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Interview > Erik - Dirty 8 / La Maison Bleue


"Je peux donc avoir un groupe, répéter, préparer un filage technique sur la scène, et monter une tournée depuis le même endroit. Le rêve quoi."

Erik est tout à fait le genre de personnes dont ceux qui prétendent que c'est galère de faire de la musique indé devraient s'inspirer. Au delà d'un sérieuse activité dans plusieurs familles metal, il cumule les casquettes au delà de ce qu'on imagine possible, dans l'intérêt de pouvoir développer toujours plus de projets, qu'il s'agisse de la scène metal proprement dite, mais aussi de la scène locale strasbourgeoise, d'où il répond à nos questions.

 


Salut Erik, peux-tu te présenter brièvement à nos lecteurs ?

Salutations ! Je suis un humble acteur culturel à mon niveau, passionné par la musique et le milieu du spectacle vivant. Cela fait maintenant près de 12 ans que j’ai décidé d’arrêter de vivre « normalement », pour me consacrer à ma passion, après avoir beaucoup voyagé et travaillé dans des secteurs complètement différents. Totalement autodidacte, je me suis formé « sur le tas », grâce aux nombreuses rencontres que j’ai pu faire dans ce métier.

 

Tu es donc programmateur de la Maison Bleue à Strasbourg, mais également musicien pro (notamment avec les metalleux d'Absurdity), tourneur, directeur de deux labels, manager, tour manager et technicien du spectacle... ouf ! donc :

 

1- y a-t-il encore quelque chose que tu ne fasses pas dans le secteur musical ?

Haha, mais oui, évidemment, c’est un monde bien vaste et je pense qu’il faudrait plus d’une vie pour en faire le tour. Par exemple, je n’ai absolument pas la prétention de savoir sonoriser ou enregistrer un groupe, ou même d’être éclairagiste, (bien que j’aie décidé de me former cette année, afin d’acquérir des bases solides), il s’agit de laisser ça à ceux dont c’est le métier.
 

2- Comment te débrouilles-tu pour faire tout ça en même temps ?

Des fois je me le demande…Tout dépend des périodes évidemment, mais en règle générale, c’est clair qu’il ne faut pas commencer à compter les heures. Alors, forcément, ta vie sociale en pâtit, maintenant il s’agit de bien gérer ses priorités.
A ma décharge, j’ai la chance d’avoir une copine qui est également issue d’un milieu artistique, et qui comprend tout à fait que ce soit une passion chronophage, que dès fois ça puisse requérir une implication plus importante que dans d’autres domaines. Je pense qu’il s’agit avant tout d’une question d’organisation !

 

3- Est ce une véritable volonté de toucher à tout que de cumuler les casquettes à ce point là, ou avant tout le meilleur moyen de survivre ?

A l’heure actuelle, je n’ai heureusement plus besoin de faire tout çà la fois ! J’ai quitté très rapidement le milieu de l’intermittence, (pousser des caisses ou porter de la ferraille n’est pas ma grande passion) pour me consacrer à l’autre côté du rideau.
Mais en tant qu’artiste, en particulier dans le monde du Metal, faire de la musique seule ne suffit pas pour vivre (à quelques exceptions près évidemment), c’est donc plus par nécessité qu’il me faille compléter les fins de mois avec des plans road’, ou plus récemment de cumuler avec un autre emploi, comme celui de programmateur ou chargé de communication dans l’évènementiel.

 

4- Ne ressens-tu jamais de quelconques conflits d'intérêts, dans le cas ou tu programmerais des groupes dont tu gères la carrière ou les sorties, ou d'autres formes d'inbrications du genre ?

Ah, euh... non pas vraiment…Encore une fois, si tu as bien défini tes priorités, tout devient limpide. En tant que manager, c’est même plutôt un avantage que d’avoir plusieurs casquettes, et surtout d’avoir un réseau dans le spectacle (lighteux, sondiers, stageman, backliners,…). Il s’agit de boulots compatibles : rien ne m’empêche de partir 2 semaines en tournée avec un groupe, je peux aussi emmener mon ordi et avancer sur la promo d’un autre, tout en gérant une sortie d’album ou la promotion d’un concert. Bref, à part quelques rares cas de fonctionnement interne, on s’en sort toujours ☺
Imagine : les 2 labels pour lesquels je travaille ont leurs bureaux juste au dessus des locaux de répétitions pour nos groupes, le tout dans le même bâtiment qu’une salle de concert. Je peux donc avoir un groupe, répéter, préparer un filage technique sur la scène, et monter une tournée depuis le même endroit. Le rêve quoi.

 

 

Erik @ Tiurida Photography

 

 

On évoquait il y a quelques temps les pires phrases qu'un programmateur puisse balancer, est-ce que tu jures que tu n'en as jamais pronnoncé aucune approchant ?

