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Interview > Adrien Chiquet - ONDA (Office national de diffusion artistique)


"En 2013, l’Onda a distribué 338 000 euros d’aides pour la musique, soit 160 aides à 119 spectacles ou concerts différents"

Au rayon des organismes subventionnés  par  le  Ministère  de  la  Culture  et  de  la  Communication dont la mission première est de soutenir les acteurs du secteur musical, l'Onda (Office national de diffusion artistique) vise particulièrement à stimuler les échanges en matière de spectacle vivant en général, en Europe et à l'international. En effet, cette association apporte des aides précieuses tant aux diffuseurs qu'aux artistes, à travers des dispositifs que nous présente Adrien Chiquet, le conseiller spécialement en charge des dossiers musicaux à l'Onda.

 

 

 

Salut Adrien, peux-tu te présenter en quelques mots à nos lecteurs ?
Je suis Adrien Chiquet, je suis conseiller à l’Onda et j’y suis plus particulièrement en charge de la musique. Auparavant, j’ai codirigé puis dirigé le festival Météo (ex-Jazz à Mulhouse) à Mulhouse pendant 9 éditions. J’ai rejoint l’ONDA au printemps 2012.

 

En quoi consiste l'ONDA pour les musiciens qui nous lisent ?
Alors, l'Onda est un organisme entièrement financé par le Ministère de la Culture (à part quelques opérations spécifiques qui bénéficient du financement d’autres organisations) qui a pour mission d’aider à la diffusion du spectacle vivant en France. C’est à dire que nous aidons les artistes français et étrangers à se diffuser sur le territoire français. Les critères de l’Onda sont avant tout artistiques, ils favorisent la durée de vie des productions, le renouvellement des formes et la prise de risque artistique.
L’aide financière de l’Onda est appelée « Garantie Financière » et est versée à un lieu lorsque nous estimons que celui-ci prend un risque particulier en diffusant tel ou tel spectacle (ou concert). Les critères administratifs  (qui viennent dans un second temps, après la validation artistique) sont les suivants :
- l’Onda n’aide pas les lieux à accueillir des spectacles de leur région
- l’Onda n’aide pas les spectacles gratuits (à part dans certains cas, pour la Création en Espace Public)
- l’Onda n’aide pas les lieux à accueillir des spectacles dont ils sont coproducteurs (au sens du spectacle vivant, des « apports en coproduction ») sauf dans le cas d’effort substantiel sur le nombre de représentations.

La musique est tout à fait éligible à ces aides. Dans cet entretien, lorsque je parle de spectacle, il faut entendre « y compris les ‘simples' concerts »
Le périmètre artistique de l’Onda en musique ne comprend pas les « musiques amplifiées » (je désigne par là, les artistes qui sont habituellement accueillis par le réseau des SMAC) ni la chanson. Les aides sur la musique classique ou le jazz « de répertoire » sont très marginales. L’essentiel des aides de l’Onda concerne : la musique contemporaine, le jazz de création, les musiques expérimentales et/ou improvisées. Tout cela impliquant des concerts, des spectacles musicaux, des propositions pour le jeune public, etc.

Enfin, il existe un dispositif spécifique à la musique et cofinancé par la SACEM et appelé « Convention de Diffusion Musique » et qui consiste en ceci : un lieu pluridisciplinaire peut bénéficier d’une aide bonifiée s’il accueille sur une même saison, trois programmes différents d’un même ensemble, collectif, leader, etc…

L’essentiel des lieux avec lesquels l’Onda travaille sont pluridisciplinaires (théâtres de ville, scènes conventionnées, scène nationales) et c’est là la mission principale de l’Onda pour la musique : en favoriser la diffusion dans ce réseau précisément.


