webleads-tracker

Newsletter

* champ requis

Interviews

Interview Bertrand Dicale : FRANCE INFO, etc.


"Aucun artiste n’a décollé uniquement avec internet"

Si son nom ne vous est pas familier, sa voix l'est sans doute beaucoup plus. Il évoque en tout cas ce que la création musicale a de plus large et de plus riche. Journaliste à la curiosité insatiable et à l'éthique irréprochable, Bertrand Dicale est aussi considéré comme un véritable historien, tant il a écouté, lu, vu, interrogé, la musique et ceux qui la font, des plus grands au plus débutants. Témoignage exclusif de cette très grande personne qui fait la musique.  

 

 

 

Bonjour Bertrand, pouvez-vous vous présenter pour nos lecteurs ?
Je suis journaliste. Un journaliste d’abord, qui a commencé à écrire sur la musique il y a une vingtaine d’années (alors que j’étais au Figaro) et qui n’a jamais cessé d’écrire sur autre chose en même temps – et toujours.

Pourriez-vous décrire précisément votre métier ?
Je fais des chroniques régulières sur France Info, j’écris dans des publications qui parlent plus ou moins de musique, j’écris deux ou trois livres par an (principalement sur la musique et le cinéma populaire), je parle dans des colloques (j’en organise, même), je conçois des compilations, j’écris des livrets d’albums… Journaliste, toujours, mais aussi workaholic qui s’assume.

La mode est au non-cumul des mandats, comment gérez-vous votre temps avec tous ceux là ?
Je le gère comme je peux. Je m’arrange pour ne pas être en retard. Ou pas trop.

Quels sont les meilleurs et les pires aspects de votre métier ?
Les meilleurs sont évidents. Passer des heures à parler avec des gens que l’on admire. Écouter de la musique. Regarder des films. Et, chaque fois qu’on se pose une question, avoir le droit de poser des questions.
Les pires le sont aussi. Écouter de la mauvaise musique. Voir de mauvais films. Être mal payé.

Que faut-il faire pour arriver à exercer ce métier ?
Se débrouiller pour avoir de la chance.
Aucun conseil n’a de valeur, sinon des conseils qui valent aussi pour la cordonnerie ou la finance internationale. Beaucoup bosser. Ne pas se faire d’ennemis. Essayer d’avoir plus de bonnes idées que de mauvaises idées. Et encore bosser un peu avant d’aller se coucher.

Que conseilleriez-vous à ceux qui souhaitent faire comme vous ?
Changer d’ambition. Il y a mille carrières plus lucratives, plus tranquilles et plus valorisantes que mon métier.
Blague à part, je ne vois pas. Je ne sais pas trop, moi-même, comment j’y suis arrivé.
Évidemment, il y a Sciences-Po, le CFJ, de bons maîtres, de bonnes lectures, une solide éducation morale venant de mes parents. Et j’avais vingt-trois ans quand j’ai bu de l’alcool pour la dernière fois.  

Comment voyez-vous évoluer ce métier dans les années à venir ?
Mal.

Selon votre expérience, les radios et autres mass-media jouent-ils encore un rôle dans la découverte de nouveaux talents, ou bien ce rôle a été définitivement délégué à Internet via le sacro-saint "buzz" ?
La radio (et la télé évidemment) est toujours le média prioritaire pour découvrir la musique et surtout pour en donner assez envie pour qu’elle se vende – même un tout petit peu. Aucun artiste (je dis : aucun) n’a décollé uniquement avec internet. Il y a toujours une maison de disques, la radio et la télé dans un succès.

 

Faut-il désormais "faire le buzz" pour être reconnu par le plus grand nombre ?
A peu près aussi sûrement que louer une Mercedes décapotable pour le jour de votre mariage va empêcher votre conjoint de vous tromper.

On imagine aisément votre bureau envahi d'albums tous les matins, comment effectuez-vous vos choix de chroniques / articles ?
Arbitrairement. Je n’écoute pas TOUT. Heureusement. Je fais confiance aux bons labels, aux conseils des attachés de presse, à ce que j’ai lu… et puis à la jolie pochette ou à la bonne tête de l’artiste. Comme tout le monde.

Quel serait votre conseil aux artistes indépendants pour espérer voir un jour leurs productions chroniquées par vous ou vos camarades de rédactions ?
Ne pas désespérer, même s’ils ont beaucoup de raisons de désespérer des journalistes. À moins d’être un ancien membre des Beatles ou une actrice en vue, rien ne garantit qu’un disque sera écouté. Patience, humour, distance, donc.
Ou corrompre. Les journalistes sont corruptibles.

Avez-vous un ou des rêves liés à ce métier ?
Non. Mais vous l’avez dit : c’est un métier. Je ne sais pas si c’est très sain de rêver son métier.
Je suis devenu journaliste professionnel en 1985. Le métier était en crise, disait-on. On disait même que le journalisme était en danger. Vous pensez bien que si j’avais écouté les rêves ou les cauchemars des uns ou des autres, je serais devenu professeur de science politique ou chercheur en histoire.

