webleads-tracker

Newsletter

* champ requis

Interviews

Interview > Stéphane Laick / Label AT(h)OME


"L’artiste doit en être un acteur actif de son projet, être force de proposition, volontaire et porter son ambition"

Cette entretien avec Stéphane d'At(h)ome est riche à plus d'un titre. Non seulement par la passion qui se dégage des mots de cet homme qui se dévoue à son label depuis 15 ans (et en famille s'il vous plait), mais également parce que par manque de temps et forcé de jongler avec les priorités, il nous a fallu de très longs mois pour le finaliser. Comme quoi un label ça demande un sacré investissement, presque autant que de vous livrer de bonnes interviews sur le blog de ConfliktArts. Apprécions.

 

 

Bonjour Stéphane, peux-tu te présenter pour nos lecteurs ?
Je suis Stéphane Laick, j’ai fondé AT(h)OME à 25 ans avec mon frère Olivier –qui a 6 ans de plus que moi- à l’été 2001. Nous sommes tous les deux passionnés de musique, tout les deux diplômés d’une grande école de commerce et je crois sans me tromper que nous avions très envie de mettre notre énergie et notre bagage au service d’artistes plutôt que celui d’actionnaires ;)


Peux-tu nous décrire précisément ton métier, ainsi que le Label At(h)ome ?
AT(h)OME est ce qu’on appelle un label. C'est-à-dire que nous intervenons au niveau de la production des albums (en « signant » des artistes), puis au niveau de la sortie des albums en organisant et gérant la promotion et le marketing autour de celle-ci pour qu’elle ait le maximum d’impact. Par exemple, les affiches de nos artistes que vous voyez dans les travées des festivals, c’est nous ;) Notre volonté est de prendre en charge des projets artistiques sur le long terme, ce qui est de plus en plus compliqué actuellement. Je suis très fier d’avoir des artistes qui nous font confiance depuis plus de 10 ans comme par exemple AqME, Lofofora ou Les Tit ‘ Nassels.

 

 


Tu travailles très étroitement avec ton frère avec qui tu as monté la structure, ça voudrait donc dire que le business en famille, c'est possible ?
Faut croire… En tout cas, pour le moment, on se parle encore un peu. Hahaha

 
Vous vous réclamez être un label rock, en même temps votre catalogue s'étend des Tit' Nassels à Lofofora, comment faites vous vos choix de collaborations avec des artistes, et avez-vous une ligne directrice artistique stricte ?
Alors si tu regardes bien, notre sous titre est label rock ouvert indépendant. Cette ouverture d’esprit, on la met particulièrement en avant car c’est ce qui représente l’esprit de ce label. On n’a jamais voulu s’enfermer dans un genre et être au top de la branchitude. On signe des projets issus de la scène française, mais sans se poser de barrières artistique. Ces artistes auront pourtant un point commun : c’est de savoir jouer sur scène ! La logique est là. Mon ambition est de réussir à porter au plus haut la valeur de chacun de ces projets ; et de parvenir au fait que si tu t’intéresses au label, tu puisses entrer par Tagada Jones et repartir avec Arman Méliès – ou inversement !


Quel est le mode de fonctionnement du label ? Quels sont ses financements ?
On a monté le label avec nos petites économies de l’époque et un emprunt bancaire. Depuis on fonctionne à 100% sur nos fonds propres, la boite est je pense sainement gérée et appartient toujours uniquement à ses fondateurs. Les revenus qui nous permettent de fonctionner sont majoritairement les ventes liées à la musique enregistrée que nous mettons à la disposition du public. C’est pourquoi il est fondamental de continuer à se procurer la musique par les circuits officiels de distribution physiques ou digitaux : c’est ce qui permet à nos artistes de vivre de leur musique, c’est ce qui nous permet de continuer à produire et au final c’est ce qui garantit la diversité musicale à laquelle nous sommes tous attachés.


Justement, en quoi doit consister le travail d'un label indépendant de nos jours ?
Le rôle d’un label indé est le même aujourd’hui qu’hier : c’est de croire à des projets auxquels personne ne croit, c’est aussi de travailler avec ses artistes en respectant leurs volontés artistiques, et d’être capable de proposer des solutions d’accompagnement professionnelles sur le long terme. C’est d’ailleurs pour valoriser et mettre en avant le travail des labels indépendants que j’ai créé l’appellation « Producteur 100% indépendant » afin que le public puisse aisément repérer les productions des labels indés. J’ai pour projet cette année de développer cette appellation qui a un site temporaire à cette adresse : www.centpourcentindependant.com


