webleads-tracker

Newsletter

* champ requis

Interviews

Interview > Fred & Astrid - Réalisateurs d'Alive, un documentaire sur l'histoire des petits lieux de concerts en France


"Il fallait être costaud pour monter une salle de concerts dans les années 80-90, il faut l'être au moins autant, pour travailler dans ces lieux aujourd'hui"

Les documentaires sur les groupes ou tendances musicales se comptent par centaines, ils sont beaucoup plus rares à s’intéresser aux lieux qui accueillent les groupes à longueur d’année. Fred et Astrid ont passé de longs mois à tourner, interroger, monter ce qui est devenu Alive, un docu sur les lieux de musique en France. Pour ceux qui ne l'auraient pas (encore) vu, ils nous en disent un peu plus.

 

 

Salut Fred, peux-tu te présenter brièvement à nos lecteurs ?
Fred : Nous sommes deux vidéastes (Fred et Astrid) qui avons fondé l'association "Culture d'Images" et débuté nos activités de réalisation de documentaires sur la musique en 2004.


Peux-tu nous parler d'Alive et de tout le travail que ça a représenté ?
Alive est un documentaire long-métrage sur l'histoire des petits lieux de concerts en France des années 1980 aux années 2000 racontée par les fondateurs de lieux et par des artistes. Le tournage s'est étalé entre 2004 et 2007. Le montage et la post-prod entre 2007 et 2009. Après, on s'est dit que ce serait bien de montrer le film et depuis 2009, nous le présentons dans des soirées de projections un peu partout.

 

 


Est ce que ça a été compliqué de parvenir à interroger tous ces artistes, y en a-t-il qui ont refusé l’idée ?
Sur Alive, cela n'a pas été compliqué d'interroger des artistes comme Didier Wampas, les Burning Heads et d'autres. Aucun artiste n'a refusé d'apparaître dans le film ou d'être interviewé. Dans de rares cas, nous n'avons pas pu faire apparaître des images d'artistes car c'était un peu compliqué avec des gros labels. Ceci dit, ce fut très rare et il y a quand même 45 artistes qui apparaissent dans le film.

 


Sur quels critères t'es-tu basé pour sélectionner ces intervenants ?
Pour les professionnels travaillant dans les lieux, le hasard nous a amené vers des fondateurs de lieux existant depuis les années 1980, ce qui a tout de suite donné un point de vue historique au film. Nous n'avons eu qu'à compléter ensuite. A noter que sur la dizaine de lieux encore en activité et déjà là dans les années 80, nous nous sommes déplacés dans cinq d'entre eux (le Plan, la Clef, le Confort Moderne, la Lune des Pirates et le Bikini). En gros, nous habitons près du Plan, nous nous sommes donc rendus dans ce lieu. La Clef, nous connaissions via le live des Wampas ("Tout à fond") qui a été enregistré là-bas. Le Bikini, des amis sur Toulouse nous en parlaient depuis des années. Nous avons complété avec le Confort Moderne à Poitiers et la Lune des Pirates à Amiens. On voulait aussi aller à l'Ubu mais on n'a pas eu le temps. On s'est rattrapés l'an dernier en allant y passer deux jours pour un futur projet.

 

 

Que cherchais-tu à montrer en faisant ce film, et qu'as tu appris à travers ce tournage ?
L'idée de départ était très simple : allier notre activité vidéo, notre goût pour les concerts dans les petits lieux et tous les documentaires que nous avions vu dans les années 90-2000 en travaillant dans un cinéma art et essai. Nous avons écrit une quinzaine de questions et contacté une salle où passait un artiste que l'on aimait bien. C'était Jon Spencer Blues explosion à l'Abordage à Evreux, un 1er avril 2004.
Cela a pris et depuis, on se promène un peu partout... Sinon, nous voulions juste comprendre comment tout cela fonctionne, connaître les petites histoires de ces lieux et des gens qui y travaillent, mais on avait pas de projet très défini, ni de thèse à défendre.
Ce que nous avons appris en faisant tout cela ? Comment le secteur musical fonctionne, du moins pour la partie concerts dans les petits lieux, mais tout est perméable, les petites salles de concerts de musiques actuelles ou de rock font partie d'un secteur plus vaste qui comprend l'ensemble du spectacle vivant musical, qui fait lui-même partie d'un secteur encore plus vaste qui est le secteur culturel. En nous intéressant aux petites histoires d'une poignée de gens qui tiennent des lieux de petite taille, nous avons tiré sur un fil et c'est l'ensemble de la pelote qui est venue ... et du coup cela nous a renvoyer sur des sujets comme pourquoi, comment et à l'initiative de qui on fabrique des politiques culturelles, comment se déterminent des choix artistiques, et puis les évolutions du secteur sur dix années avec tous les bouleversements en-cours.
Sinon, nous nous sommes tout de suite questionnés sur l'intérêt de tout cela et je crois qu'il y a une question centrale qui est celle de l'émancipation des individus. C'est-à-dire que parfois, la démarche entreprise, prendre une guitare et jouer par exemple, est presque plus importante au niveau de ce que cela produit sur les individus, que la musique elle-même. Cela renvoie à des questions sociologiques, ceci dit, nous avons toujours veillé à garder un intérêt pour les questions artistiques et esthétiques, et à prendre du plaisir.

