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Interview > José Tavares - La JIMI / Festi'Val de Marne


"La JIMI est notamment ouverte aux musiciens qui cherchent des partenaires et des pistes pour développer leurs projets"

Des bars de Montreuil aux salles de tout le Val de Marne, José Tavares fait partie de ces personnes qui dédient leur vie professionnelle aux indépendants de la musique, en multipliant les projets et les rencontres, le tout depuis quelques années désormais. Professionnel jusqu'au bout des oreilles, il prouve a ceux qui en douteraient, que malgré le contexte pas forcement très joyeux des musiques actuelles, elles sont dans certains cas entre de très bonnes mains.

 

 

 

Salut José, peux-tu te présenter brièvement à nos lecteurs ?
Je suis programmateur au FestiVal et initiateur de la JIMI (Journée des Initiatives Musicales Indépendantes). Je travaille en collaboration avec Charlotte Bozza qui en assure la coordination.

 

Comment en es-tu venu à faire ce job et en quoi cela consiste-t-il exactement ?
Cela remonte à il y a très longtemps. Début des années 80, j'organisais déjà des concerts dans ma bonne ville de Montreuil avec des potes, juste pour le fun, rencontrer du monde, boire des bières et passer du bon temps.
On ainsi invité Les Hot Pants, Les Coron ados, Les Wampas et autres Innocents. Et puis dans les années 90, quand les musiques se sont structurés j'ai intégré La Pêche à Montreuil, et là de façon plus professionnelle, on a invité les meilleurs groupes et artistes de l'époque : Lofofora, Oneyed Jack, Prohibition, Idéal J, Amadou et Mariam…Et à partir de là, j'ai commencé à gagner ma vie en tant que programmateur, conseiller artistique, manager…
Mon métier consiste à être au courant de ce qui se passe dans le secteur des musiques actuelles (artistes, structures, législation, modes de consommation, communication…) et d'être en relation avec les différents acteurs.

 

La JIMI (c) Francis Vernhet

 

L’actualité chaude c'est la huitième édition de la JIMI les 10 et 11 octobre, peux-tu nous parler de cet évènement ?
La JIMI a pour objectifs de mettre en valeur le travail et les projets de  tous ceux qui avec peu de moyens, mais beaucoup d'énergie et de volonté font qui que les musiques soit riches, vivaces et diverses. C'est aussi l'occasion de les faire se rencontrer afin de faire naitre de nouvelles collaborations ou tout simplement de s'enrichir des expériences des autres.
Pour cela on a mis en place un salon avec plus d'une centaine d'exposants, mais également des débats, des rencontres, des exposés, des performances graphiques, des concerts et des show cases.

 

Y a-t-il des nouveautés par rapport aux précédentes éditions ?
Cette année, on propose des cartes blanches à deux structures audacieuses et pertinentes, l'une marseillaise, Internexterne, et l'autre francilienne, la Triperie. Elles viendront nous parler de leur histoire et fonctionnement, mais également nous présenter, en concert, trois de leurs artistes.
La coopérative Internexterne viendra avec Iraka, Ottilie [B] Trio et Nevché, La Triperie avec Sarah Olivier, David Lafore et Fantazio

 

 

 

Ces deux jours s'adressent donc essentiellement aux "indés", qu'englobe pour toi ce terme un peu flou ?
Un « indé », qu’il soit label, tourneur, éditeur ou média est une structure qui ne dépend pas d’une plus grosse structure pour fonctionner.
A l’origine de la création de ce type de projet domine l’envie de défendre des œuvres personnelles, n’intéressant par les gros groupes mais également de travailler et de partager avec les artistes. La passion est souvent le carburant principal pour défendre des musiques bien souvent ignorées par les médias.
Ces structures valorisent ainsi la contre-culture et luttent contre la standardisation musicale. Elles sont ainsi garantes de la diversité culturelle et de sa démocratisation.
Elles peuvent être administrées par des personnes totalement désintéressées financièrement, ayant un revenu issu d’une autre activité. Ce que l’on pourra appeler « l’indé militant ».
Elles peuvent aussi être administrées par des personnes vivant de leurs activités premières, que l’on appellera « l’indé commercial ». Ce qui ne les empêchent nullement de défendre des visions artistiques singulières.
La JIMI s’adresse autant aux structures indépendantes militantes qu’aux structures indépendantes commerciales car les deux types de structures défendent des projets musicaux considérés par d’autres pas assez rentables ou trop radicaux. Il n’est cependant pas rare que les majors, devant la réussite de certains artistes viennent se fournir chez les indépendants.