Quels en sont les meilleurs et les pires aspects ?
L’aspect le plus agréable est de pouvoir choisir les artistes avec lesquels tu vas travailler et comme pour n’importe quelle maison de disque, c’est un grand bonheur de le voir progresser, attirer plus de public et créer plus d’intérêt album après album. Le plus compliqué est parfois de ne pas être pris suffisamment au sérieux par certains parce qu’on ne s’appelle pas Sony ou Universal. Heureusement, cela nous arrive de moins en moins ;)

 



 

 

Comment en es-tu arrivé à exercer ce métier ?
Perso, je voulais travailler dans un secteur culturel. J’ai eu la chance pendant mes études de faire des stages dans la BD (Glénat), la musique (Sony) et le cinéma (Mk2). Au moment où je termine mes études, Olivier qui était en poste chez EMI m’annonce qu’il quitte la major pour fonder un label indépendant avec deux associés. Il parvient à me convaincre de venir travailler avec lui mais les idées divergent avec les autres et au bout de même pas un an, on décide de monter notre propre structure avec nos économies, notre envie et notre propre vision des choses. C’est comme ça qu’est né AT(h)OME. Le reste, on l’a appris sur le tas.


Que conseillerais-tu à ceux qui souhaitent faire comme toi ?
Avoir un projet artistique et quelques idées ne suffisent pas. Si on veut tenir sur la longueur, il faut bien se dire qu’il faut s’astreindre aux mêmes obligations que n’importe quelle entreprise : étudier le secteur, faire un business plan et partir avec un capital. Il y a un nombre important de compétences à réunir qu’elles soient artistiques, promotionnelles, marketing ou administratives. Faire coexister tout ça est peut être le plus délicat. Il faut aussi tenir compte de l’évolution du marché, de la chute des ventes physiques et du développement d’un modèle digital qui n’est toujours pas suffisamment rémunérateur. Il faut savoir se remettre en question et être réactif face à un marché changeant et très incertain. Et évidemment, il faut y croire très fort !
 


Est-ce que tu vis des activités du label ?
Bien sûr, et depuis le début. C’est pour moi une condition de base, si la structure que tu montes ne permets pas de rémunérer un minimum les équipes dans un délai court, c’est que tu n’as pas bien pensé ton projet. De toute façon, je ne vois pas comment on aurait pu tenir 13 ans sans en vivre, à moins d’avoir une fortune personnelle, ce qui n’est malheureusement pas le cas !


Alors que la crise du disque est une histoire déjà ancienne, quels sont vos secrets pour continuer à faire vivre cette passion ?
La crise a certes démarré début 2000 mais ce n’est pas de l’histoire ancienne, on n’en est toujours pas sorti ! Le physique poursuit sa descente à un rythme moins soutenu et le digital peine à devenir le relai de croissance que tout le monde attend. Au milieu de tout ça, les difficultés sont de plus en plus vives pour faire exister les projets médiatiquement et commercialement. Tout s’est considérablement tendu. Au milieu de tout ça, il faut savoir s’adapter et relever ces nouveaux défis. Apprendre de nouveaux métiers, se remettre en question, évoluer : la flamme est là. Et puis je vais te dire, on se parle d’album, d’artistes, d’humain : chaque projet a ses particularités, ses qualités, ses défauts, ses différences… Chaque album sorti est une nouvelle manière de faire, de nouvelles idées, des surprises. Il n’y a pas de routine dans ce métier et c’est probablement ce qui est grisant.
 

 

La Maison Tellier en studio...

 


Les groupes attendent souvent beaucoup des labels qui les signent. En réaction, peux-tu nous dire ce qu'un label attend d'un groupe pour pouvoir bien travailler ?
De ne justement pas tout attendre de son label !! L’artiste est évidemment au cœur de son projet, il doit en être un acteur actif, être force de proposition, volontaire et porter son ambition. Trop d’artistes pensent que « signer » est un aboutissement. C’est tout le contraire ! ce n’est que le début de l’histoire. Un histoire qui s’écrit à deux avec le label.


Comment vois-tu évoluer les labels indépendants dans les années à venir ?
Les labels indépendants souffrent beaucoup actuellement. Leur force est leur capacité d’adaptation, leur faiblesse est leur fragilité financière. On en a vu disparaître beaucoup. On voit aussi des rapprochements et des fusions. Un label indépendant de la taille de AT(h)OME, cela reste un frêle esquif dans la tempête mais tant qu’il y aura des artistes non conformistes et audacieux, tant qu’il y aura cette nécessaire diversité de création, il y aura des labels indépendants pour les porter.


