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Interview > Samuel Plassmann - Mémoire sur le vinyle


"Depuis la centralisation des achats au groupe FNAC, le plus gros réseau de distribution de disques en France ne soutient plus les productions indépendantes et locales."

Crise du disque, bonne santé du vinyle, Samuel Plassman nous aide aujourd'hui à y voir plus clair. Amoureux transi du support depuis l'enfance, il a récemment un planché sur un mémoire afin d'approfondir ses connaissances (et les notres) sur le sujet. A l’époque il était même venu interroger ConfliktArts (tiens, tiens) sur l'aspect technique de la production. Aujourd'hui, c'est donc à nous de lui poser des questions !

 

 

Salut Samuel, peux-tu te présenter brièvement stp ?
j'ai 23 ans et je suis actuellement guitariste-chanteur dans le groupe Los Cobras. Je suis aussi créateur et gérant de Radio Rock Vintage, une webradio qui existe depuis 4 ans maintenant. J'ai été pendant 3 ans président d'une association culturelle qui s'occupait de gérer l'organisation de répétitions et de concerts de groupes de musique de Chambéry, en Savoie. J'avais à ma charge une équipe de 10 personnes et l'association comptait entre 20 à 30 groupes (dont une fanfare, whouhou !!). J'ai toujours été très impliqué dans ce milieu culturel et événementiel que j'adore mais que ne marche pas bien malheureusement. Je suis aussi un fervent défenseur de la promotion de la scène locale et j'adore les éclairs au café.

 

Qu'est ce qui t'a incité a plancher sur ce mémoire ?
Dans le but de mes études en Master, j'ai choisi la problématique du marché du disque vinyle car je suis passionné depuis ma naissance par ce support. Concrètement, j'ai toujours trouvé moche les boitiers CD, et je trouve les MP3 très pratiques mais totalement impersonnels. Aujourd'hui, étant donné que je travaille et que j'ai un budget plus conséquent, je n'achète que des vinyles. On peut me trouver dans les vide grenier, les disquaires et le rayon vinyle de la FNAC. Ce sujet était donc logique pour moi, d'autant que j'ai senti une relance de ce marché par certains effets de mode qui m'ont mis la puce à l'oreille.
Mes recherches ont confirmé mes idées et j'ai pu découvrir un peu plus en profondeur ce marché et ses acteurs. Étant aussi musicien, ce sujet est très intéressant pour moi.

 

 


Pourrais-tu nous résumer les grandes lignes de ce mémoire pour les musiciens qui nous lisent ?
Nous connaissons depuis peu le retour des ventes des disques vinyles. Les grands magasins proposent plus de choix et réalisent différentes actions marketing pour leur promotion. Je me suis alors interrogé à savoir pourquoi il y a un tel retour à un support remplacé depuis plusieurs années par les technologies et quel était l’intérêt de ces grands magasins à se placer sur ce marché. J'ai pu constater qu'il y a bien pour le moment un effet de mode actuellement et qu'il s'agit bien d'un marché de niche. Je sais que les ventes des disques vinyles continueront à progresser mais Il est encore trop tôt pour affirmer combien de temps.

 


Tu consacres une bonne partie de ce rapport au cas particulier de la Fnac en tant que distributeur. En quoi ces magasins soutiennent-ils ou non la production vinyle indépendante ?

Je devais expliquer le cas d'un exemple, j'ai choisi la FNAC. Cependant, cela n'a aucun rapport avec la production indépendante. J'ai choisi la FNAC car actuellement nous vivons dans un effet de mode du retour du vinyle, à voir avec le temps s'il y a bien un retour de ce marché, et la FNAC plonge dans cette opportunité marketing pour tenter de combler les baisses de ventes des CD. Cela passe par des linéaires plus importants et mises en valeur ainsi que des actions marketing comme la sélection Oui FM de Philippe Manoeuvre avec les rééditions des grandes œuvres du rock des années 50 à 70. La FNAC profite de la sacralisation de ces groupes qui sont présents aujourd'hui dans les parties nécrologiques médiatiquement, on appelle cela du "revival". Il y a un public de jeunes qui ont l'âge aujourd'hui d'acheter des disques, soit des rééditions des groupes qu'écoutaient papa ou maman, soit des artistes actuels qui sortent leur album sous différents supports. Depuis la centralisation des achats au groupe FNAC, le plus gros réseau de distribution de disques en France ne soutient plus les productions indépendantes et locales.

 

 

 

Peux-tu nous donner quelques chiffres réels sur le marché du vinyle, et sa part en comparaison avec le CD et le digital aujourd'hui ?

471 000 : le nombre de disques vinyles vendus en France en 2013. Soit 3 fois plus qu'en 2010 !
Une croissance de 1,6 % depuis 2010, un petit chiffre mais qui continue doucement de croitre.

Par comparaison, le marché américain a été multiplié par 11 et compte plus de 7 millions de disques vinyles vendus en 2013.

Le marché de la musique enregistré comprend les ventes physiques (CD, vinyles) et numériques (streaming, téléchargement et téléphonie mobile).
Le marché physique représente 67 % et est en baisse, en revanche, le marché numérique représente 33 % et ne cesse de croitre.

Le modèle économique du marché numérique, notamment sur le streaming évolue aussi au fil des années, il était financé à 65% par les abonnements et 35% par la publicité en 2011, aujourd'hui il est représenté à 80 % par les abonnements et 20% par la publicité. Le streaming est en très grosse évolution au détriment du téléchargement.

 


Qu'as tu appris d'autre en étudiant les particularités de ce marché en France ?

