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Interview > Romuald & Olivier - Rockawa Magazine


"Nous comptons sur le lecteur « militant », sensibilisé à la problématique globale de l’économie fragile d’un magazine de rock"

Waouw, un magazine musical est né, c'est quand même pas tous les jours ! Il fallait donc bien qu'on leur fasse de la place dans le blog. En l'occurence de la place pour deux : Olivier et Romuald, les créateurs et hommes à (vraiment) tout faire de Rockawa, qui comme son nom l'indique ne parle pas vraiment de salsa ni de coupé-décalé, mais se décline tout de même sur papier, web, et même en vidéo. Longue vie. Présentations. 

 

 
 


Salut messieurs, pouvez-vous vous présenter et nous décrire ce qu'est Rockawa ? 
Nous sommes Olivier Roubin et Romuald Ollivier, ex-rédacteurs-en-chef du magazine Rock First, et de Guitar Part, Bass Part, Drum Part auparavant. Nous sommes devenus éditeurs indépendants, du tri-média Rockawa. Alors Rockawa, c’est quoi ? Trois choses en fait : un site internet indépendant (www.rockawa.com) proposant quotidiennement du contenu gratuit et qualitatif ainsi qu’une chaîne de web TV, ROCKAWA TV. C’est aussi une boutique de t-shirts décalés imprégnés de culture rock. Mais c’est surtout un magazine papier indépendant consacré au classic et au modern-rock, reliant le rock d’hier à celui d’aujourd’hui. Il est conçu comme une véritable encyclopédie du rock au format magazine. On le tire à 5.000 exemplaires, c’est donc une série limitée et numérotée. Les gens le commandent sur le site et le reçoivent trois jours après par La Poste. On a débuté en novembre dernier, et on a déjà sorti quatre « volumes ».
Nous comptons sur le lecteur « militant ». Sensibilisé à la problématique globale de l’économie fragile d’un magazine de rock, il achète son magazine en effectuant un acte militant, tout en profitant du contenu en accès gratuit sur www.rockawa.com. Il fait aussi le pari d’un achat en ligne, en étant certain de recevoir son magazine 72 heures après sa commande.
Plus besoin de courir les kiosques, de craindre les grèves de distributeurs ou les problèmes de trésorerie de l’éditeur, le lecteur de ROCKAWA, fidèle et passionné, en devient son principal ambassadeur, en connection quotidienne avec son média favori. Le mode de distribution de ROCKAWA implique une forte volonté d’ajuster nos tirages au plus près de la demande, contrairement aux magazines distribués de manière « classique » en kiosque et affichant un tirage démesurément élevé par rapport à leurs ventes réelles. Tout le monde sait que la musique est en crise, que la presse est en crise… mais nous proposons une alternative réaliste, un nouveau mode de fonctionnement.

 

Pouvez-vous nous décrire précisément vos fonctions au sein du magazine ? 
Nous sommes à la fois éditeurs, rédacteurs-en-chef, iconographes, SR, graphistes, on maîtrise tout de A à Z.

 

Avec une offre pléthorique déjà existante sur le web et dans les marchands de journaux, qu'est ce que Rockawa apporte de nouveau par rapport aux autres mags musicaux ? 
Le problème de la presse, c’est qu’aujourd’hui, le public la juge par le prisme du web : des articles écrits à la va-vite, bourrés de fautes d’orthographe, lorgnant sans vergogne sur le sensationnel… Tout doit aller vite. L'écriture et la lecture ! Tant pis pour l’enquête, et parfois même, tant pis pour la vérification des sources… Avec Rockawa, c’est vrai qu’on a voulu réhabiliter une certaine forme de journalisme, à l’ancienne. De longues enquêtes, des angles originaux, pointus, parce que cela ne se fait plus trop ailleurs. Mais nos modèles sont les mags musicaux anglo-saxons. Notre volonté, c’est que les gens adhèrent à cette philosophie, qu’ils ne se disent pas qu’ils achètent un mag pour le lire en un quart d’heure, dont cinq minutes à feuilleter des pubs… On a 98% d’éditorial, c’est un pari. Celui que les gens qui ont la sensation d’avoir un véritable magazine nous suivront sur la durée. Les quelques annonceurs qui nous suivent ne nous forcent pas à écrire des trucs sympas sur eux, ils jouent le jeu en sachant que nos lecteurs sont de véritables fans de musique, et c’est cette cible qu’ils espèrent toucher de toute façon. Notre mag étant conçu comme un objet de collection, jamais obsolète, il est conservé, reste en vente sur notre boutique. Chaque exemplaire vendu sera lu, conservé, repris en main. On ne va pas en kiosque pour être coincé trois semaines entre un mag de bricolage et un autre de cuisine pour disparaître… Quel intérêt aujourd’hui ? Tu dis que tu tires 30.000 et tu en vends 4 ? La belle affaire…