J’ai ri. Très bon article, puisque on peut aisément y reconnaître tous les travers des fameux « pros » à trainer au VIP pour serrer des mains héhé…Mais j’avoue, le coup de « on est full jusqu’à la fin de la saison », j’ai déjà dû le sortir plusieurs fois, mais éh ! Souvent pour de bonnes raisons ! Tiens, pas plus tard qu’hier, on m’a demandé si il était possible d’organiser une date pour la semaine suivante…pas faute de bonne volonté hein. Mais pour avoir été des deux côtés de la barrière, je peux comprendre les points de vue respectifs, il ne faut pas généraliser, les programmateurs ne sont pas tous des gros pédants, le cul sur une chaise et le portable à l’oreille, y’en a aussi des biens…

 

A ton avis, comment mesure-t-on la qualité du travail d'un programmateur ? Comment décides-tu de la programmation de la salle ? Quels sont tes impératifs ?
Le temps est le meilleur juge. Si au bout d’un ou deux ans d’exploitation on se rend compte que les comptes sont en négatif, que les gens se plaignent de voir toujours les mêmes artistes, ou que le public déserte les soirées, je pense que la mesure est toute trouvée.
Pour la Maison bleue, comme nous fonctionnons en associatif, nous n’avons pas les mêmes impératifs que les SMAC par exemple. Je gère la programmation avec Julien, mon pote et employeur, et tous les membres de l’asso ont leur mot à dire, ou peuvent nous proposer leurs projets, c’est donc surtout au coup de cœur qu’on fonctionne. Apres, nous proposons une entrée gratuite pour nos membres (ce qui représente une bonne partie des entrées) et nous avons les salaires à gérer, l’accueil, le catering (le meilleur de France a t-on pu lire ? héhé), les techniciens,…bref, il est très difficile pour nous d’équilibrer, alors autant se faire plaisir, non ? A savoir également que nous plaçons toujours en première partie un groupe qui répète dans nos locaux, afin de leur offrir une opportunité de jouer dans de bonnes conditions sur la scène de la maison.

 

Est-ce que dans une ville comme Strasbourg il n'est pas difficile d'exister en tant que salle et locaux de répèt aux côtés de La Laiterie et de l'ensemble de ses dispositifs ?

Le truc, c’est qu’on ne joue pas sur le même tableau que les collègues de la Laiterie, mais nous travaillons tout de même conjointement avec eux. Le tissu associatif et culturel est très dense ici en Alsace, et avons pu pointer un manque de lieux de diffusion et de répétition pour les pratiques amateurs, en particulier à Strasbourg. La Maison bleue a tout simplement trouvé sa place dans le paysage local en proposant des locaux de répétition adaptés, nous n’avons fait que répondre à une très forte demande. Nous assumons également un peu le rôle de centre de ressources, puisque nous nous occupons de guider les jeunes artistes, mais nous n’avons pas pour vocation de remplacer la Laiterie !
Il s’agit là d’une collaboration, par exemple, nous nous chargeons de mettre en place les résidences d’artistes en partenariat avec eux, ce genre de choses…Et pour ce qui est de la programmation, nous ne sommes sur une esthétique plus underground, avec une jauge bien inférieure à la Laiterie le tout en autofinancement total, donc aucunement concurrentiels !

 

On vous imagine assaillis de demandes et pas forcément toujours des plus efficaces, aurais-tu de bons conseils à leur donner pour se faire programmer dans une salle comme la Maison Bleue ?

Eh oui, j’imagine que c’est le lot de tous les lieux de diffusion. En règle générale, ça marche mieux si on peut se rencontrer en personne. En deuze, le contact téléphonique, et -en tout dernier recours- par mail, même s’il s’agit de la majorité des démarchages que nous recevons.

Apres, je n’ai pas la science infuse, et loin de moi l’idée de donner des leçons, puisqu’il n’y a pas de règle dans ce milieu. En revanche, le bon sens permet d’éviter quelques erreurs fréquentes, si jamais ça peut servir à quelqu‘un, liste non exhaustive:

