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Interview > Matthieu - MOWNO


"La façon la plus efficace d’être chroniqué est de faire un gros don sur notre compte Paypal"

MOWNO est à peu près au rock indé ce que Munich est à la bière ou Carlos à l'Oasis, un incontournable. Suite à l'aventure Bokson sur papier, le web a repris le flambeau et permet à l’équipe de continuer inlassablement après vingt années au service des indés, à défricher, découvrir, chroniquer, playlister, partager, photographier, etc. Description d'une passion qui prend le dessus sur beaucoup (trop ?) de choses par Matthieu, fondateur de la webbible dont même Jef Coppé et la Desch sont fans.
 

 

 

 

Salut Matthieu, peux-tu te présenter brièvement à nos lecteurs ?

Salut, moi c’est Matthieu, fondateur et rédacteur en chef de Mowno. Gueule de poils de 1,85m, 80 kilos, cheveux brun, yeux marrons. Et je chausse du 45.

 

Pour les incultes, peux tu décrire ce qu'est Mowno ?

Mowno est la réincarnation de ce qu’était Bokson, un fanzine que j’ai fondé en 1997 ou 1998, alors que j’étais disquaire à la Fnac. A l’époque on le photocopiait, l’assemblait puis le vendait chez des disquaires indépendants en France, mais aussi au Québec. Jusqu’au jour ou internet est devenu incontournable et plus facile pour permettre à nos lecteurs d’être tenus au courant de l’actualité musicale. Avant il fallait qu’ils attendent plusieurs mois car on ne sortait que 2 voire 3 numéros par an. Mais c’était une autre époque. Un ami proche a alors monté sa boite de création de sites internet et m’a proposé de m’extirper du papier et de l’agrafeuse. En échange de la conception du site, il fallait que je m’engage à le remplir. Je crois avoir tenu parole. On est donc passé sur la toile en 2004, toujours sous le nom de Bokson. Le site aillant pris rapidement un coup de vieux étant donné le développement phénoménal des sites internet, on a du opérer un grosse refonte en 2009. Si grosse qu’on s’est fixé un nouveau challenge, en changeant de nom, en refaisant tout, et en gardant simplement le contenu des dix premières années ou presque. Le support est différent, le nom aussi, mais le contenu est toujours là, et la passion reste intacte. Je n’ai pas vu cette grosse quinzaine d’années passer. Bref, tous les jours sur Mowno, ce sont des news, des chroniques, des interviews, des playlists, des clips et plein d’autres choses qui sont postées pour refléter l’actualité musicale qui nous intéresse, et si possible faire découvrir de nouveaux artistes à nos lecteurs. On décline aussi la ligne éditoriale du site sur scène lors des soirées Mind Your Head que nous programmons régulièrement au Point Ephémère à Paris. La douzième aura lieu fin septembre.

 

 

Du fan de Mowno bien hardcore t'as vu

 

Comment faire pour qu'un groupe ait le plus de chances d’être chroniqué et suivi par l’équipe ?

Il y a beaucoup de façons de faire. La plus efficace est de faire un gros don sur notre compte Paypal. Il peut aussi nous envoyer un disque, ou un lien de téléchargement, et attendre un retour qui viendra peut être jamais parce qu’on n’a pas le temps de répondre à tout le monde, encore moins d’être désagréable. On écoute ce qu’on reçoit, on écoute aussi beaucoup de choses sur internet, et on parle de ce qu’on aime. Aussi des groupes qu’on suit depuis un bail, y compris quand ils nous déçoivent. On essaye de faire un suivi. Mais pour être honnête, on n’a malheureusement trop peu de temps pour s’épancher longuement sur les groupes autoproduits étant donné tout ce que les labels sortent déjà chaque semaine. Cela dit, s’ils sont vraiment talentueux, on ne peut pas rester indifférent évidemment. Mais, très franchement, les bonnes surprises sont trop rares.

 


Comment juges-tu l’évolution récente de la scène rock indé française, qui semble toujours plus fournie ? Quels seraient tes conseils pour qu'un groupe qui débute le fasse sur des bases saines et ambitieuses?

