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Interview > Yann Martin - Plus Loin / Jazz Family


"Aujourd’hui le téléchargement laisse place au streaming, qui ne peut rémunérer les producteurs et les artistes"

Yann Martin est dans la boucle musicale depuis près de 25 ans, c'est dire si son point de vue compte lorsqu'il s'agit d’évoquer le futur d'un métier incertain, en lequel il a pourtant toutes raisons de croire étant donnés les succès passés, auprès de grands noms du jazz, entre autres..

 

 

 

Bonjour Yann, peux-tu te présenter pour nos lecteurs ?

Directeur artistique depuis de nombreuses années de différents labels de jazz dont Nocturne, Plus Loin et désormais Jazz Family,  j’ai « appris » le métier sur le terrain en tant que directeur commercial de trois sociétés de distribution dont harmonia mundi, mais également en tant que  label manager de nombreuses marques étrangères. J’ai donc pu apprendre grâce aux bébés des autres au fur et à mesure des années tous les métiers qui font notre industrie de musique spécialisée … Musicien classique dans « une autre vie » , j’ai toujours été passionné par l’édition phonographique, la production et naturellement la musique, raison pour laquelle devenir éditeur et  producteur était  « presque » naturel, je n’avais qu’à faire un pas…

 

 

Peux-tu nous décrire précisément ton métier, ainsi que le label ?

Jazz Family est un tout nouveau label spécialisé d’artistes de  jazz, axé sur la découverte de nouveaux talents et leur développement de carrière, un développement très international au niveau promotionnel et commercial.  Créer un label pour la France ne peut  malhereusement plus fonctionner, les artistes se doivent par conséquent d’être internationaux dès leur lancement de carrière et notre rôle est de les mettre en réseau, de leur offrir une visibilité immédiate sur les grands territoires, de les commercialiser un peu partout dans le monde grâce à nos distributeurs qui diffusent notre marque en Asie, en Amérique et en Europe.

Au-delà des aspects artistiques et de la production des artistes, l’objectif d’un label est de faire connaître ses artistes  au public mais également aux professionnels, de les aider à tourner en France et à l’international car sans concerts, pas de carrière… La cerise sur le gâteau, c’est naturellement quand tu as un artiste qui « break » comme on dit dans le jargon, et la vie m’a plutôt gâté jusqu’à présent.

 

 

Est ce que tu vis des activités du label ?

J’ai en effet la chance d’en vivre depuis… 24 ans, ça ne rajeunit pas tout ça, avec naturellement des hauts et des bas. Pour ma part j’ai eu la chance d’être en mesure d’avoir plusieurs activités professionnelles en permanence, ce qui m’a toujours donné une grande liberté d’action en tant que producteur et directeur de label.

 

 

Tu es breton de Rennes et le label est domicilié à Paris, est-ce une obligation ou juste un concours de circonstances ?

Paris et le jazz sont tout simplement indissociables  historiquement … C’est dans cette ville que passent tous les artistes internationaux, c’est là que vivent et jouent tous les soirs tous les artistes français, ou presque… Sans compter que tous les médias nationaux sont naturellement basés à Paris. Impossible de fuir notre capitale,  berceau du jazz en France et en Europe. 

 

 

Comment se font les choix de collaborations avec des artistes, et quelle est la limite au "jazz", qui est un terme qu'on peut trouver de plus en plus flou quand on s’étend par exemple du Trio Esperanca à Avishai Cohen ?

Le choix des artistes est personnel mais j’ai toujours souhaité produire et  montrer les jazz qui font notre époque (Plus loin par exemple est une photo assez exhaustive de la génération des artistes européens des années 2000)… C’est ce qui m’a amené à signer des artistes très différents d’un point de vue esthétique : certains sont inspirés du jazz et de ses racines afro-américaines, d’autres par le classique, le rock, l’électro ou la musique traditionnelle de leur pays, et malgré les différences de couleurs et de courants ou de génération, tous convergent vers la même direction : le jazz. Si tu as vu dans le catalogue « Plus Loin » se côtoyer  le trio Esperança et Avishai Cohen, ça n’est pas parce que le jazz les réunit, mais parce que j’avais ouvert le label aux musiques et aux artistes de musiques  du monde…

 

 

Quel est le mode de fonctionnement du label ? Quels sont ses financements ?

Les financements tout comme une entreprise privée  traditionnelle, sont privés… A nous de faire les bons choix d’artistes, d’investir pour l’avenir sans mettre le présent en péril, un exercice de style plutôt périlleux …

 

 

On a appris récemment qu'Abeille Musique (qui distribue les albums physiques du label) cessait cette activité. On imagine que c'est un coup dur pour le label, mais quels sont désormais pour vous les alternatives et penses-tu que le "tout digital" soit une solution, notamment via Qobuz, le site de téléchargement en haute qualité qui distribue les artistes Plus Loin en digital ?