-Essayez de vous renseigner sur qui vous contactez, un mail qui commence par une salutation adressée personnellement (Bonjour Jean-Edmond Frédéric Bertrand sonne mieux que « Salut la prog’ », ça fait un peu genre vous vous êtes renseigné sur qui fait quoi.
-Présentez-vous, c’est sympa ! Je suis truc, et je m’occupe du groupe « les raviolis au tofu », au moins ça permet de situer.
-Et du coup, évitez les mails en copié/collé. (Non ici on n’est pas le Trabendo, on n’est pas basé à Pointe-à-Pitre, et non il n’y a pas de Jean-Edmond Frédéric-Bertrand ici. Y’en a jamais eu.
-S’il vous plaît ne blindez pas nos boites mails avec des mp3, des PDF de 15Mo ou autre…C’est le meilleur moyen de se faire supprimer sans même lire le mail. Règle d’or : si un programmateur est intéressé, il vous demandera déjà de lui envoyer plus de son ou d’infos. En attendant, à la prise de contact, un simple lien suffira.
-Par pitié, arrêtez de mettre en avant les « likes » et le nombre de vues Youtube ou autre…Tout le monde sait bien que ce n’est pas représentatif, tout le monde peut en acheter, et surtout, ce n’est pas du tout un gage de qualité ! Regardez combien de vues à Johnny Halliday, c’est dire….Une fanbase virtuelle n’est pas un argument recevable pour un jeune groupe.
-Enfin, essayez de faire bref, concis et droit au but. Les bios du genre ‘Thierry a rejoint Jean-Michel suite au départ de Jérôme le bassiste, parti jouer dans les raviolis au tofu, n’intéressent personne à part votre cercle proche (et encore..), et alourdissent votre mail inutilement.
-Pour finir : soyez patients ! Si votre projet est intéressant, il est fort probable que l’on vous recontacte, dès fois des mois après votre demande. Si une petite relance bien sentie est parfois nécessaire, un mail par jour est plutôt spammant.

 

 

 

Merci pour tous ces conseils ! Penses-tu qu'il y ait une forme d'activisme à soutenir les musiques indépendantes (et notamment metal) à travers les actions que tu mènes ?

Oui, sinon je ne le ferai pas ! Tout le long de mon petit parcours, j’ai dû lutter contre les préjugés (non les metalleux ne mangent pas tous des chauves-souris, oui ils ont une âme, même noire…), contre les mauvaises images véhiculées par les médias quand ils daignent en parler (je pense notamment à lorsque tu t’adresses à des officiels pour des aides, subventions, ou autre). J’ai toujours défendu l’image des musiques alternatives, prôné le côté DIY, démontré la qualité artistique des artistes et vanté les mérites du public, ce genre de choses.
De même, je me dis que des gens ont été là pour m’aider lorsque j’en ai eu besoin, des groupes avec plus d’expérience qui m’ont conseillé par exemple. Du coup, j’ai envie de faire mon possible pour aider ceux qui n’en veulent à avancer.

 

Tu évolues d'ailleurs dans ce milieu depuis un moment, alors c’était mieux avant ou finalement le présent c'est pas mal aussi ?

Bouarf, difficile à dire. Je note une évolution majeure de la qualité des groupes, du niveau des musiciens, avec l’envie de présenter des choses plus abouties (plus personne de nos jours ne présente une vieille démo enregistrée dans la cave de son pote gravée sur un cd-R écrit au stylo bic…) mais en échange tout se ressemble et se noie dans la masse, avec des prods similaires, et l’âme semble se perdre au détriment du « ouais, mais c’est ça qui marche ».

 

Si tu pouvais programmer n'importe quel groupe vivant ou mort à la Maison Bleue, lequel ce serait ?

Pantera formation d’origine. Mais la jauge ne va pas suffire ☺
Sinon, si jamais tu nous lis Johnny, si tu veux venir passer un bon moment sur la scène de la maison bleue, c’est quand tu veux.

 

Si tu devais t'exiler sur une planète qui n'a jamais entendu de son avec un seul album, ce serait lequel?

Piotr Ilitch Tchaïkovski, n’importe quelle symphonie ou ballet, s’il s’agit de démontrer le génie créatif humain à une autre forme de vie, ou même la quasi-totalité des compositeurs classiques contemporains ou passés.
Sinon, si j’ai des écouteurs et que je garde le son pour moi sur une autre planète, c’est  entre ciment et belle étoile de Keny Arkana, chef-d’œuvre absolu.

 

En enfin on finit comme d'hab avec les deux dernières tartes musicales que tu aies pris, sur album et en live ?

Alors, sur album, c’est les énervés de DESTRAGE, des italiens (oui oui…italiens !), d’habitude les groupes techniques me font chier, mais là, chapeau.
Et en live, les patrons c’est toujours GOJIRA, la classe des ambassadeurs du metal français dans le monde.

 

 

LA SUITE SUR LE WEB :

 

Dirty 8, Label & Management : Site web

 

La Maison Bleue : Facebook


Urban Death Records, Label, management & booking :  Web

 

Et les groupes :

Absurdity: Web

Crusher: Facebook


 



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Bonjour, J'ai trouvé cet article sur le site de Conflikt arts et je pense qu'il peut t'intéresser : http://www.confliktarts.com/fr/blog/548/interview-erik-dirty-8-la-maison-bleue A bientot
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