Ouais… Après, plus la scène est fournie, plus il y a de déchets. Très honnêtement, je distingue deux familles au sein de la scène française, même si c’est certainement pareil dans tous les pays. La première est composée de groupes amateurs, souvent mauvais, qui se lancent avec de mauvaises intentions. Tout de suite, ils cherchent le succès, à se faire manager par un connard, à composer pour la radio, et chantent souvent en français. Chose sur lequel on fait un blocage depuis toujours. Il y a des exceptions, mais généralement, il vaut mieux ne pas comprendre. Ceux là, les pseudo-professionnels - ont souvent une haute estime d’eux mêmes mais manquent d’originalité, se plantent et finissent aigris. Puis il y a les autres, qui n’ont pas oublié que la musique était un plaisir, et que ca ne servait pas à s’offrir une piscine ou un duplex à Menilmontant. Ceux là tournent sans arrêt, ont un vrai talent, cherchent à se démarquer de façon saine, signent des concerts qui te laissent littéralement sur le cul, se montrent solidaires les uns avec les autres, affichent un bel état d’esprit et un solide respect du public. Je pense notamment à la scène noise et math rock, celle que le mélomane lambda découvre après avoir gratté longtemps. Certes moins accessible, elle me rappelle la scène des années 90 en France qui me faisait vibrer. Celle des Condense, Portobello Bones, Burning Heads et tant d’autres. C’était une famille, et celle-ci en est une également. Chez eux, la musique tient sa vraie place. Mais la culture musicale joue aussi beaucoup. Nous concernant, elle s’est faite aux Etats Unis, dans le rock, le punk, le hardcore et l’émo des années 90, aussi un peu dans le hip hop du début des années 2000. Quand tu as 20 balais et que tu baignes là dedans démesurément, ca marque tes goûts musicaux au fer rouge.

 


Sans refaire l'histoire, Bokson a été une fabuleuse aventure musico-médiatique à la sauce très indépendante sous forme de mag notamment. A l'heure ou s’éteignent de belles institutions papier comme Mondomix, Muziq ou d'autres, peut-on dire que Mowno vit aujourd'hui bien sur le web ?

Ahah, tu fais fausse route… Deja, merci pour ces compliments, mais je ne pense pas que Bokson ait été une fabuleuse aventure médiatique, contrairement à Kerosene qui, à l’époque, était vraiment au dessus de tout le monde. D’ailleurs, je ne remercierai jamais assez Dan de m’avoir donné envie de faire ça, et de m’avoir prodigué de sérieux conseils. Nous, on tirait le fanzine à 200-300 exemplaires, on perdait de l’argent à chaque fois. Je pense que, même si j’espère que la qualité du contenu (relative à l’époque) a joué dans l’image de Bokson, c’est surtout sa longévité qui parle désormais. Avec Bokson et Mowno, ca va bientôt faire vingt ans qu’on écrit. Mais rien n'a changé, aujourd’hui c’est toujours la passion qui nous mène, l’envie de partager nos découvertes. On ne vit pas de Mowno, on bosse tous à côté, et on y passe notre temps libre pour continuer à en faire une alternative crédible à la presse. On aimerait qu’il en soit autrement, mais on a conscience que pour passer un cap, il faudrait aborder des artistes que l’on n’aime pas. Et ça, pour nous, c’est totalement contre nature, on y trouverait aucun plaisir.

 

Mowno ce sont donc deux fondateurs, six rédacteurs, un responsable vidéo et une hôtesse d'accueil, comment vous repartissez-vous les rôles ?

Côté organisation, on se répartit les tâches suivant nos goûts, et le temps disponible de chacun. Tout le monde y va de ses propositions, et quand elles ne viennent pas, je les provoque. Ce n’est pas plus compliqué que ça, même si c’est très difficile d’impliquer des gens dans une aventure que tu as créé, et dont ils ne tirent concrètement aucun bénéfice. Les personnes qui trouvent leur satisfaction, comme moi, dans le plaisir simple et gratuit de partager et faire découvrir, sont rares. J’en ai autour de moi qui s’impliquent et me soutiennent depuis longtemps, mais personne ne sait combien de temps cela durera. Pour les autres, ce sont le plus souvent des rédacteurs de passage, qui se font la main chez nous avant d’aller écrire pour des titres plus prestigieux, papier le plus souvent. Parfois, tu attends beaucoup d’investissement pour le bien de Mowno, mais tu reviens rapidement à la réalité. Quant à l’hôtesse d’accueil, on l’a virée: on ne reçoit jamais personne et le café se fait tout seul maintenant avec les capsules.

