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Interview > Cédric Tilèpe - L’Atelier de Cédric


"Les artistes ont évolué vers plus de live et une conscience assez développée du monde de l'édition"

L'Atelier de Cédric est une sorte de cercle musical, à l'image de ces cercles littéraires d'antan qui servaient autant à partager le pire et le meilleur des expériences respectives, qu'à inspirer réciproquement leurs participants. L'aventure née il y a cinq ans a déjà rassemblé plusieurs centaines de groupes réunis autour de professionnels du son. Comme c'est après tout "son" atelier, personne de plus avisé que Cédric pour nous le présenter.

 
 
 
 
 
Salut Cédric, peux-tu te présenter brièvement à nos lecteurs ? 
Salut François, oui bien sur, avec plaisir ! Je suis musicien (compositeur et arrangeur) et, en 2010, j'ai créé un lieu de rencontre, d'échange et de création musicale au Studio Bleu.
 
Qu'est ce donc que L’Atelier de Cédric ? Comment l'équipe est-elle organisée ?
L'Atelier de Cédric est donc ce lieu qui réunit (à l'image d'un collectif) des auteurs-compositeurs-interprètes et instrumentistes, tous les jeudis et vendredis, à la fois pour rencontrer des professionnels en activité mais aussi pour créer des collaborations artistiques entre tous ces jeunes artistes. Côté équipe, c'est assez simple car je suis seul à tout gérer depuis le début ! Jamais très loin toutefois pour nous "supporter", Philippe Tricaud, le patron du Studio Bleu, qui nous fait bénéficier de beaucoup d'avantages et qui reste toujours à l'écoute des Artistes de l'Atelier.
 

Comment est née une telle idée et quelle est la motivation première de ces entretiens ?

J'ai pour habitude de dire que l'idée, en tous les cas telle qu'elle s'est développée aujourd'hui, ne m'est pas venue un beau jour comme ca "toute prête"; dans un premier temps, le but était de réunir des amis musiciens pour s'entraider, surtout au niveau de la compo, les uns les autres. Et puis, je me suis placé en "observateur" de ce lieu qui est devenu une sorte de laboratoire dans lequel je faisais des essais (en intégrant certaines options ou bien en modifiant certains aspects de l'organisation). J'en suis venu à cette formule, en place depuis environ deux ans maintenant : des rencontres professionnelles (entre 3 et 5) tous les jeudis de 10h à 17h et des séances d'écriture et de composition tous les vendredis de 10h à 14h.

Comment puis-je venir à l'Atelier en tant qu'artiste pour présenter mes œuvres ? 
L'Atelier se fait sur audition. Il suffit de se renseigner sur la date de la prochaine audition et de nous envoyer un petit mail avec quelques lignes sur le projet artistique et surtout des liens audio et/ou vidéo pour pouvoir écouter/voir ! Sachant qu'il nous arrive aussi de "recruter" de nouveaux artistes en dehors de ces périodes d'audition un peu "officielles".
 
 
 

Quels sont les critères principaux pour choisir vos invités professionnels ?
Concernant les professionnels, il n'y a pas vraiment de critères. Je dirais qu'ils sont très majoritairement en activité; ca reste une constante mais reste à définir ce que l'on entend par "en activité". Nous avons reçu d'anciens patrons de maison de disque ou d'anciens directeurs artistiques et leur expérience a été très intéressante à partager. Un autre point commun : avoir une connexion relativement directe avec la musique bien entendu. Mais la musique est intégrée dans tellement de domaines aujourd'hui que l'on peut même recevoir des réalisateurs de vidéos clip ou des professionnels de la promotion et du marketing en général.

En cinq ans, combien d’invités et de groupes sont passés par l'Atelier à ce jour ?
Alors j'avoue que j'ai arrêté de compter depuis quelques temps mais il semblerait que nous ayons reçu plus de 500 professionnels. Concernant les artistes, nous avons dû voir défiler autant de projets artistiques voire un peu plus peut-être...

