webleads-tracker

Newsletter

* champ requis

Interviews

Interview > Thibault Signourel - Hartzine


"Nombre des groupes dont on parle ne possèdent que très peu de portes d'entrée pour jouer, on produit donc leur show"

Dans la quête de la sacro-sainte indépendance de points de vue et du soutien médiatique indéfectible aux seules entités qui les passionnent vraiment, Hartzine semble avoir vite trouvé le Graal, même s'il en coûte beaucoup d'heures bénévoles et de sacrifices. Est-ce d'ailleurs la meilleure des façons de soutenir sur la toile le groupes indés qui vous font vibrer, Thibaut nous donne son avis sans concession, à l'image du ton qu'emploie sans relâche ce merveilleux webzine.

 
 
 
Salut Thibault, peux-tu te présenter à nos lecteurs en quelques mots ? Quelles sont concrètement tes responsabilités dans le projet ?
Je suis rédacteur pour le site Hartzine depuis 2007 et depuis 2012 j'occupe en plus la fonction de rédacteur en chef adjoint. Le rédac-chef est Benoit, créateur du site et grand concepteur de notre matrice web. Hartzine étant un projet collaboratif à 100% désintéressé, l'ensemble des personnes gravitant en son sein possède une activité professionnelle qui, la plupart du temps, n'a aucun rapport avec le milieu musical. J'ai donc une double vie. 
 

Quels sont les meilleurs et les pires aspects de cette activité ?
Les meilleurs résident évidement dans la profusion des projets musicaux que l'on nous soumet permettant d'épancher notre soif inextinguible en la matière. Les pires en découlent presque naturellement : il y a beaucoup trop de merde qui s'accumule de toute part, et, le système étant vicié, on peut vite arriver à saturation. Être blasé serait un réel problème pour continuer à avancer et parfois la frontière est ténue. 
 

Parmi la quantité affolante de web mags relayant l'actu des musiques actuelles et indés, qu'est ce qui fait la particularité du votre ?
Hartzine est à la base un webzine né d'une volonté simple : le partage et la diffusion de créations musicales indépendantes et alternatives. Notre insatisfaction quant aux médias traditionnels nous a guidé pas à pas pour savoir où l'on voulait se situer, à savoir à rebours de tout panurgisme afin de mettre en lumière ce qui mérite de l'être dans l'épais brouillard de l'actualité musicale. On peut nous décrire comme un média de niche mais en réalité la palette de tonalité est très variée. Les angles d'attaque aussi. L'idée n'est pas l’exhaustivité, ni l'objectivité. Au contraire, la volonté est de suivre nos subjectivités jusqu'au bout, jusqu'à se lier d'amitié avec les gens avec qui l'on travaille - labels, groupes, collectifs - et voir où cela nous mène. Détail amusant, certaines personnes que l'on a interviewé par le passé ont par la suite écrit ou écrivent encore pour Hartzine, en plus de devenir de véritables amis. Cette dimension humaine est d'ailleurs essentielle : la rédaction est une somme d'individualité dans un tout qui s'apparente à une famille - chacun connaissant les qualités et défauts de chacun.
 
 
 

Entre ceux qui critiquent (négative) des albums ou groupes, et d'autres qui se défendent essentiellement des choses qu'ils aiment, comment vous placez-vous ?
Les critiques négatives, foncièrement, on les garde pour nous : il ne se passe pas un jour sans que l'on ne démonte via nos fils mails un album ou un artiste. C'est parfois le café des sports, voir gratuit, mais ça permet de faire le tri. En revanche, le site est le reflet de ce que l'on aime - à de très rares exceptions. L'absence dans nos lignes équivaut à un manque de considération ou plus simplement à un manque de temps. Inutile donc de se vexer trop rapidement. 
 

