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Interview > Paul Bessone - AMOC | Institut des Métiers de la Musique - IMM | Juste Une Trace


"Avant même qu'on utilise ce terme je pratiquais le DIY"

Chez Paul Bessone tout est fait maison, forgé à la lumière de plus de vingt ans d’expériences entrepreneuriales multiples, toutes dédiées à l'essor des musiques indés et de ceux qui la f(er)ont au quotidien. D'aventure en rencontre, il ajouterait volontiers quelques degrés aux 360 qui figent l’étendue des services que ses trois sociétés proposent, et il y a fort à parier que, qui que vous soyez, si vous aimez la musique, vous trouviez en l'une d'elle un intérêt pour faire avancer un peu plus loin votre propre projet.

 

 

Bonjour Paul, peux-tu te présenter brièvement a nos lecteurs stp ?
J'ai commencé à travailler dans la musique, milieu des années 80, en animant des émissions de radio puis en organisant quelques concerts, dans la banlieue sud de Paris, en amateur, à mon adolescence. Après avoir étudié à Montréal, j'ai créé en 1991 ma première entreprise pour disposer d'un outil de travail, effectuer des missions de management pour des artistes comme Babik Reinhardt, des études sectorielles pour des entreprises comme Polygram ou des organisations comme la Spedidam et de premières actions de formation.  J'ai créé la société AMOC en 1995, le label Juste Une Trace en 1997 puis l’Institut des Métiers de la Musique (IMM) en 1999. En toute indépendance, je pratique le DIY et le 360° depuis toujours, avant même qu'on utilise ces termes.

 

Tu diriges donc l'IMM depuis seize ans, quelles sont les principales évolutions que tu ressens au niveau des musiques indépendantes depuis cette position privilégiée ?
Il y a toujours des artistes plus ou moins indépendants, des oeuvres plus ou moins originales, des producteurs plus ou moins indépendants, des enregistrements qui sonnent plus ou moins, des magasins plus ou moins indépendants...  Les principales évolutions sont technologiques. Mais avant d’acheter un bien culturel, le consommateur doit se nourrir, se loger, se vêtir, subvenir à ces besoins primaires et si possible à ceux de son entourage. Viennent ensuite les moments de divertissements individuels ou collectifs, du «gratuit» (impliquant toujours des dépenses au moins en équipement ou en déplacement) au «très onéreux» (à la limite du luxe). Le consommateur doit donc effectuer de nombreux arbitrages souvent dictés par des disponibilités tant financières que physiques. Du forfait à la vente unitaire, du concert gratuit à la place VIP, tous les modèles existent. La dématérialisation des contenus est une superbe évidence et il faut faire avec. Mais cette évolution majeure ne génère pas de revenus suffisants pour les créateurs, les artistes, les producteurs et tous leurs partenaires. L'artiste peut créer en toute indépendance. Par contre, nous sommes tous interdépendants.

 

Tous les élèves de l'IMM suivent-ils strictement le même cursus ?
Le secteur de la musique est complexe et en évolution permanente. Du coup, le programme de l'IMM est réparti sur 2 années et adapté aux évolutions sectorielles. Les étudiants d'une même promotion suivent un même cursus : il s'agit d'une formation initiale et tous les cours sont complémentaires.

 

Connais-tu la part de musiciens qui suivent les cours ?
La pratique instrumentale est très développée en France et dans tous les foyers nous pouvons trouver des instruments. De fait, lorsque nous demandons aux étudiants «qui a un instrument de musique chez lui ?», la majorité l'affirme. Nous en déduisons que plusieurs étudiants de l'IMM sont musiciens. C'est un plus que nous apprécions. Par contre, il n'est pas obligatoire de jouer d'un instrument pour participer à notre programme.