Dans quelle mesure est-il possible de participer aux ateliers si je ne suis pas parisien ?
Honnêtement, c'est un peu compliqué car le concept est vraiment basé sur la proximité entre les artistes et les professionnels. Je suis de province et ne suis donc pas forcément fan de cette "centralisation" du milieu de la musique mais il faut bien avouer que l'essentiel de l'activité se passe à Paris. Même si je trouve que certaines structures assez importantes sont aussi en province aujourd'hui (notamment beaucoup de tourneurs). Mais j'ai basé ces rencontres sur la "réalité". J'ai monté cet Atelier suite à un certain ras-le-bol des relations artistiques virtuelles, des échanges musicaux par mail... C'est peut-être un peu idéaliste ou réducteur mais je ne crois qu'aux rencontres physiques entre les personnes; c'est à ce moment là qu'il se passe quelque chose, ou pas d'ailleurs... Mais à l'air d'internet, je ne suis pas du tout pour la pratique unique du "home sweet home studio". C'est bien d'être autonome et de pouvoir bosser chez soi mais les rencontres en live sont pour moi essentielles !

Et quelles sont les principales évolutions de ces invités dans le discours, les moyens d'action et les constats par rapport au secteur musical hexagonal ?
En 5 années de rencontres, je n'ai pas l'impression que le discours des professionnels ait beaucoup évolué, en tout cas pas de façon déterminante, et c'est d'ailleurs peut-être parfois  là que se situe le "problème". Disons que les professionnels ne peuvent plus s'appuyer sur le "disque", au sens propre, ce n'est plus contestable, c'est une évidence. Les professionnels ont donc tendance à se tourner davantage vers le live et surtout les éditions ! Du coup, les Artistes eux-mêmes ont évolué vers plus de live et une conscience assez développée du monde de l'édition : l'un des plus vieux métier de la musique remis au goût du jour ! (qui avait, selon moi, un peu perdu de son "prestige" et de son importance ces dernières années).
 

 


Et en se projetant un peu, comment le vois-tu évoluer dans les années à venir, tant au niveau du live que de la musique enregistrée ? 
Et bien là encore, je vois tout cela évoluer vers une "expérience" live mais aussi beaucoup vers l'audiovisuel. C'est peut-être le domaine que j'ai vu le plus évoluer ces dernières années. Je me suis d'ailleurs mis à inviter pas mal de professionnels naviguant dans la synchro, la supervision musicale (pour la télé et le ciné), le rapport avec les marques. Il me semble que l'artiste doit aujourd'hui naviguer entre le son et l'image, de plus en plus. Sans négliger la publicité et le rapport avec les marques. La musique enregistrée pour moi sera donc beaucoup plus "multi-supports" et plutôt dématérialisée. On achètera toujours des disques (cd, vinyles et peut-etre même des cassettes !) mais la diffusion de la musique sera vraiment très large. 

Peux-tu nous évoquer ton meilleur et ton pire invité (en citant des noms bien sûr) ?
Peut-être déjà préciser que, pour moi, un bon invité est un professionnel qui se déplace pour rencontrer des artistes et qui se met donc dans cette posture particulière d'écoute et de partage. Sans vouloir tomber dans la caricature, il y a une façon de parler à des artistes, de partager un moment avec eux, de communiquer. La façon de leur parler doit être relativement adaptée. Donc dans les meilleurs invités, je pourrais citer sans hésitation Marc Lumbroso. Déjà, le fait qu'il se soit déplacé à trois reprises pour venir à la rencontre des artistes est une belle preuve de générosité en soi. Mais c'est surtout un directeur artistique (ancien patron de major) très à l'écoute, curieux de tout ce qui peut se passe autour de lui, attentif et fidèle (il suffit de l'écouter raconter son histoire avec Goldman (dont personne n'a voulu pendant des années) pour en être convaincu. Toutes ces qualités semblent d'ailleurs être héréditaires puisque sa fille (Jessi Lumbroso) est à l'origine du projet de Christine and The Queens !
Le pire invité, très sincèrement, je ne peux citer personne. Le fait de venir à la rencontre de jeunes artistes sans (aucune) notoriété est déjà une preuve d'ouverture en soi. Comment donc dénoncer un invité dans ce contexte là ? 
 