Hartzine est un projet avant tout bénévole, est-ce parce que dans le paysage web musical actuel ça reste la meilleure garantie pour une indépendance éditoriale totale, ou juste parce qu'il n'y a guère moyen de vivre d'un tel média ?
Très honnêtement, n'ayant jamais écrit pour autre chose qu'Hartzine, je suis bien mal placé pour parler de garantie quant à la ligne éditoriale. Au sein même d'Hartzine, nos points de vue divergent et les contributions respectives de chacun en témoignent. Il n'y a ni enclume, ni marteau pour les aplanir. En revanche, on a bien conscience qu'en montant un tel projet alternatif on marcherait sur les plates bandes de ceux qui sont payés pour ce faire. Chaque jour on reçoit des kilomètres de mails d'attaché de presse ou de bookeurs qui nous demandent d'être le relais de leurs clients. Et vu qu'on a aucun compte à leur rendre, comparé à une certaine presse musicale valorisant très cher ses propres espaces publicitaires, rien de plus simple que de les éconduire si l'on a aucune affinité avec les projets présentés. Notre légitimité procède de la fidélité des gens qui nous suivent et non d'un quelconque adoubement de certains gens "du milieu" qui tente sans même nous lire de squatter notre site. Et pour répondre à la dernière partie de ta question, il est impossible de vivre d'un tel média à moins de mettre véritablement le paquet : à ce titre je salue nos confrères de Gonzai et The Drone. Pour nous, la professionnalisation n'est pas encore à l'ordre du jour même si on empoche déjà quelques thunes par le bais d'une frustre régie pub. Cet argent est réinvesti en intégralité dans les frais de gestion du site. On verra par la suite.  

Tu expliquais ailleurs que lors des demandes d'interviews ou de reports, personne à part quelques tourneurs ne vous prenait de haut, alors d'une comment vous y prenez-vous pour approcher les groupes qui vous intéressent, et de deux qui sont ces méchants tourneurs ?
Cela fait longtemps qu'on ne nous claque plus la porte à la gueule. La raison est bien simple puisque c'est plutôt à la notre que l'on frappe. Et vu que l'on se contre-carre des grandes messes à groupes interchangeables, il n'y a pas vraiment de tensions. Certaines personnes sont parfois hostiles, mais ça les regarde. A ce titre, la responsable de la Communication de La Belleviloise doit nous haïr sur trois générations.  
 

D'ailleurs vous avez monté Hartzine Events, une agence de booking, plutôt étonnant pour un webzine de lancer une telle "filiale" ?
Pas si étonnant quand on remet la chose dans son contexte : Hartzine booking est le prolongement de notre ligne éditoriale sachant que nombre des groupes dont on parle ne possèdent que très peu de portes d'entrée pour jouer à Paris. On produit donc leur show. En fonction des demandes qui nous sont faites, on interroge les salles qu'on aime et dont on se sent proche humainement et musicalement. Leur modestie est d'ailleurs souvent inversement proportionnelle aux moments grandioses que l'on a pu y vivre. Je parle de l'Espace B ou de la Méca et de Petit Bain pour des soirées club. Ce genre de lieu quoi. Notre prochaine soirée a lieu le 30 octobre à la Mécanique Ondulatoire et réunira deux duos, un féminin avec Paper Dollhouse, et un masculin avec Uniform (Event FB). 
 
 

 
 
Avez-vous d'autres idées originales du genre et plus généralement, comment vois-tu évoluer Hartzine dans les années à venir ?
On a changé la version du site et celle-ci constitue notre Himalaya. On verra, pour le moment on va vraiment perfectionner cette-dernière et renfoncer notre ligne éditoriale avec de nouvelles rubriques. Sinon on fait de plus en plus des dj-sets dans les rades parisiens qu'on apprécie. 
 

Si je suis musicien, quel est le meilleur moyen pour que vous relayiez les infos de mon groupe ?
Déjà prendre la température sur le site. On se demande vraiment pourquoi nombre de musiciens envoient leur production sans se renseigner un minimum à qui ils s’adressent : cela fait perdre du temps à tout le monde. Pour le reste, s'il y a connexion, cela passe avant tout par échanges de mails et plus si affinités. On est un peu la version 1.0 des sites de rencontre pour mélomanes exigeants. Je déconne à peine. 
 

D'ailleurs, combien de sollicitations par mail recevez-vous en moyenne et comment vous organisez-vous pour les traiter ?
Beaucoup et toujours plus. Pour les traiter chacun fait à sa sauce mais il y a un écart énorme entre celles qu'on reçoit et celles à qui on répond. Il ne faut pas nous en vouloir : d'une part, la plupart émane de mailing list pro - et on a aucun état d'âme à les bazarder - d'autre part, si l'on devait répondre à tous le monde, on aurait plus un chouille de temps à consacrer à nos articles. 
 