 

 

 

Y a-t-il des choses que tu aurais aimé montrer dans ce docu et qui n'ont pas été possibles, si oui pourquoi ?
Il y a une dizaine de salles de concerts que nous aurions souhaité montrer dans le film mais le manque de temps nous en a empêché. Par exemple, le Chabada à Angers ou le Moulin de Brainans dans le Jura. Mais nous n'avons pas dit notre dernier mot ...

 

Ou / quand / comment peut- on voir le docu ?
Le documentaire est visible lors de projections qui se déroulent dans des salles de concerts, dans des cinémas ou tout autre lieu culturel (festivals, médiathèques, bars...). Ces évènements donnent généralement lieu à des échanges avec le public et parfois se poursuivent avec des concerts ou des projections d'autres films.
Les prochaines projections auront lieu à Lyon au Marché Gare le 4 mars et le lendemain à La Tannerie à Bourg-en-Bresse.

 

 

Aurais-tu une anecdote particulière liée au tournage à nous faire partager ?
Lors du concert des Wampas à Bourges que nous filmions, Astrid est montée sur scène lancer des confettis et Didier en a avalé sans le faire exprès du coup, il ne pouvait plus chanter. Il a passé son micro à Astrid qui a chanté une partie de "ce soir c'est noël" avec le groupe derrière. On le voit dans le film d'ailleurs. Si c'est pas gonzo ça !!!

 

 

Le docu date de 2010, de nouvelles SMAC ont vu le jour entre temps, que s’est il passé d’important dans le secteur selon toi pendant cette période ?
Beaucoup de nouveaux lieux ont été créés depuis 2010, souvent assez gros d'ailleurs (1000 places et plus). Les projections dans des salles de concerts nous ont permis de voir que les choses avaient beaucoup bougé entre le tournage d'Alive et aujourd'hui. Avec le recul, on se dit que la période entre la création du label Smac en 1998 et le milieu des années 2000 était une période relativement faste pour ces salles. Un début de reconnaissance de ces initiatives, souvent associatives et issues de la société civile, a permis un fort développement de ces structures grâce à une augmentation du soutien des pouvoirs publics. Cela a permis l'éclosion de nombreux artistes et un élargissement des publics. Depuis la fin des années 2000, le monde a beaucoup bougé, et le secteur culturel aussi, les crises successives et l'arrivée du numérique bouleversent les équilibres, mêmes précaires qui avaient pu s'établir précédemment. Dans les musiques actuelles, le combat pour la recherche de reconnaissance pour ces musiques non-académiques a généré un début de reconnaissance mais il est toujours d'actualité. Dans le même temps, les phénomènes de recherche de rentabilité budgétaire et les bouleversements dans les pratiques sociales et culturelles dues à l'arrivée de l'internet et du numérique obligent à des évolutions constantes et à une forte instabilité de beaucoup de structures. Les petites salles de concerts étaient déjà économiquement fragiles et le sont restées mais peut-être avec davantage de complexité et d'incertitude encore qu'auparavant. Les problématiques de reconnaissance auprès des pouvoirs publics ont aussi un peu cédé la place aux problématiques liées à la marchandisation de la culture qui n'a de cesse de progresser. On a aussi des lieux menacés de fermeture et des festivals qui s'arrêtent, des associations qui voient leurs subventions coupées, et dans le même temps des changements dans les pratiques des publics. Il fallait être costaud pour monter une salle de concerts dans les années 80-90, il faut l'être au moins autant, sinon plus, pour travailler dans ces lieux aujourd'hui. 

 

 

Tu as également réalisé les docus "Live" et "Noisy Places", peux-tu aussi nous les évoquer brièvement ?
Live évoque l'histoire de trois lieux : l'Abordage à Evreux, l'Astrolabe à Orléans et le Café charbon à Nevers. C'est un peu les prémices d'Alive. Noisy Places a été réalisé pendant la tournée de projections d'Alive aux quatre coins de la France.
Il parle justement de ces évolutions dans les années 2010 à la fois pour les lieux appelés Smac (scènes de musiques actuelles), mais aussi pour des friches et des squatts.

 

 

 

Travailles-tu donc à un autre projet de documentaire lié à la musique ?
Pour le moment non. Nous faisons une websérie, diffusée sur internet donc, qui s'appelle Muzikzak et qui en est à son septième épisode. Pour la websérie, on s'est dit que cela serait sympa de faire des films rapidement; Ils durent 15 à 20 minutes et sont en général visibles assez rapidement après le tournage, ce qui change des années de montage qui ont été nécessaires pour Alive.