 

 

 

Quels sont vos objectifs et au delà de ça vos rêves à vous lancer dans une telle aventure ? 
On a surtout voulu écouter nos envies, se dire qu’on allait enfin arriver à faire le magazine qu’on avait toujours eu envie de faire, et surtout de lire. Il ne faut pas oublier qu’on est avant tout des passionnés de musique. Sur le site, il y a beaucoup de contenu gratuit, mais avec le mag, on a vraiment l’ambition de rendre certaines choses un peu « définitives ». Et les gens qui l’achètent reçoivent à chaque fois un petit autocollant différent, histoire de renforcer leur appartenance à ce « club », leur rappeler qu’acheter le mag ou un t-shirt de temps en temps, c’est permettre à ce mix gratuit-payant de coexister.
Les gens sont invités à participer au contenu du site, notamment à travers des chroniques de « classic albums » ou d’albums récents. Tu peux ainsi te retrouver avec deux chroniques de « Led Zep IV » diamétralement opposées… Nous avons une communauté active sur les réseaux sociaux, avec qui nous sommes en contact quotidien, on peut parler, échanger. Le magazine en revanche reste notre terrain de jeux, c’est là que l’on peut surprendre les gens, compléter leurs connaissances. Mais globalement, l’idée n’est pas de se regarder le nombril, d’écrire à sens unique : on écrit pour être lus, pour raconter des histoires, on émet des avis, mais ce sont des appels à l’échange, car la musique est comme l’eau, elle se doit de circuler et appartient à tout le monde. 

 

Combien êtes-vous pour gérer de front à la fois la version digitale, papier, une web TV et la boutique affiliée au site ?
Honnêtement ? Deux. Ça fait peur, non ?

 

 

 

Ce site web avec des titres blancs sur fond orange et background gris foncé ça me rappelle vaguement quelque chose, est ce que c'est intentionnel ou pas ? 
On jure sur l’honneur qu’on n’a rien piqué au Modem… Sérieusement, tu dois parler du site des Inrocks ? Tu es la deuxième personne à nous en faire part. En fin de compte, à part l’orange, il n’y a pas grand-chose de commun, ni la ligne éditoriale, ni l’arborescence du site… Ce n’est en tout cas absolument pas intentionnel car on a toujours davantage regardé en Angleterre ou aux États-Unis pour nos références. Les Inrocks ne sont pas une référence pour nous, ceci dit sans aucune intention de polémiquer, ils n’ont de toute façon pas besoin de nous pour quoi que ce soit. C’est juste qu’on ne le lit pas, et on ne va quasiment jamais sur leur site, tout simplement parce que nous ne sommes peut-être pas dans leur cible. Après sur la couleur orange, c’est indéniable, ils sont orange, nous sommes orange…

 

Même si le magazine est présent sur le web, n'est il pas un peu suicidaire économiquement de lancer une parution en version papier ? 
Si, complètement. Ça, c’est pour la réponse de « banquier ». Ensuite, il y a une réponse « philosophique ». On fait un magazine qui a vocation à être conservé, repris en main. Bien sûr, il sera également bientôt disponible en version PDF, mais il est bon que les gens aient le choix. On ne veut pas que les gens soient mis devant le fait accompli : ok, la presse est en crise, mais cela signifie t-il que les gens n’aiment plus lire des magazines ? Pas forcément. Surtout un magazine de « niche » comme on dit, de passionnés. Il suffit juste, du moins c’est ce que l’on pense et ce que l’on espère, d’être en phase avec la réalité. Bien sûr, nous n’avons pas les moyens de nous développer aussi vite que d’autres, d’investir dans de grandes campagnes promotionnelles, mais on aime assez le côté « épicerie ». C’est énormément de travail, mais nous sommes en direct avec les gens, c’est quand même fabuleux, et c’est surtout primordial de tenir compte des retours, discuter, enlever les œillères. Mais il ne faut pas se mentir, l’équation économique est compliquée lorsqu’on regarde l’offre que nous proposons et que l’on tient compte des services « offerts » gratuitement sur le web. Notre pari, c’est que les gens vont « adhérer » à notre profession de foi, et comprendre que pour bénéficier de ces services gratuits, il faut acheter le mag, un t-shirt, en parler autour de soi.