 

 

Quels sont les meilleurs et les pires aspects d'une telle aventure ?

Le meilleur aspect c’est incontestablement le fait d’avoir oeuvré pour que Mowno ait fini par se faire un nom. C’est relatif évidemment, mais c’est un nom qui parle désormais aux passionnés de musique indé en France. A partir de là, chaque signe d’encouragement est agréable à prendre et te donne envie de continuer. Le pire, ce sont les concessions que tu es amené à faire. J’ai une femme, deux enfants, et forcément tout cela prend beaucoup sur le temps que je devrais leur accorder. Ca demande donc beaucoup d’effort de la part de tout le monde, surtout de compréhension. Mowno ne ramène pas d’argent mais, au fil des ans, c'est devenu ni plus ni moins mon identité. Le piège s'est refermé sur moi. Arrêter est impensable, meme si parfois je me force à l’envisager parce qu'il va falloir le faire avant que tout cela prenne une tournure pathétique. Reste que, pour le moment, à aucun moment il ne s'agit d'une corvée. C'est l'essentiel. Tout cela, il faut arriver à le faire comprendre aux proches qui en pâtissent quelque part.

 

Que conseillerais-tu à ceux qui souhaitent également lancer un webzine musical ?

Comme pour la musique, le faire pour une vraie raison: la passion. Il n’y a que cela qui fait tenir dans le temps, sauf si tu es rentier et que tu as tout le temps nécessaire à son développement. Il faut aussi être aux aguets de tout ce qui se passe sur le net, voir ce qui marche ou non, même si je ne suis pas vraiment de bons conseils puisque, avec Mowno, nous avons un fonctionnement très ‘papier’. C’est difficile de conseiller, nous mêmes nous apprenons tous les jours de la concurrence, et du web en général. Aucune option reste bonne longtemps, du jour au lendemain les codes de réussite peuvent changer subitement.

 

Teckeniqueument indé

 

Si tu pouvais interviewer n'importe quel groupe vivant ou mort, lequel ce serait ?

Je l’ai déjà fait, il s’agit de Fugazi, mon groupe favori. Cela dit, même si je ne regrette rien, elle s’est faite avec le bassiste Joe Lally. Malgré tout le respect que j’ai pour lui, j’aurais tellement aimé la faire avec Guy Picciotto… Ce mec m’a toujours fasciné. Son parcours n’est pas aussi ‘mythique’ que celui de Ian McKaye, mais j’adorais plus que tout son charisme et l’incroyable énergie qu’il avait sur scène. Ce mec vivait le truc à fond. J’ai jamais vu mieux depuis, même si At The Drive In et Refused ne sont pas de mauvais concurrents sur scène.

 

Si tu devais t'exiler sur une horrible planète qui ne connait pas la musique avec un seul album a faire découvrir a tes nouveaux amis, ce serait lequel?

Pas très original mais, même si je roulerais un album de Fugazi dans ma chaussette, ce serait sûrement ‘The Shape Of Punk To Come’ de Refused. Cet album était avant gardiste quand il est sorti en 1998, et l’est encore maintenant. Malgré le temps, il a pris aucune ride et me transporte toujours autant à chaque fois que je l’écoute. Plus jeune, tous mes potes étaient dans le hip hop, c’est le seul disque de rock que j’ai réussi à leur faire apprécier tant il est technique, accessible et efficace.

 

Tes deux dernieres tartes musicales, sur album et en live ?

T’en citer qu’un seul est impossible. Côté album, j’ai adoré la pop de Woods, la folk de Fink, et le rock d’Antemasque, le nouveau projet des mecs de At The Drive In. En hip hop, il faut impérativement se pencher sur le dernier album de Clipping, un vrai bijou d’expérimentation et d’efficacité. Côté live, Thee Oh Sees à chaque fois que je les vois, et j’ai récemment gardé un très bon souvenir de l’émotion et de la précision offerte en concert par Son Lux.

 

LA SUITE SUR LE WEB :

Site : www.mowno.com
Facebook : www.facebook.com/Mowno
 

 

 

 



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Sur le blog Confliktarts.com : Interview > Matthieu - MOWNO
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