 

Les plus indés des indés restent les groupes qui ne disposent d'aucune structure professionnelle, dans quelle mesure la JIMI s'adresse a eux?
Effectivement les groupes autoproduits sont les plus indés. Ils sont totalement dans le "Do it Yourself". Ils gèrent leurs tournées, les enregistrements, la production des leurs projets, le comm…Et tout cela avec leurs petites mains et leurs font propres. C'est pourquoi on a ouvert aussi la JIMI à une vingtaine d'autoproductions. Pour cela on a fait appel au RIF (Fédération des réseaux parisiens). On aimerait en inviter davantage, mais la place nous fait défaut.

 

Comment vous est venu l’idée de créer un tel évènement, alors que les rassemblements de professionnels du secteur étaient déjà assez nombreux ?
La particularité de la JIMI, c'est qu'il est aussi ouvert au public, notamment aux musiciens qui cherchent des partenaires, mais également des pistes pour développer leurs projets. L'autre spécificité, c'est que la JIMI est gratuite et qu'elle ne s'adresse pas à une poignée de professionnels de la profession.
Il n'y a pas tant de rassemblements professionnels. Pour moi, il existe le Midem, Le Babel Med, Le Bis et le Mama. C'est d'ailleurs dommage que le Mama se soit installé à la même période que la JIMI. Ensuite, il y a les festivals.
J'ai créé la JIMI en me rendant compte que les petites structures n'avaient pas de rendez-vous pour échanger. J'avais à l'époque un petit label et je me rendais compte que les discussions avec des collègues "labels" me donnaient des idées et faisaient avancer mes projets.
Et puis à Paris, même s'il y a beaucoup d'offres, beaucoup de concerts, les gens se rencontrent peu.

 

La JIMI est en quelque sorte incluse dans un évènement encore plus large, le Festi'Val de Marne, que tu programmes depuis 15 ans. Quels sont tes impératifs et axes de programmation pour une affiche qui va de Charlebois à Set&Match en passant par Trepalium ? 
Nous sommes 3 programmateurs : Gilles Avisse, pour le jeune public, Nadine Jehl pour la chanson française et moi pour les musiques actuelles et du monde. Je pars du principe que nous sommes une initiative d'utilité publique et non pas une société privée. Nous nous devons donc de nous adresser au plus grand nombre, et notamment en premier lieu aux val-de-marnais, puisque le FestiVal du Val-de-Marne est largement financé par le conseil général du département. On doit autant s'adresser aux jeunes qu'aux plus anciens, aux amateurs de reggae, métal que de chanson. On essaie aussi de programmer les artistes qui n'ont pas forcément les attentions des gros médias. Et l'on ne programme pas d’artistes anglophones, parce qu'ils n'ont à notre avis pas de difficulté pour tourner et bénéficier de la promo gratuite des média. On essaie aussi de lutter contre l'uniformisation des programmations des festivals, même si cela empêche de programmer des artistes attractifs et parfois de qualité.

 

La JIMI (c) Francis Vernhet

 

Tu es donc manager, conseiller artistique, programmateur, comment te débrouilles-tu pour jongler avec toutes ces casquettes a la fois ?
Comme on a tendance à le dire, c'est beaucoup une affaire de carnet d'adresse. Le plus difficile c'est de se le créer, et pour cela, il faut sortir pas mal. J'essaie donc d'aller voir le plus de concerts possible.