 

Rockawa revendique de s'intéresser "au classic et au modern-rock, reliant le rock d’hier à celui d’aujourd’hui", ça veut dire que ça commence ou et ça va jusqu'ou ? 
Nous démarrons aux années 50 et allons jusqu’à nos jours. Tu peux avoir du Elvis, Cash, Jerry Lee Lewis, Jackie Wilson, Thin Lizzy, Stones aussi bien que du Alice Cooper, Bowie, Springsteen, QOTSA, Radiohead, Elliott Smith, Nirvana, Arctic Monkeys, Libertines… L’histoire du rock est traitée par décennie, nous racontons des histoires en choisissant volontairement des angles précis, par exemple : « L’année 66 de Bob Dylan », « La crise des Stones entre 72 et 76 », car nous approfondissons pas mal. Il faudrait que l’on s’amuse à faire le compte du nombre d’artistes que nous traitons de près ou de loin dans chaque volume, ce doit être impressionnant. En tout cas, c’est extraordinaire à faire.

 

 

Quels sont les meilleurs et les pires aspects d'un tel métier selon toi ? 
Le meilleur, c’est qu’incontestablement, tu apprends tous les jours de nouvelles choses, et aussi que de la façon dont nous concevons les choses, l’échange est permanent avec les lecteurs. C’est du non-stop. Le pire, c’est que les journées ne font que 24 heures, et que faire un magazine en 2014, en France qui plus est, est véritablement un chemin de croix.

 

Que conseillerais-tu à ceux qui souhaitent également lancer un mag musical ? 
On ne part pas vraiment comme un comanche sur le sentier de la guerre. Il faut réfléchir à ce que l’on apporte de différent par rapport à l’offre existante. Mais il ne faut pas se laisser miner par les chiffres… Un lancement est toujours coûteux, en temps et en argent, et c’est toujours très difficile d’imposer une marque. Mais l’argent ne fait pas tout, le courage et la pugnacité sont des armes tout aussi importantes.

 

Aurais-tu une anecdote particulière liée à l'édition du magazine ?
Le nom Rockawa nous est venu de manière assez bizarre. On réfléchissait à comment expliquer aux gens que notre magazine était une « encyclopédie du rock au format magazine, traitant toutes les périodes », et Romuald a proposé comme nom: « Rock hours? » Mais est-ce son accent ou mon oreille défaillante, je lui ai répondu : « Rockawa » ? Ça nous a plus, ça sonnait comme un cri de guerre de tortue ninja, alors on l’a gardé. Sinon, dans le speed du premier numéro, on s’est aperçu que ni l’un ni l’autre n’avait remarqué qu’il nous manquait quatre pages à écrire… C’était le jour du bouclage… Notre imprimeur a été très compréhensif, il nous a laissé le week-end pour finir.

 

Et pour finir la tradition, merci de nous faire part de vos dernières claques musicales, album et live !
Le dernier Pixies, même si les fans auront sûrement du mal à tous être d’accord ! On attendait le dernier Afghan Whigs, mais le résultat nous a un peu laissé sur notre faim, quoi qu’il abrite de bons morceaux. Damien Jurado, The Legendary Tigerman, The Craftmen Club. Ajoutons aussi Midlake, Triggerfinger, Jake Bugg et évidemment Mogwai ou Arctic Monkeys. Le très soul dernier opus de Robert Cray est assez renversant aussi. Le dernier Arcade Fire a quant à lui suscité débat chez nous, on n’était pas d’accord

 

 

LA SUITE SUR LE WEB :

 



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7 façons d'avoir de la presse sans attaché de presse 17 trucs que les groupes indés ne captent (presque) jamais >

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Bonjour, J'ai trouvé cet article sur le site de Conflikt arts et je pense qu'il peut t'intéresser : http://www.confliktarts.com/fr/blog/434/interview-romuald-olivier-rockawa-magazine A bientot
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