En plus des aides financières, et c’est un volet important, l’Onda anime un réseau de partenaires où circule l’information à propos des artistes. Créations, reprises, tournées, etc… nous essayons de soutenir les artistes en appuyant leur démarches auprès des professionnels de la diffusion. Ainsi, nous réunissons plusieurs fois par ans les programmateurs dans des réunions intitulées RIDA (Rencontres Interrégionales de la Diffusion Artistique) pour ensemble discuter des artistes qu’ils soutiennent, dont ils ont aimé le travail, ou dont ils vont accompagner la création, etc… Nous organisons également des voyages avec des groupes de programmateurs lors de festivals ou de temps forts, partout en Europe de façon à voir tous ensemble des spectacles ou des concerts et ainsi améliorer la collaboration entre lieux.
Nous publions une newsletter et entretenons une base de donnée assez importante sur l’actualité artistique (dates, tournées, etc…) beaucoup de ces informations sont trouvables sur notre site www.onda.fr

 

Pour nous donner un ordre d’idée, combien de concerts / groupes ont été soutenus l’année dernière par exemple ?
En 2013, l’Onda a distribué 338 000 euros d’aides pour la musique (15% environ des aides qu’elle attribue). Cela a représenté 160 aides à 119 spectacles ou concerts différents (et 283 représentations). 73 compagnies, ensembles, collectif ou leaders différents ont bénéficié d’au moins une aide de l’Onda (i.e. qu'un lieu a été aidé pour l’accueil de l’un de leur programme).

 

Quel pourrait être un aperçu rapide d'une journée type pour toi au boulot ?
Alors ça c’est assez variable. Les cinq grands moments de l’activité de conseiller à l’Onda sont :
- recevoir les artistes et les responsables de lieux (ou festivals) au bureau pour discuter de leurs projets et des possibilités de soutien
- se déplacer pour aller écouter les artistes en « Live » partout en France, parfois lors de période de travail, de résidence, d’enregistrement
- étudier l’actualité de la diffusion des spectacles pour repérer des choses à découvrir, des informations à faire circuler, des nouvelles créations, des nouveaux événements, etc…
- organiser et animer les rencontres professionnelles
- échanger avec les collègues conseillers des autres disciplines sur l’action de l’Onda, la transdisciplinarité, l’animation d’un réseau de partenaires, etc… et aussi tenir les réunions d’arbitrage des aides financières.

Donc une journée type est une matinée au bureau avec tri et réponse des mails, agenda (choisir quoi aller voir et où pour les prochaines semaines), un rendez-vous avec un artiste dont j’ai vu le travail récemment sur scène, pause déjeuner, rendez-vous avec une directrice de Scène Nationale avec laquelle nous discutons d’une association de type « Convention Musique », réunion de coordination avec les collègues. Assez souvent, la journée continue dans un train à destination d’une ville française avec à bord du train à nouveau du travail de correspondance (email, téléphone, etc…). Concert le soir dans telle ou telle salle ou festival, discussion avec les artistes et le responsable du lieu. Nuit sur place et retour le lendemain matin à Paris pour reprendre une autre journée. etc…
Tout cela avec beaucoup de variations… mais cela donne une idée. Bien sûr il y a des voyages en train où l’on ne travaille pas, des soirées qui s’éternisent, des matinées moins studieuses et des journées sans rendez-vous… mais globalement c’est ça.

 

 

RIDA au Théâtre Garonne à Toulouse saison 12/13

 


Tu viens plutôt du jazz et des musiques avant-gardistes, les soutiens de l'ONDA s'adressent-ils a des genres musicaux en particulier ?
Pas du tout en particulier même si j’ai à cœur de défendre ces esthétiques qui me semblent être source d’un grand potentiel de renouvellement de la création musicale et sonore aujourd’hui. J’incite les ensembles contemporains à passer des commandes à des compositeurs moins « académiques » et les musiciens expérimentaux à proposer des spectacles plus adaptés aux lieux et festivals avec lesquels je travaille…
Il faut comprendre que même si les conseillers de l’Onda cherchent à influencer (et ont une influence) sur les programmations de façon à soutenir des artistes peu visibles, nous restons tributaire des choix fait par les lieux. Pour être clair, très peu de salles « officielles » et partenaires de l’Onda programment ce type de musique… je suis donc assez rarement amené à accorder des aides financières dans ce champ là. Mais j’en parle j’en parle et parfois, cela marche.

 

Cette structure est assez peu connue des musiciens indépendants, comment expliques-tu cela ?
C’est un peu pour la raison donnée ci-dessus… pour les lieux, c’est une réalité, il est très difficile de programmer ces esthétiques. Pour de très nombreuses raisons parmi lesquelles il y a la faible connaissance qu’en ont les programmateurs du pluridisciplinaire, l’existence de nombreux autres champs musicaux devant également être programmés, la très faible structuration/professionnalisation de ces artistes, la difficulté à trouver du public pour ces propositions, etc… Tout cela fait que ces musiques restent assez souvent à l’écart du réseau des lieux pluridisciplinaires avec lesquels nous travaillons essentiellement.

