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Interview > David Snug - jaimepaslamusique.net / Trotski Nautique / Illustrations


"Si les gens s’occupaient plus de leur musique que de se chercher un tourneur, il y aurait plein de concerts super intéressants dans plein de lieux différents"

David Snug joue du dessin, de la gratte et de l'humour de la même façon, avec un cynisme aussi violent que généreusement désabusé, animé essentiellement par ses crayons, ses morceaux ultra binaires et sa volonté farouche d'être contre. Mais comme au fond il est sympa, il répond quand même à nos questions.

 

 

 

Salut David, peux-tu te présenter brièvement à nos lecteurs ? 
Je suis David.


Pas mal. Et alors pourquoi David Snug, quand on s'appelle Guillaume Cardin ?

Bé autrefois, je jouais dans un duo de dancecore qui s’appelait Dr Snuggle et MC Jacqueline. Moi, j’étais Dr Snuggle, et les gens ont fini par m’appeler Snug parce que c’est plus court. Et comme snug ça veut dire douillet en anglais, j’ai ajouté David devant parce que j’adore le karaté.

 

Peux-tu donc nous expliquer pourquoi tu n'aimes pas la musique ?

La musique, c’est horrible. La musique, c’est des gens qui veulent devenir des rock stars pour être le centre du monde. La musique, c’est des tremplins, des résidences, des filages, des spectacles calibrés où il ne se passe rien, où il ne se raconte rien. La musique, c’est le Ministère de la culture qui quadrille la France en pondant des BLOG21 SMACS dans chaque région pour que la culture institutionnalisée bouffe la culture populaire. Un jour, il n’y aura plus que de la pop américaine adaptée aux pubs de bagnoles. Et ce jour-là, il n’y aura plus de révolte possible, ça sera « 1984 »…Bref, la musique je suis contre.

 

 

Tu croques (parmi pas mal d'autres choses) tout un tas de scènes classiques auxquels un groupe en développement est confronté sur ton blog, ça doit forcément être du vécu tiré de tes expériences en groupe, j'imagine ? 

Bah non. Avec mon duo musical de variété française, on n’a pas de tourneur. On est parti du principe qu’il nous fallait une formule qui puisse être trimballée dans les transports en commun. Résultat, on a une guitare, une boîte à rythme, un petit clavier et une flûte. On ne demande rien à personne, on ne fait pas de tournées.
 

 

Tu joues effectivement dans un groupe de punk, Trotski Nautique. Y a-t-il, malgré tout le cynisme que tu dépeins du secteur musical, une envie de développer ce groupe, et si oui de quelle manière ?

J’entends ce mot partout, « développer », et franchement je ne comprends pas bien ce que ça veut dire. Nous on joue, on s’amuse. On reçoit des mails de gens qui nous proposent de jouer, et si l’orga peut nous payer l’aller-retour en train et nous trouver un lit pour la nuit, alors on y va. Il n’y a rien à développer là-dedans.

 

 

Tu dépeins notamment le grand paradoxe des tremplins, censés donner un coup de pouce aux groupes, et qui ne semblent sélectionner que ceux qui ont avant tout de grandes capacités à savoir se vendre. Penses-tu qu'il soit possible de "développer" une carrière de groupe, en comptant uniquement sur ses seules qualités musicales ?

Je n’en ai à peu près aucune idée, les termes « développer », « carrière », « professionnalisation », « émergence » sont  des termes assez obscurs pour moi.
Dans le monde occidental, il y a une notion de réussite dans le domaine la musique qui est complètement biaisée. Dans plein d’autres pays, les gens font de la musique pour se faire plaisir. Ici, on a l’impression qu’il faut obligatoirement jouer devant le plus de monde possible, sinon tu as tout raté. C’est toujours une question de chiffre. Si les gens s’occupaient plus de leur musique que de se chercher un tourneur, il y aurait plein de concerts super intéressants dans plein de lieux différents. Les groupes joueraient sans problème pour 20 ou 30 personnes, et il n’y aurait pas tout ce système foireux qui met la rock star sur un piédestal. Avec Trotski Nautique, on fait de la musique de temps en temps, un peu partout là où on nous le propose, et le lundi on retourne à d’autres activités. Je pense que dans 20 ou 30 ans, on jouera encore dans des petits lieux tranquilles.