Que nous avons quelques années de retard par rapport au marché américain et anglo-saxon. Une nouveauté ? Je ne pense pas. Il suffit de comparer les courbes d'évolution entre les USA et la France pour comprendre que l'on suit le même chemin... mais avec du retard. En revanche, je trouve que les lois, les styles et les habitudes françaises ferment plus le marché français et incitent moins le développement de ce support pourtant en forte hausse chez nos voisins britanniques. Ce n'est pas la même culture non plus. Le point positif, c'est de voir que MPO tourne à fond, et les naissances des petits entrepreneurs de production de disques vinyles pour les petites quantités, plus facile d'accès donc pour les groupes indés.

 

 

 

En quoi cela a modifié ta vision de ce support ?

Ma vision n'a pas évolué, j'ai toujours pensé que le disque vinyle était un objet, un son. J'ai juste appris sur les techniques marketing actuelles et les cibles de ce support. Depuis que je suis gamin je suis fasciné par le disque vinyle, je le suis toujours autant et je pense l'être pour encore longtemps.

 

En tant que musicien, quelles sont tes habitudes d’écoute, de production et de distribution, entre le vinyle, le CD et le digital, et ont-elles changé depuis la rédaction du mémoire ?

J'aime les 3 supports cités dans cette question. Le numérique me permet de découvrir facilement des nouveaux groupes, vive internet ! Le CD me permet de trimballer les musiques que j'aime partout dans ma voiture, en plus ça me permet de vendre la musique de mon groupe à la fin des concerts ;) Enfin le vinyle, le support d'écoute idéal, quand j'aime prendre du temps pour écouter un disque particulier, une oeuvre. Au final, suite à mes recherches, je me rend compte que je fais partie de cette génération qui fait renaitre le disque vinyle, je ne suis donc pas seul ! yes !
En tant que musiciens auto produits, nous utilisons les 3 supports pour diffuser notre musique avec une communication adaptée à une cible particulière.

 

 

 

Encouragerais-tu tous les groupes, quels que soient leur statut, à sortir leur production sur vinyle, en dépit du cout forcement plus élevé que sur CD ?

Pas forcément. Tout dépend de l'univers musical et l'image que tu veux donner de ton groupe. Je pense que le coût peut être un frein, mais au final si tu veux vraiment quelque chose tu te donnes les moyens pour. Par contre ce qui est compliqué, c'est de convaincre son public d'acheter ces disques vinyles, je pense donc que cela doit être en corrélation avec l'état d'esprit du projet musical. Le bon exemple : Jack White qui distribuait uniquement des disques vinyles aux médias pour les chroniques musicales. Aujourd'hui, il fait partie des plus grosses ventes de disques vinyles aux Etats-Unis. Après rien n'empêche de se faire plaisir, on a qu'une vie après tout, merde !

 

Penses-tu que le vinyle puisse s'affirmer a très long terme comme un support complémentaire aux autres ?

Pour ma part oui. Mais cela n'engage que moi. Pourquoi ? Parce que je suis passionné depuis mon enfance et je ne suis alors peut être pas objectif, les thèses et les données indiquent que c'est un effet de mode, mais on s'en fout ! Je pense que de plus en plus de gens (notamment les jeunes) reviendront à une écoute vraie de la musique et apprécieront plus recevoir un disque comme cadeau plutôt qu'une carte cadeau à dépenser sur itunes.

 

 

Tu gères donc également une web-radio, diffuse-t-elle donc pour autant 100% de musique sur vinyle ?

Malheureusement non car je n'ai pas la technique pour. L'avantage d'une webradio est que c'est très accessible, tu as juste besoin d'un ordi, des fichiers musicaux et un logiciel de diffusion. Pour ramener de l'audimat, tu dois trouver un bon filon de programmation et animer ton réseau d'auditeurs. Cela nécessite en revanche beaucoup de temps et d’investissement (pas forcément financier). J'aimerais tellement pouvoir faire comme Philippe Manoeuvre sur Oui FM, diffuser des titres sur vinyles en radio FM, un rêve !

 

Si tu devais t'exiler sur une planète qui n'a jamais entendu de son avec un seul vinyle, ce serait lequel?

Simon & Garfunkel - Live at Central Park. La magie du disque vinyle fait que non seulement le son est excellent, mais tu peux aussi entendre le vent dans les arbres et entendre les feuilles bouger. Peut-être qu'ils n'ont pas d'arbres sur cette planète !

 

 

 

Et quelles sont les deux dernières tartes musicales que tu aies prises, en vinyle et en live ?

En vinyle : Rival Sons - Great Western Valkyrie
En live : Seasick Steve (ça date d'il y a 2 ans, mais il m'avait vraiment impressionné)

 

 

Pour finir, je tiens à remercier Conflikt Arts pour l'intérêt sur mon travail et d'avoir répondu à mes questions lors de l'élaboration de ce mémoire. Je ne pense avoir réponses à toutes les questions du fait de mon manque d'expérience encore, mais si mes recherches peuvent intéresser des gens, je serais ravi d'en discuter avec tout autre passionné !

Mon facebook : Samuel PLASSMANN



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Huit trucs pas cons à faire juste avant un concert Les jobs de la musique encore inconnus il y a cinq ans >

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Sur le blog Confliktarts.com : Interview > Samuel Plassmann - Mémoire sur le vinyle
Bonjour, J'ai trouvé cet article sur le site de Conflikt arts et je pense qu'il peut t'intéresser : http://www.confliktarts.com/fr/blog/489/interview-samuel-plassmann-memoire-sur-le-vinyle A bientot
Votre demande de partage sur Conflikt Arts
Bonjour,<br /><br />Votre demande de partage a bien été prise en compte.<br />L'article : http://www.confliktarts.com/fr/blog/489/interview-samuel-plassmann-memoire-sur-le-vinyle a été envoyé.
Votre demande de partage a bien été prise en compte.

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