 


Peut-on être aidé par l'ONDA en tant que jeune groupe en développement et si oui de quelle manière ?
Actuellement et pour peu que le « genre musical » dans lequel ce groupe évolue soit éligible (voir plus haut, mais une nouvelle directrice arrivant à l’Onda le 8 septembre, les choses pourraient changer), la première étape est que je puisse voir sur scène le travail mené. Ensuite nous prenons un rendez-vous et décidons si oui ou non l’aide de l’Onda est envisageable et à quel degré. Ensuite, je me mets à parler de ce groupe à des lieux, lors des RIDAs, le groupe dispose éventuellement de cet argument dans son démarchage (« Une aide de l’Onda est possible »), etc ...

 

Comment faut-il s'y prendre pour te contacter et te convaincre de soutenir tel ou tel projet ?
D’abord m’informer des dates existantes et être un peu patient. Je vois énormément de spectacle mais je ne peux pas être à 2 endroits à la fois à chaque fois.

 

 

Quels sont les lieux de diffusion partenaires de l'ONDA et que faut-il faire pour en faire partie ?
Les partenaires de l’Onda sont avant tout des lieux de diffusion ou des festival pluridisciplinaires. Mais nous aidons également certaines organisations spécialisées par exemple via des protocoles avec l’AJC (ex Afijma), la FSJ (fusionnée dans la fédélima) ou France Festival… Globalement nous aidons les structures à prendre des risques lorsqu’elles s’aventurent sur des terrains différents de ceux pour lesquelles elles sont déjà financées par le ministère. Pour en faire partie, il faut qu’un jour, une opération ait pu faire l’objet d’une aide de l’Onda.

 

 

Rencontre Danse saison 12/13

 

 

Si tu pouvais soutenir via l'ONDA n'importe quel groupe vivant ou mort, lequel ce serait ?
En vérité, la question ne se pose pas car il faudrait reconsidérer cette question dans le contexte qui était celui de l’époque. Est-ce que à l’époque T, programmer ce concert constituait ou pas un risque particulier… SI l’on prend un genre dont je suis proche, le free jazz, il était certainement moins risqué de le programmer en 1970 dans une Maison de la Culture lambda, qu’aujourd’hui… le public a changé, beaucoup de choses ont changées… Mais si la question était plutôt celle de groupes ou de musiciens mythiques pour moi, je dirais que dans l’optique de l’Onda, des gens comme Musica Electronica Viva, ou AMM auraient (et pourraient toujours) pu bénéficier de notre soutien. Mais globalement je ne vis pas trop dans cette perspective. Et en plus les morts que je regrette n’étaient pas éligibles à nos aides (trop connus). Pour ne citer que la dernière perte énorme que la musique ait connue : Charlie Haden.

 


Si tu te retrouvais sur une planète qui n'a jamais entendu de musique avec un seul album, ce serait lequel?
C’est un peu compliqué ça… je ne sais pas. Ce serait probablement Keith Jarrett, Sviatoslav Richter ou Pierre Hantaï.

 


Pour finir, quelle sont les deux dernières tartes musicales que tu aies prises, sur album et en live ?
Sur album je ne sais pas trop… je n’écoute plus beaucoup de disque (vu que je suis tout le temps au concert). En live, je dirais que je reste marqué par les concerts d’un jeune ensemble qui s’appelle Le Balcon, je garderai le souvenir longtemps de ma soirée à la « Nuit de noce » du collectif La Novia, en Haute-Loire et encore sous le charme très récent du spectacle « Les Bruits de Couloir » du collectif Ouïe-Dire (visible en octobre à Montreuil invité par les Instants Chavirés). Mais pour être tout à fait honnête, la dernière très grosse claque est classique, c’était le Winterreise de Mathias Goerne à Aix-en-Provence cet été. Et pour moi, l’une des choses les plus importantes en musique aujourd’hui c’est ce que fait Thomas Bonvalet en solo sous le nom de L’Ocelle Mare.

 

LA SUITE SUR LE WEB :  www.onda.fr
 

 



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