réplique d'un journaliste à qui l'on demande un avis sur un premier album. Les journalistes musicaux ne pourront jamais vous dire qu'ils aiment ce que vous faites à moins que vous ne soyez cités en référence par The Grgzzz eux même. Impossible de discuter de sentiments avec les journalistes puisque leur seul manière de parler de musique est de la comparer avec des groupes qu'eux seuls connaissent, pour vous écraser de leur condescendante culture inutile en terme de jazz-folk péruvien.

 

Un conseil : Déménagez au Pérou, apprenez à jouer de l'ocarina et à chanter en quechua puis mixez tout ça avec du jazz-folk et du math-rock, et faites ainsi de votre groupe LA référence obscure par excellence.

 

4 Ils ne payent jamais leurs concerts ni leurs disques

Évidemment, puisque tout le monde veut avoir la meilleure chronique ou le meilleur report de concert, tout le monde utilise la fameuse technique dite du « pot-de-vin ». Les journalistes musicaux se voient donc offrir toutes leurs entrées à toutes les soirées et reçoivent tous les disques du monde dans leur boite aux lettres. Partant de ce principe, comment voulez vous qu'ils accordent un tout petit peu de valeur au concert ou au disque qu'ils doivent chroniquer ? Et voilà c'est gagné, à force de soudoyer les journalistes en leur offrant tout et n'importe quoi, on a corrompu le système et créé des monstres. Vivement qu' Eliott Ness vienne mettre de l'ordre dans tout ça.

 

Un conseil : ne donnez rien aux journalistes et si vous en repérez un à l'entrée de votre concert, faites lui payer le double. Vous verrez que d'un coup, délesté de ses économies, il sera bien plus attentif à votre prestation et donc forcé d'écrire quelque chose à votre sujet. Évidemment, ne vous étonnez pas trop si son article est parsemé d'insultes à votre égard...

 

5 Ils jugent la qualité d'une soirée à la qualité du bar

Bien sûr, à force de tout avoir gratuitement, les journalistes musicaux dépriment en errant dans leur existence vide de sens. Et puisque plus rien n'a de valeur dans leur vie, ils se réfugient dans l'alcool, sombrant peu à peu dans l'irritabilité la plus crasse lorsqu'on leur parle de leur ancienne passion qu'était la musique. Alors noyant leur chagrin dans la vodka, ils se mettent irrémédiablement à juger de la qualité d'une soirée en fonction du bar de celle-ci. C'est pourquoi lorsque l'on cherche un journaliste dans une salle de concert, il est inutile d'aller se faufiler dans les premiers rangs pour le trouver, car il sera à coup sûr écroulé sur le bar, entouré par les corps inertes de ses collègues.

 

Un conseil : si vous organisez une soirée pour la sortie de votre album, arrangez vous pour qu'il n'y ait pas d'alcool au bar pour que les journalistes s'intéressent un tant soit peu à votre projet. Prévoyez quand même un service de sécurité conséquent pour contenir l'émeute qui explosera dans les 10 premières minutes de votre petite fête.

 

 

6 Ils draguent en se servant de leurs relations

Un journaliste musical par définition, quand ça fait son métier, ça réalise des interviews. Et donc, ça fricote avec les attachés de presse, les managers et parfois même les artistes eux-mêmes. Et comme ça ne sait pas jouer de guitare autour d'un feu de camp sur la plage pour draguer, ça impressionne les jeunes filles et les jeunes garçons avec des phrases du style : « Oh ouais, comme me disait Michel Sardou la semaine dernière... » ou encore « C'est marrant, j'en parlais avec Annie Cordy au téléphone tout à l'heure... ». Et face à l'étalage d'un tel répertoire, vous, musicien de votre état, vous ne valez plus une cacahuète aux yeux de la belle que vous courtisiez avant que l'autre binoclard viennent agiter son agenda mondain sous son petit nez. Et ça c'est dégueulasse.

 

Un conseil : Mentez, et dites que vous aussi vous connaissez plutôt bien Hervé Vilard.

 

7 Ils parlent tous des mêmes groupes

N'allez pas croire que les journalistes musicaux sont tous des dénicheurs de nouveaux talents. Pour la majorité d'entre eux, le métier consiste simplement à parler des groupes que les autres magazines, journaux, émissions et webzines mettent en avant. Puisqu'ils ont tous peur de passer à côté du dernier truc à la mode, ils se copient tous afin d'être sûrs d'être à la page. Et lorsque l'un d'entre eux se jette à l'eau et tente de parler de son exceptionnel coup de cœur qu'il a eu entre deux gueules de bois, beaucoup moins exceptionnelles quant à elles, il s'expose à la risée de tous ses collègues qui guettent les faux-pas des moutons ne suivant pas le troupeau.

 

Un conseil : arrangez-vous pour que tout le monde parle de vous, sinon ça va être compliqué d'être découvert. Intéressant concept n'est-il pas ?

 

8 Ils mettent des notes

Comme pour vous rappeler qu'il y a quelques années, vous ne représentiez pas forcément l'élite de votre classe de CM1, contrairement à eux qui ont toujours su faire la différence entre les verbes du deuxième et du troisième groupe, les journalistes musicaux mettent des notes. Ils ne peuvent pas s'en empêcher. Et trois étoiles sur cinq par ici, et 8/20 par là. Un concert, un disque, un morceau ou encore votre nouvelle coupe de cheveux, tout est sujet à être noté par nos reporters nostalgiques de l'odeur de la craie fraîchement effacée des tableaux noirs.

 

Mon conseil : justifiez la sortie retardée de votre album en y joignant un mot de vos parents, arme ultime contre l'artillerie scolaire.

 

 

9 Ils se prennent pour des rock-stars quand ils sont cités sur un autocollant

Puisque les journalistes ne sont pas des artistes, ils sont rarement catapultés sur le devant de la scène. Mais lorsque l'un d'entre eux se voit cité sur l'autocollant présent sur le nouvel album du dernier buzz du moment, on assiste alors à une métamorphose que le Dr Jekyll n'aurait pas reniée. En effet, le journaliste, galvanisé par sa soudaine mise en avant, passe du mode « petit gratte-papier aigri » à celui de « rock-star-du-journalisme-d'investigation-non-mais-tu sais-qui-je-suis ? ». A partir de ce moment là, n'espérez plus obtenir une note au dessus de la moyenne pour votre nouveau disque. Insupportable

 

Mon conseil : Si un jour on parle de vous en bien, mettez un autocollant sur votre album. Quelque part, vous participerez au gonflage du melon d'un journaliste, mais bon, on peut pas toujours être un saint, et on ne peut pas cracher sur une telle aubaine de promotion.

 

10 Ils ont des goûts de chiotte.

Oui, c'est un peu facile à dire, mais pour illustrer mon propos je vous ressors un petit article de Philippe Manoeuvre en 1976 à propos des Ramones. C'est pas piqué des hannetons...

 

Philippe Manoeuvre et les Ramones

Mon conseil : faites la musique que vous aimez sans vous préoccuper des détracteurs, un jour ou l'autre, ils auront tort.

 

 

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