 


Peux-tu nous faire part de quelques moments et intervenants des plus marquants a l'IMM ?
Chaque année, nous recevons une cinquantaine d'intervenants. Il s'agit d'une véritable programmation, d'une ligne éditoriale qui évolue en permanence. Toutes ces rencontres sont des évènements qui doivent marquer les étudiants pour une raison ou une autre prévue dans le cycle de formation.
Depuis toujours, nous organisons des rencontres avec des artisans passionnés qui proposent des modèles atypiques. Ils arrivent souvent à démontrer qu'il n'existe pas qu'une seule façon de conduire des projets et que l'argent n'est pas une finalité. Même si leurs parcours ne peuvent pas être reproduits, les étudiants peuvent toujours en tirer quelque chose. Lorsque Marsu (Crash Disques) effectue une intervention auprès des étudiants de l'IMM, il est lui-même : infatigable, bavard, activiste, militant, chargé de propagande, théoricien manuel, roi du DIY et pas vraiment bobo.
Les propos d'Alain Lahana (Le Rat des Villes) sont toujours frais. L'engagement et les étincelles brillent dans ses yeux lorsqu'il parle des artistes, de Féfé, de GiedRé, de Patti Smith... Il expose à bâton rompu son principal outil, lui-même, sa volonté, ses envies... et son pire ennemi (le conformisme).
Bernard De Bosson est intarissable et transmet, avec beaucoup d'émotion et d'humanisme, son parcours de coursier pour Polydor à la création et présidence de la filiale française de Warner. Il insiste sur les relations humaines et le respect des artistes. Michel Berger et Daniel Balavoine, comme il dit, l'ont rendu « moins lâche », pour Véronique Sanson, il a été intraitable avec son équipe « si on ne la signe pas, je vous tue », pour Michel Jonasz, il fera passer la musique avant les résultats à courts termes... Cela me semble toujours important de transmettre de la détermination aux étudiants.


L’école est présente à Paris et à Montréal, quelles sont les principales différences que tu vois entre ces deux territoires du point de vue du musicien indépendant ?

Les cours sont organisés à Paris. Il nous arrive toutefois d'en réaliser à distance, en vidéoconférence. Par ailleurs, quelques étudiants effectuent des stages hors de France. La direction pédagogique de l'IMM est basée à Montréal. Ce qui permet, avec du recul, d'insuffler dans le cursus des angles différents. Montréal et Paris sont les deux plus grandes cités francophones au monde et font preuve d'une incroyable vitalité culturelle. Les marchés sont complémentaires et offrent de réelles opportunités, tant dans le domaine du spectacle que dans celui des nouvelles technologies.
Pour des raisons de marchés et de statuts, d'appréhension du travail ou encore d'éducation, la dynamique entrepreneuriale des artistes ou musiciens indépendants n'est pas du tout la même sur ces deux territoires. Par contre, les problèmes sont souvent similaires : il faut avoir des sous pour conduire et développer des projets.

 

Sens-tu une évolution, positive ou négative, par rapport aux debouchés des etudiants, qu'il s'agisse de stages ou d'emplois perennes ?
Pour développer une employabilité dans le secteur de la musique, il faut être hyperspécialisé car la moindre action peut vite devenir complexe, polyvalent car les activités nécessaires au développement d’un projet musical sont de plus en plus variées, passionné car de nombreux efforts sont nécessaires pour constamment s’adapter aux changements.
Il y a un stage obligatoire à la fin de la première et de la deuxième année : c’est un bon moyen de s’insérer professionnellement, et tout emploi dans le secteur passe quasi-systématiquement par un stage préalable. Tous les étudiants de l'IMM qui cherchent trouvent des stages.
Il est difficile de dresser un « parcours-type »; tout dépend en effet des projets et des compétences des étudiants. Certains travaillent dans la production, l’édition, le booking... D’autres ont créé leur propre société.
Dans tous les cas, nous ne faisons pas croire aux étudiants qu’il est facile de décrocher la lune. Nous les préparons du mieux possible à travailler et évoluer dans un secteur où l’on doit avoir la tête dans le ciel et les deux pieds sur terre.
En 1999, nous avons réalisé une première session de formation initiale qui a été, par la suite, intitulée « IMM ». Après plus de 20 sessions réalisées et plus de 300 étudiants formés, nous disposons d’une expertise et d’une connaissance des besoins des entreprises. Ainsi, nous pensons que le secteur de la musique, après plusieurs années de crise et/ou tâtonnement, commence à entrevoir de nouvelles perspectives notamment avec le développement de l’économie numérique et un regain d'intérêt pour le live.
Le marché de l’emploi dans le secteur de la musique n’a jamais été facile à appréhender : il dépend évidemment de la santé et du succès des entreprises. Ce succès n’est jamais garanti. Il n’existe pas de « formule magique », notamment pour des TPE ou PME.
Comme dans toutes les industries culturelles, le facteur « risque » est donc important : il faut s’engager dans la production sans être en mesure de réellement maîtriser les délais et les tendances. Il faut être capable d’anticiper et faire preuve d’une grande conviction pour développer des projets. L’incertitude fait donc partie de la vie quasi-quotidienne des entreprises du secteur.
Tous les étudiants qui souhaitent vraiment évoluer dans le secteur de la musique réussissent à trouver du travail. Mais le plus compliqué consiste à durer tout en étant rémunéré. 