 

Tu expliques que tu travailles sur ton blog de façon assez participative, en fonction des retours de lecteurs par rapport à tes planches précédentes. Penses-tu que ce soit une technique de travail qui puisse s'adapter à la musique ?

On peut dire que les petits concerts (ceux qui ne sont pas calibrés à base de résidence, de filage ou de je ne sais quoi encore) sont assez participatifs, et c’est ce qui fait évoluer notre musique.
 

Ton personnage principal semble assez directement inspiré de ta personne, est-ce que tu es aussi critique et acariâtre que ça dans la vie ?

Oui.

 

Excellent. Alors qu'est-ce que ça veut dire pour toi aujourd'hui être punk, et te revendiques-tu comme tel ?

Être punk, c’est boire des 8.6. et porter des tee-shirts avec des noms de groupes obscurs écrits dessus. Être punk, c’est se la raconter anarchiste et ultra-politisé alors qu’on milite uniquement en fabriquant des badges. Être punk, c’est manger végétarien tout en portant des ceintures à clous en cuir. Autant te dire que je n’ai rien à voir avec ces gens-là.

 

Entre son et crayon, tu conjugues pas mal d'activités dans lesquelles tu es assez prolifique, quel est ton petit secret d'organisation pour bien gérer tout ça ?
Je ne bois pas d’alcool, alors je me lève tôt le matin. C’est fou ce qu’on est créatif le matin.
 

Et sans rentrer dans le secret bancaire, arrives-tu à vivre de toutes ces activités on ne peut plus indépendantes ?
Ben en ce moment, je donne des cours d’informatique à des ados bien mal barrés dans une banlieue bien pourrie, et le fait de faire des concerts avec Trotski Nautique, ça m’aide pas mal pour la prise de parole en public. De temps en temps, je fais aussi des ateliers-bédé en prison ; si je ne faisais pas de bédé, on ne me demanderait pas de faire des ateliers.
Je pense que toutes tes activités, que ce soit du sport ou du yoga, t’aident à vivre. Mais c’est toujours le même problème en occident : il faut toujours que ça rapporte des sous, sinon ça ne sert à rien.

 

En vrai de vrai, avais-tu vraiment un chien qui s'appelait TAZ et son histoire est-elle biographique ?

Je n’ai jamais eu d’animaux, je suis plutôt antispéciste.
Par contre, je viens de Normandie, et dans les années 90 en Normandie, il y avait beaucoup de teufeurs qui trouvait ça trop guedin de donner des noms de drogue à leur chien. J’ai entendu pas mal d’histoires de chiens qui ont bouffé le vomi plein de drogue de leur maître-chéper.

 


 

Si tu pouvais collaborer sur un prochain album de Trotski nautique avec n'importe quel groupe vivant ou mort, lequel ce serait ?
Un groupe allemand. J’aime bien l’idée de collaborer avec les allemands.

 

 

Le bureau de l'artiste

 


Qu'en serait-il si tu devais t'exiler sur une planète qui ne connait pas la musique avec un seul album ?
J’me suicide direct.


Enfin, quelles sont tes deux dernières claques musicales, sur album et en live ?
Bertrand Cantat et Eagles of Death Metal.