Abeille n’est plus …  Et bientôt, très bientôt, il n’y aura plus du tout de distributeurs physiques en france,  ce modèle n’ayant  plus vraiment  de raison d’être car les chaînes de magasins et les disquaires ont quasiment tous disparus, alors que fait  le consommateur  aujourd’hui : il se tourne presque naturellement vers Amazon ,  fnac.com…  et  le digital. Mais quels sont réellement les chiffres aujourd’hui dans l’économie du disque spécialisé : 80% de physique sachant que l’artiste lui-même peut vendre jusqu’à 20% en concerts, que l’international représente 20 à 50% du total physique, et que le digital n’arrive pas à décoller de 20% du business global, le téléchargement ne représentant plus que 50 à 60% des ventes totales du digital puisque la nouvelle mode sans aucun modèle économique n’ est autre que le streaming … Soit, la qualité « Studio master » offre une superbe écoute au consommateur  et  sa qualité « protège » d’une certaine manière le téléchargement … La question est « pour combien de temps ? » et  dans quel schéma global d’un point de vue économique ? Pour ma part, je pense qu’il faudrait stopper le CD comme on a stoppé en son temps le vinyl, de la sorte le marché du digital pourrait  enfin s’’épanouir, je reste cependant  très réservé quand je constate qu’aujourd’hui le téléchargement laisse sa place au streaming qui en aucun cas ne peut rémunérer les producteurs et les artistes, à croire que les acteurs  et dirigeants de ce métier sont schizophrènes et assument le fait que les producteurs et artistes qui créent  le contenu ne pourront pas survivre?

 

 

Penses-tu qu'il y ait de vraies différences à faire vivre un label de jazz ou un label de metal ?

D’un point de vue économique non, ce sont des labels de musiques spécialisées, par contre leur différence musicale font qu’ils  ne « market »  pas de la même manière leurs parutions  car les les publics sont différents.

 

 

Que conseillerais-tu à ceux qui souhaitent faire comme toi ?

Qu’ils aient du plaisir J

 

 

Les groupes attendent souvent beaucoup des labels qui les signent. En réaction, peux-tu nous dire ce qu'un label attend d'un groupe pour pouvoir bien travailler ?

Nous cherchons avant tout le talent et l’originalité, de fortes personnalités, l’intelligence et le charisme qui fait toute la différence dans le développement de carrière.

 

 

Les labels ont tendance de nos jours à multiplier les métiers comme les éditions, le management, voire le booking, ou s’arrête ton métier à ce niveau ?

Il paraît  en effet indispensable de rayonner autour de l’activité de producteur  car ce métier  est de moins en moins rentable économiquement. Pour l’avoir vécu dans le passé, j’ai  cependant tendance à penser que chaque métier est bel et bien différent et nécessite des connaissances et une culture spécifique, une organisation particulière;  Pour ma part, je suis revenu à un modèle très simple : optimiser les résultats du label à travers ses métiers propres, donc concentration et non dispersion vers d’autres secteurs d’activité qui pourraient d’ailleurs décevoir l’artiste dans le cas où je ne serais pas en mesure de lui offrir ce qu’il attend d’un « vrai » professionnel. A ce titre, il m’est plus facile de développer des activités totalement différentes afin d’assoir l’économie du label plutôt que d’entreprendre  de nouveaux métiers mal maîtrisés.

 

 

Que évènements ou sorties du labels vont marquer tes prochaines semaines et mois ?

Nous aurons environ 8 sorties en 2015, les principales seront probablement celles du pianiste Martiniquais Grégory Privat en duo avec le percussioniste guadeloupéen Sonny Troupé, la  chanteuse guadeloupéenne Véronique Hermann Sambin, le trio Panossian  que nous suivons depuis 10 ans et qui aujourd’hui est prêt pour le « drop » en France, en Allemagne, en Corée et au japon, et probablement la sortie du nouvel album d’Eric Le Lann dont je me réjouis déjà…

 

 

Et on finit comme d'hab en te demandant tes dernières claques musicales, album et live (tu as le droit de prêcher pour ta paroisse évidemment..) ?

Live : Eli Degibri, magnifique sax ténor israélien, dans le cadre du festival  « Jazz sur son 31 » à Toulouse …  Album :  Le dernier album de Guillaume Perret (une tuerie les enfants !)

 

 

 

 

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