 
à
 

Si tu pouvais interviewer n'importe quel groupe vivant ou mort, lequel ce serait ?
Ian MacKaye de Fugazi, Minor Threat et Dischord. 
 

Et qu'en serait-il si tu devais t'exiler sur une planète qui ne connait pas la musique avec un album ?
Tago Mago de Can. Difficile de s'en lasser. 
 

On conclut comme d'hab avec les deux dernières tartes musicales que tu as découvertes, sur album et en live ?
En live, voir The Space Lady faire taire jusqu'au plus bavard et aviné des mecs de l'Espace B restera à jamais un très beau moment. Sur disque, ma réponse est double : la parution par Dark Entries de l'album Muscle Up de Patrick Cowley, sorte de compilation de morceaux égarés par celui qu'on présente souvent comme l'un des pionniers de la musique électronique de San Francisco à coloration funk et disco, et le prochain long format des russes de Gnomes, Ngnan!, qui va sortir le 16 octobre sur Rocket Recordings, cette réappropriation des codes du krautrock selon un lexique pop est carrément époustouflante.
 

 

 

LA SUITE SUR LE WEB :

Site / Facebook / Twitter / Youtube / Instagram / Flickr

 



* champ requis


Les plus beaux instruments personnalisés, ou le tunning de la musique... Les dix commandements du musicien qui joue en groupe (et qui souhaite que ça dure) >

Partager
Sur le blog Confliktarts.com : Interview > Thibault Signourel - Hartzine
Bonjour, J'ai trouvé cet article sur le site de Conflikt arts et je pense qu'il peut t'intéresser : http://www.confliktarts.com/fr/blog/559/interview-thibault-signourel-hartzine A bientot
Votre demande de partage sur Conflikt Arts
Bonjour,<br /><br />Votre demande de partage a bien été prise en compte.<br />L'article : http://www.confliktarts.com/fr/blog/559/interview-thibault-signourel-hartzine a été envoyé.
Votre demande de partage a bien été prise en compte.

Dans la même catégorie :

Nos conseils

5 manières de trouver un nom de groupe qui a la classe

Vous êtes au collège et montez votre premier groupe, vous lancez enfin votre projet perso après 5 ans de travail acharné, ...

207713 vues
Nos conseils

10 phrases à ne plus dire sur scène

Comme tous les spectacles, les concerts comportent leur lot de rituels ridicules ou non inhérents à chaque groupe. Mais s'il y a ...

87503 vues
Nos conseils

10 manières de virer son batteur en lui faisant croire que c'est lui qui part.

Le batteur est un animal étrange bien souvent considéré comme un mal nécessaire à la composition d'un groupe. ...

66861 vues
Nos conseils

10 manières de virer son bassiste en lui faisant croire que c'est lui qui part.

Le bassiste. Nul ne sait à quoi il sert, et pourtant, il est là, traînant ses guêtres autour de vous, errant comme un fantôme ...

53829 vues
Nos conseils

10 manières de virer son guitariste en lui faisant croire que c'est lui qui part.

Il est là, saturant l'espace de tout son ego sur-dimensionné, vandalisant chacun de vos morceaux de ses solos intempestifs. Vous ...

46771 vues

PUBLICITE

Suivez l'actualité du blog !

* champ requis

Saisissez le code figurant sur la carte de téléchargement que vous avez reçue pour obtenir vos fichiers gratuits. Bonne réception !


Catégories



Archives




Besoin d'aide pour configurer votre produit?
Contactez nous :

Par téléphone au : 02 99 92 89 05
Du Lundi au Vendredi de 9h à 18h.

Par email : Cliquez ici
Sur le site : Aide et FAQ

Les News du moment !

Badge rond, magnet ou miroir... des goodies à petit prix! Accéder au produit
Badge rond, magnet ou miroir... des goodies à petit prix!

25 mm, 32 mm, 45 mm... toutes les possibilités à partir de 50 exemplaires!

Lire la suite...
Combo CD+vinyle, retrouvez les 2 supports dans un seul boîtier! Accéder au produit
Combo CD+vinyle, retrouvez les 2 supports dans un seul boîtier!

Un CD + un vinyle, vous en rêviez! Nous vous le proposons à partir de 250 exemplaires.

Lire la suite...

Partager cet article

X
Interview > Thibault Signourel - Hartzine
"Nombre des groupes dont on parle ne possèdent que très peu de portes d'entrée pour jouer, on produit donc leur show"