J'imagine que votre mémoire en fourmille, mais auriez-vous une anecdote particulière liée à vos activités de journaliste à nous faire partager ?
Beaucoup, évidemment. Allez, juste une. On me prévient avant une interview avec Rickie Lee Jones qu’elle est odieuse, méchante, teigneuse. Mais l’interview se passe bien. Très bien. Super bien. On reste discuter en buvant des Perrier. Et puis je lui dis ce qu’on avait dit d’elle. Elle me répond : « Je sais. Pendant longtemps, je ne supportais pas qu’un journaliste me fasse perdre mon temps avec des questions à la con. Et puis un jour j’ai réalisé que le journaliste était peut-être aussi en train de perdre son temps. »
(Oui, je sais, c’est une anecdote bizarre. Mais je veux juste dire qu’on ne fait pas ce métier pour devenir copain avec les artistes. On bosse. Eux. Nous. C’est un métier.)

Quels événements professionnels vont marquer vos prochaines semaines ou mois ?
Je déteste sentir les échéances. Mais je vais écrire quatre livres en un an. Et enregistrer une centaine de chroniques pour l’été prochain sur plusieurs antennes de Radio France. C’est gros. Ça me va.

Question "galinette cendrée" : quelle est la différence entre un bon et un mauvais journaliste ?
Le foie. (J’ai le plus profond mépris pour le journalisme gonzo. Après, tout est une question de chance, d’adaptabilité humaine et technique. Comme dans la plupart des métiers, après tout.)
Les yeux, les oreilles, les sens. Ne jamais cesser de regarder, d’écouter, de sentir, de comprendre. Ne jamais savoir ce que l'on va penser d'un disque, d'un concert ou d'un événement avant de l'entendre ou de le voir.

Et pour finir la question traditionnelle : quelles sont vos dernières claques musicales, album et live ?
Le dernier Moriarty. L'album d'Abd Al Malik que Barclay a refusé de publier. Aufgang sur scène. Et puis le groupe qui est dans les douze ou quinze premières minutes de ce documentaire:

 

 

 

Sur le Web : 

- Ces chansons qui font l'histoire, sur France Info

- Le compte Twitter de Bertrand Dicale

 

 

 
 
 
 
 


* champ requis


10 trucs chiants quand on tourne entre filles Visuel de la semaine : Hello Birds >

Partager
Sur le blog Confliktarts.com : Interview Bertrand Dicale : FRANCE INFO, etc.
Bonjour, J'ai trouvé cet article sur le site de Conflikt arts et je pense qu'il peut t'intéresser : http://www.confliktarts.com/fr/blog/365/interview-bertrand-dicale-france-info-etc A bientot
Votre demande de partage sur Conflikt Arts
Bonjour,<br /><br />Votre demande de partage a bien été prise en compte.<br />L'article : http://www.confliktarts.com/fr/blog/365/interview-bertrand-dicale-france-info-etc a été envoyé.
Votre demande de partage a bien été prise en compte.

Dans la même catégorie :

Nos conseils

5 manières de trouver un nom de groupe qui a la classe

Vous êtes au collège et montez votre premier groupe, vous lancez enfin votre projet perso après 5 ans de travail acharné, ...

181969 vues
Nos conseils

10 phrases à ne plus dire sur scène

Comme tous les spectacles, les concerts comportent leur lot de rituels ridicules ou non inhérents à chaque groupe. Mais s'il y a ...

86699 vues
Nos conseils

10 manières de virer son batteur en lui faisant croire que c'est lui qui part.

Le batteur est un animal étrange bien souvent considéré comme un mal nécessaire à la composition d'un groupe. ...

66379 vues
Nos conseils

10 manières de virer son bassiste en lui faisant croire que c'est lui qui part.

Le bassiste. Nul ne sait à quoi il sert, et pourtant, il est là, traînant ses guêtres autour de vous, errant comme un fantôme ...

53291 vues
Nos conseils

10 manières de virer son guitariste en lui faisant croire que c'est lui qui part.

Il est là, saturant l'espace de tout son ego sur-dimensionné, vandalisant chacun de vos morceaux de ses solos intempestifs. Vous ...

46393 vues

PUBLICITE

Suivez l'actualité du blog !

* champ requis

Saisissez le code figurant sur la carte de téléchargement que vous avez reçue pour obtenir vos fichiers gratuits. Bonne réception !


Catégories



Archives




Besoin d'aide pour configurer votre produit?
Contactez nous :

Par téléphone au : 02 99 92 89 05
Du Lundi au Vendredi de 9h à 18h.

Par email : Cliquez ici
Sur le site : Aide et FAQ

Les News du moment !

Pochette simple, dos carré ou gatefold... retrouvez toutes les possibiltités ICI! Accéder au produit
Pochette simple, dos carré ou gatefold... retrouvez toutes les possibiltités ICI!

Vinyle 33/45t (7"/10"/12"), pochette simple, Gatefold ou même combo CD+Vinyle...

Lire la suite...
Mug blanc, noir ou encore magic! Accéder au produit

Partager cet article

X
Interview Bertrand Dicale : FRANCE INFO, etc.
"Aucun artiste n’a décollé uniquement avec internet"