 

Penses-tu qu'il y ait une forme d'activisme à soutenir les musiques indépendantes a travers ce type d'actions ?
Oui, je pense que j'ai gardé, je l'espère, un esprit militant. Dans les années 80, il y avait très peu de concerts. Il y avait une ou deux salles, les squats ou des initiatives associatives. Il fallait se bagarrer avec les pouvoirs publics pour se faire entendre et  obtenir, souvent des lieux vides pour organiser des concerts de groupes ou d'artistes qui étaient mal vus. A l'époque, le rock, le rap, le punk, le métal…Toutes les musiques autres que la variété étaient considérées comme subversives ou violentes.

 

Tu évolues d'ailleurs dans ce milieu depuis un moment, alors c’était mieux avant ou finalement le présent c'est pas mal aussi ?
Oui, je pense qu'aujourd'hui, c'est mieux. Il y des salles, des studios de répétitions, des festivals…Les groupes jouent aussi beaucoup mieux. On a un bon réseau. Par contre, il faut rester vigilants. La culture n'a plus la côte auprès de nos politiques. Des projets de constructions ont été interrompus, et on assiste à des baisses de subventions.
Par contre la musique s'est assagie, elle semble être plus docile, moins pertinente. La musique semble avoir été domptée. Ce n'est plus une expression de révolte. A quand un mouvement riches d'idées, de nouveaux comportements, de revendications, d'indocilités, comme le furent les mouvements punks, rap, electro, dub… A quand un peu d'impertinence. Il y a des belles choses à se mettre dans les oreilles, mais peu de discours. Je préférais quand elle naissait dans les caves et autres garages que dans les chambrettes ou autres studios de producteurs. C'est parfois très beau, mais parfois sans vie!

 

 

 

Quel regard portes-tu sur la relation entre ceux qui font la musique à Paris et leurs homologues qui agissent de l'autre cote du périph ?
Je viens de la banlieue, je travaille en banlieue et je serai toujours un banlieusard. Il est beaucoup plus difficile de s'imposer quand on est un artiste de banlieue, ou de quartier populaire de Paris, même si cela tant à disparaitre, que de Paris. Parce que le banlieusard, son carnet d'adresse, il est très souvent très léger. Alors quand il s'impose, c'est que sa musique est vraiment forte!

 

Si tu pouvais programmer n'importe quel groupe vivant ou mort, lequel ce serait ?
J'ai toujours défendu les groupes français, mais j'avoue que Bowie, les Clash et les Ramones et Lhasa sont certainement ceux que j'aurais aimé avoir invité à leurs débuts, dans une petite salle. Il y a aussi Little Richard.
Je regrette aussi de n'avoir jamais invité Daniel Darc. Et puis j'ai tout de même programmé, deux fois, le groupe français le plus sauvage, Les Coronados!

 

Si tu devais t'exiler sur une planète qui n'a jamais entendu de son avec un seul album, ce serait lequel?
Ziggy Stardust and the Spiders from Mars de David Bowie

 

Les deux dernières tartes musicales que tu aies prises, sur album et en live ?
J'ai bien aimé le concert de Parquet Courts, ils me rappellent un peu les Feelies et Wire. J'ai aussi apprécié les concerts de François and the Atlas Mountain, Palma Violets, Black Lips, The Vaccines, Cheveu et Von Parhias

 

 

LA SUITE SUR LE WEB :

Site : http://www.jimifestivaldemarne.org/
Facebook : https://www.facebook.com/festivaldemarne

 



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Sur le blog Confliktarts.com : Interview > José Tavares - La JIMI / Festi'Val de Marne
Bonjour, J'ai trouvé cet article sur le site de Conflikt arts et je pense qu'il peut t'intéresser : http://www.confliktarts.com/fr/blog/466/interview-jose-tavares-la-jimi-festi-val-de-marne A bientot
Votre demande de partage sur Conflikt Arts
Bonjour,<br /><br />Votre demande de partage a bien été prise en compte.<br />L'article : http://www.confliktarts.com/fr/blog/466/interview-jose-tavares-la-jimi-festi-val-de-marne a été envoyé.
Votre demande de partage a bien été prise en compte.

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