 

 

 

LA SUITE SUR LE WEB :

Le blog / Jaimepalamusique.net / Trotski Nautique / Facebook / Youtube / Compile gratos

 

BIO COMPLÈTES

DAVID SNUG
David Snug, qui a choisi ce pseudonyme pour faire américain, a tout d’abord passé un bac Arts appliqués. Ne voulant pas dessiner des grille-pains design pour intérieurs minimalistes, il s’oriente ensuite vers un DEUG Arts plastiques puis bifurque de nouveau pour s’inscrire en licence de cinéma. Pas convaincu, il arrête ses études pour entrer dans la vie active. Fort de toutes ces connaissances, une carrière de travailleur à la chaine intérimaire s’ouvre à lui. Durant son peu de temps libre, il se consacre à la musique et à la bande dessinée : il joue de la guitare et de la batterie dans plusieurs groupes (Top montagne, Trotski Nautique,…), monte ou participe à des fanzines, comme La naissance du RebessinSonar ou Playcat. Il se retrouve, un peu plus tard, à travailler dans une petite salle de spectacle en banlieue parisienne. Il commence alors à dessiner dans le RER une heure par jour. Une compilation de ses travaux de l’époque Je suis très déçue par ton attitude sera publiée aux éditions Les enfants rouges, suivie l’année d’après de Y’a que les fourmis qui bossent. David Snug réalise ensuite un récit long plus ou moins autobiographique J’aime pas la musique (Prix du jury festival Bulles’zik) et une autofiction d’émancipation 64 ans en 2039. Son livre Lionel J et les PD du Cul, une commande des éditions John Harvey Marwany, l’a amèné à imaginer une fiction politique décalée autour de la figure de Lionel Jospin. Au cours de sa résidence, il a réalisé La maison n’accepte pas l’échec, publié en 2014 aux éditions Les enfants rouges, ainsi que Les Rois de la récré, un album qu’il consacre aux histoires d’une bande de gamins durant leur année de CM2, aux éditions Même pas mal.

Les dessins présentés dans cette expo sont un florilège de pages de BéDés parlant de ce truc bizarre que l’on appelle « les musiques actuelles ». Ces bd sont soit issues du David Snug Blog, soit du magazine New Noise.
Elles seront publiées aux éditions Même pas mal en avril 2016
Sont aussi présentées des illustrations et des affiches issus de divers expos, concerts et festivals plus ou moins DIY.

 

TROTSKI NAUTIQUE
Duo de deux personnes constitué de Aude et Guillaume, Trotski Nautique respecte la parité. Comme on est dans le futur des années 2000 depuis un moment, Trotski Nautique ne vois pas l’intérêt de jouer avec une batterie qui prend toute la place dans le camion, ce qui est bien pratique parce que Trotski Nautique n’a pas de camion et préfère le train. Alors Trotski Nautique joue de la boite à rythme, il suffit d’appuyer sur un bouton et ça envoie le bois comme disent les jeunes. L’avantage de la boite à rythme c’est que Trotski Nautique peux jouer n’importe où, aussi bien au stade de France que dans ta salle de bain. Bob Dylan aussi il peut aussi bien jouer au stade de France que dans ta salle de bain me direz-vous et bien Trotski Nautique est d’accord mais Trotski Nautique aime bien quand ça fait Poum Tchack avec de la caisse claire qui claque.
Trotski Nautique joue généralement des chansons de 1 minute 30 voire 2 minutes parce que plus c’est court et moins c’est long.

 



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Cinq trucs essentiels qu’un musicien devrait absolumment faire tous les jours Cinq preuves que tu communiques n’importe comment avec ton groupe >

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Sur le blog Confliktarts.com : Interview > David Snug - jaimepaslamusique.net / Trotski Nautique / Illustrations
Bonjour, J'ai trouvé cet article sur le site de Conflikt arts et je pense qu'il peut t'intéresser : http://www.confliktarts.com/fr/blog/573/interview-david-snug-jaimepaslamusique-net-trotski-nautique-illustrations A bientot
Votre demande de partage sur Conflikt Arts
Bonjour,<br /><br />Votre demande de partage a bien été prise en compte.<br />L'article : http://www.confliktarts.com/fr/blog/573/interview-david-snug-jaimepaslamusique-net-trotski-nautique-illustrations a été envoyé.
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