 

 

Si tu pouvais  produire un épisode de Muzikzak avec n'importe quel groupe vivant ou mort, lequel ce serait ?


Fred : Ce serait Cheveu que l'on adore et qui sont présents dans le premier épisode. On leur court après depuis pas mal de mois pour faire la suite. Ils doivent en avoir marre d 'ailleurs...
Astrid : Nosfell car j'aime bien son mélange de danse et de chanson.

 

 

 

Si tu devais partir vivre sur une autre planète qui ne connait pas la musique avec un seul album, ce serait lequel ?
Fred : Hunky dory de Bowie avec Life on mars ?
Astrid : Je pense que ce serait "Robot après tout" de Philippe Katerine

 


Enfin, quelles sont les deux dernières tartes musicales que tu as découvertes, sur album et en live ?
Fred : Bison bisou et Schlaasss en live. Aux dernières transmusicales dont nous avons fait un live report vidéo (http://youtu.be/z6wkELnFrk0), nous avons découvert notamment Lizzo une rapeuse incroyable et le groupe suisse Puts marie.
Astrid : Moi ce serait Hippocampe Fou ils m'ont bien fait rire et Too many zooz que j'ai découvert aux Transmusicales de Rennes 2014.

 

 

 

LA SUITE SUR LE WEB :

Ancien Site / Nouveau siteFacebook



* champ requis


Dix trucs pas cons à ne pas oublier de faire après son concert... Les plus folles transformations d’instruments de musique, ou le recyclage écolo-musical >

Partager
Sur le blog Confliktarts.com : Interview > Fred & Astrid - Réalisateurs d'Alive, un documentaire sur l'histoire des petits lieux de concerts en France
Bonjour, J'ai trouvé cet article sur le site de Conflikt arts et je pense qu'il peut t'intéresser : http://www.confliktarts.com/fr/blog/501/interview-fred-astrid-realisateurs-d-alive-un-documentaire-sur-l-histoire-des-petits-lieux-de-concerts-en-france A bientot
Votre demande de partage sur Conflikt Arts
Bonjour,<br /><br />Votre demande de partage a bien été prise en compte.<br />L'article : http://www.confliktarts.com/fr/blog/501/interview-fred-astrid-realisateurs-d-alive-un-documentaire-sur-l-histoire-des-petits-lieux-de-concerts-en-france a été envoyé.
Votre demande de partage a bien été prise en compte.

Dans la même catégorie :

Nos conseils

5 manières de trouver un nom de groupe qui a la classe

Vous êtes au collège et montez votre premier groupe, vous lancez enfin votre projet perso après 5 ans de travail acharné, ...

165127 vues
Nos conseils

10 phrases à ne plus dire sur scène

Comme tous les spectacles, les concerts comportent leur lot de rituels ridicules ou non inhérents à chaque groupe. Mais s'il y a ...

86016 vues
Nos conseils

10 manières de virer son batteur en lui faisant croire que c'est lui qui part.

Le batteur est un animal étrange bien souvent considéré comme un mal nécessaire à la composition d'un groupe. ...

66047 vues
Nos conseils

10 manières de virer son bassiste en lui faisant croire que c'est lui qui part.

Le bassiste. Nul ne sait à quoi il sert, et pourtant, il est là, traînant ses guêtres autour de vous, errant comme un fantôme ...

52978 vues
Nos conseils

10 manières de virer son guitariste en lui faisant croire que c'est lui qui part.

Il est là, saturant l'espace de tout son ego sur-dimensionné, vandalisant chacun de vos morceaux de ses solos intempestifs. Vous ...

46077 vues

PUBLICITE

Suivez l'actualité du blog !

* champ requis

Saisissez le code figurant sur la carte de téléchargement que vous avez reçue pour obtenir vos fichiers gratuits. Bonne réception !


Catégories



Archives




Besoin d'aide pour configurer votre produit?
Contactez nous :

Par téléphone au : 02 99 92 89 05
Du Lundi au Vendredi de 9h à 18h.

Par email : Cliquez ici
Sur le site : Aide et FAQ

Les News du moment !

T-shirt, sweat capuches, sac coton... retrouvez toutes les possibiltités ICI! Accéder au produit
7'', 10'' ou 12''... retrouvez toutes les possibiltités ICI! Accéder au produit
7'', 10'' ou 12''... retrouvez toutes les possibiltités ICI!

Vinyle 33/45t (7"/10"/12"), pochette simple, Gatefold ou même combo CD+Vinyle...

Lire la suite...
Pressage CD Jewel Box Accéder au produit
Pressage CD Jewel Box

Découvrez un large choix d'options pour votre Pressage CD !

Lire la suite...

Partager cet article

X
Interview > Fred & Astrid - Réalisateurs d'Alive, un documentaire sur l'histoire des petits lieux de concerts en France
"Il fallait être costaud pour monter une salle de concerts dans les années 80-90, il faut l'être au moins autant, pour travailler dans ces lieux aujourd'hui"