 
 
 
 
Du point de vue financier, quel est le statut de l'Atelier et comment vit-il, sachant que vous ne bénéficiez d'aucune forme de subvention ?
Alors c'est là que l'on touche un peu au "point sensible". C'est un peu la difficulté du moment car, certes nous avons développé un beau réseau de professionnels et d'artistes, mais seul le temps (et donc l'argent) pourra transformer cet essai et consolider cette structure... 
A l'heure actuelle, l'Atelier est sous une forme associative et nous demandons aux Artistes une participation de 120 euros par mois pour financer la location des salles et assurer environ 10 heures d'Atelier par semaine. Je t'avoue que le prix n'a pas été évident à définir car je ne voulais pas "pénaliser" les artistes qui ont du talent et peu de moyen... c'est encore aujourd'hui une balance difficile à équilibrer mais nous arrivons malgré tout à stabiliser le "navire" et pour le plus longtemps possible je l'espère ! Mais, à terme, j'aimerais beaucoup que l'Atelier se rapproche du modèle de la maison d'édition (le "early adopter" à l'anglo-saxonne). Nous avons d'ailleurs commencé à développer une petite structure éditoriale dans laquelle nous éditons (ou co-éditons) des Artistes de l'Atelier. Mais le catalogue ne générant pas (ou peu) de revenus (les artistes étant "en développement"), nous ne pouvons pas, pour le moment, nous appuyer uniquement sur ce modèle éditorial qui me semble pourtant assez juste de notre côté comme de celui de l'Artiste (nos contrats éditoriaux étant relativement courts (une année) et assez flexibles).

Quels sont les meilleurs conseils que tu adresserais à des groupes indés en développement, qu’ils viennent de toi ou d’invités que tu as reçu ?
Alors les conseils sont pour moi à adapter en fonction de l'artiste que tu peux avoir en face de toi. On a parfois l'impression que tout est "formaté" mais le paysage musical français ne l'est pas forcément. A chaque projet sa "feuille de route". Après, il y a des conseils de base à rappeler notamment le fait de développer un style propre, un son, une image et toute une "histoire" autour pour attirer à la fois le public (son public) et les professionnels. Contractuellement, faire attention au choix de son premier partenaire (et notamment son premier éditeur). Mais c'est comme dans tous les métiers, il faut apprendre à connaitre ses partenaires professionnels, développer une relation de confiance, s'apporter des choses mutuellement, dans un rapport sain et équilibré.
 
 
 
 

Peux-tu nous dire ce qu'est le CIFAP et quelles relations vous entretenez ?
Il y a environ deux ans, j'ai été contacté par Julian Guy qui était le responsable (à l'époque) des formations au CIFAP. Il a trouvé le concept de l'Atelier intéressant et m'a proposé de monter avec lui une formation "auteur-parolier" pour tous les auteurs au sens large (scénaristes, romanciers, journalistes...) pouvant bénéficier de la formation continue et souhaitant s'initier ou se perfectionner à l'écriture de chansons. Chaque session dure deux semaines et tout l'intérêt est dans le nombre réduit de participants (très adapté à ce type de formation). Les stagiaires se retrouvent avec deux auteurs pendant 6 jours (notamment Jérôme Attal et Emmanuelle Cosso-Merad pour les dernières sessions). C'est un échange assez intime et privilégié avec des auteurs de chansons (mais aussi de romans) en activité et avec un beau palmarès ! Ensuite, les participants assistent à 4 journées d'Atelier au Studio Bleu, leur permettant à la fois de rencontrer des professionnels (le jeudi) et de collaborer avec les Artistes de l'Atelier (le vendredi).

 

Si tu pouvais accueillir n'importe quel groupe vivant ou mort à l'Atelier, lequel ce serait ?
Les Beatles naturellement ! Tous les ingrédients sont réunis : les mélodies, l'énergie, la musicalité, les arrangements, l'image même bien sur...
 

Qu'en serait-il si tu devais t'exiler sur une planète qui ne connait pas la musique avec un album ?

Alors étant absolument fan de classique, j'ai toujours dit que si je devais choisir une seule oeuvre ce serait le Requiem de Mozart (par Karl Böhm chez Deutsche Grammophon pour être très précis). Pour moi, il y a tout dans cette oeuvre : des mélodies (comme chez les Beatles finalement), de la force, de la sensibilité, de la joie, de la peine... bref, une oeuvre à envoyer dans l'espace pour résumer toute l'Histoire de la musique selon moi !

Enfin on finit avec les deux dernières claques musicales que tu as découvertes, sur album et en live ?

Sur album, le titre Retrograde de James Blake et, en live, le jeune groupe toulousain Kid Wise !
 

 

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