Tu gères également d'autres activités liées au secteur musical, cela répond-il a un certain besoin de complémentarité ?
Tout est interdépendant ! Il me semble inconcevable d'enseigner la production ou le management d'artistes, par exemples, sans en faire. Il faut régulièrement être sur le terrain pour le connaître. Les expériences passées et toutes les théories que l'on peut bâtir ne suffisent pas pour  répondre concrètement aux situations présentes. Elles sont utiles et permettent de gagner du temps. Mais, comme pour tout le monde, c'est en pratiquant qu'on apprend !
L'IMM propose donc une action de formation initiale de « Chargé(e) de communication, d’administration et de commercialisation de la musique ».
AMOC est une société de conseil et de formation spécialisée en industries culturelles qui intervient auprès d'entreprises et d'artistes notamment dans le cadre d’actions de formation continue et/ou sur mesure.
JUSTE UNE TRACE est une marque de production et d'édition qui permet de développer des projets comme putaindeguerre.com, elender-krieg.de, goddamnthiswar.com, un label ou encore quelques concerts et expositions par an.



Comment est-il physiquement possible de mener de front toutes ces activités ? 
Il est tout à fait possible de mener de front plusieurs activités. Il suffit de les planifier, de déterminer des objectifs réalistes ou encore de se connaître. Je me lève généralement avant que le réveil ne sonne et me couche souvent plus tard que prévu. J'ai aussi la chance d'être bien entouré et accompagné.
La diversification assure notre indépendance. C'est motivant !

 

Si tu pouvais accueillir en intervenant a l'IMM n'importe quel musicien / chanteur vivant ou mort, qui serait-ce ?
J'aurais aimé accueillir Duke Ellington ! J'aimerais qu'Oxmo Puccino revienne à l'IMM un jour où j'y suis. Je vais peut-être convier La Rumeur dans les prochaines semaines. J'adore les interventions de Jay & The Cooks. Nous allons accueillir pour la première fois Michaël Bideault d'Accordzéâm dans quelques jours.

 

Si tu devais t'exiler sur une planète qui n'a jamais entendu de son avec un seul vinyle, ce serait lequel?
C'est amusant comme question. Pendant plusieurs années, j'en posais une assez similaire aux candidats de l'IMM (... si vous étiez sur une île déserte...)
Après quelques hésitations ... : « Real Life » de Magazine

 

Et quelles sont les deux dernières tartes musicales que tu aies prises, sur album et en live ?
- sur album : « 40 years of concert recordings » - New Lost City Ramblers (Rounder records)
- en live : « Duke Ellington Sacred Concert » - Laurent Mignard Duke Orchestra (Mercredi 1er Octobre 2014 - Eglise de la Madeleine, Paris)

 



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Les jobs de la musique encore inconnus il y a cinq ans Les 10 pires idées de merchandising de groupe >

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Sur le blog Confliktarts.com : Interview > Paul Bessone - AMOC | Institut des Métiers de la Musique - IMM | Juste Une Trace
Bonjour, J'ai trouvé cet article sur le site de Conflikt arts et je pense qu'il peut t'intéresser : http://www.confliktarts.com/fr/blog/494/interview-paul-bessone-amoc-institut-des-metiers-de-la-musique-imm-juste-une-trace A bientot
Votre demande de partage sur Conflikt Arts
Bonjour,<br /><br />Votre demande de partage a bien été prise en compte.<br />L'article : http://www.confliktarts.com/fr/blog/494/interview-paul-bessone-amoc-institut-des-metiers-de-la-musique-imm-juste-une-trace a été envoyé.
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