As-tu un rêve ou des rêves liés à ce métier ?
Que l’on arrête de parler de la valeur artistique d’un film, d’un livre, d’un auteur, d’un album en fonction de son audience, de son budget ou du nombre d’exemplaires vendus. Suivez mon regard…


Que évènements ou sorties du labels vont marquer tes prochaines semaines et mois ?
Dans les jours à venir, on sort consécutivement le nouvel album de La Maison Tellier « Avalanche » le 29 janvier et le nouvel album de Clarika « De quoi faire battre mon cœur » le 12 février. Ce sont deux artistes différents mais qui arrivent chacun avec un très bel album. A découvrir absolument. La Maison Tellier sera sur la scène de la Cigale le 17 mars 2016 et Clarika à la Cigale aussi le 12 avril.


C'est quoi la différence entre une bonne et une mauvaise sortie d'album ?
La bonne sortie c’est celle où tout coïncide comme il faut : promo, marketing, tournée. Ensuite c’est le public qui choisit mais au moins tu auras fait ton maximum.


Et pour finir, tes dernières claques musicales, album et live (tu as le droit de prêcher pour ta paroisse..) ?
J’ai la chance de travailler sur des artistes qui entrent dans cette catégorie.

 

 

 

LA SUITE SUR LE WEB :

Site / Facebook / Dailymotion / Twitter

 



* champ requis


Six façons bien différentes de vivre ses premiers concerts en groupe, du très meilleur au grand pire... Les trucs les plus fous à faire lors de la fabrication de votre vinyle >

Partager
Sur le blog Confliktarts.com : Interview > Stéphane Laick / Label AT(h)OME
Bonjour, J'ai trouvé cet article sur le site de Conflikt arts et je pense qu'il peut t'intéresser : http://www.confliktarts.com/fr/blog/582/interview-stephane-laick-label-at-h-ome A bientot
Votre demande de partage sur Conflikt Arts
Bonjour,<br /><br />Votre demande de partage a bien été prise en compte.<br />L'article : http://www.confliktarts.com/fr/blog/582/interview-stephane-laick-label-at-h-ome a été envoyé.
Votre demande de partage a bien été prise en compte.

Dans la même catégorie :

Nos conseils

5 manières de trouver un nom de groupe qui a la classe

Vous êtes au collège et montez votre premier groupe, vous lancez enfin votre projet perso après 5 ans de travail acharné, ...

165029 vues
Nos conseils

10 phrases à ne plus dire sur scène

Comme tous les spectacles, les concerts comportent leur lot de rituels ridicules ou non inhérents à chaque groupe. Mais s'il y a ...

86014 vues
Nos conseils

10 manières de virer son batteur en lui faisant croire que c'est lui qui part.

Le batteur est un animal étrange bien souvent considéré comme un mal nécessaire à la composition d'un groupe. ...

66047 vues
Nos conseils

10 manières de virer son bassiste en lui faisant croire que c'est lui qui part.

Le bassiste. Nul ne sait à quoi il sert, et pourtant, il est là, traînant ses guêtres autour de vous, errant comme un fantôme ...

52976 vues
Nos conseils

10 manières de virer son guitariste en lui faisant croire que c'est lui qui part.

Il est là, saturant l'espace de tout son ego sur-dimensionné, vandalisant chacun de vos morceaux de ses solos intempestifs. Vous ...

46076 vues

PUBLICITE

Suivez l'actualité du blog !

* champ requis

Saisissez le code figurant sur la carte de téléchargement que vous avez reçue pour obtenir vos fichiers gratuits. Bonne réception !


Catégories



Archives




Besoin d'aide pour configurer votre produit?
Contactez nous :

Par téléphone au : 02 99 92 89 05
Du Lundi au Vendredi de 9h à 18h.

Par email : Cliquez ici
Sur le site : Aide et FAQ

Les News du moment !

Flyers disponible du A8 au A4 Accéder au produit
Flyers disponible du A8 au A4

Découvrez un large choix de formats, types de papiers et finitions pour tes flyers.

Lire la suite...
Combo CD+vinyle, retrouvez les 2 supports dans un seul boîtier! Accéder au produit
Combo CD+vinyle, retrouvez les 2 supports dans un seul boîtier!

Un CD + un vinyle, vous en rêviez! Nous vous le proposons à partir de 250 exemplaires.

Lire la suite...
Pressage CD Pochette Carton Accéder au produit
Pressage CD Pochette Carton

Découvrez un large choix d'options pour votre Pressage CD !

Lire la suite...

Partager cet article

X
Interview > Stéphane Laick / Label AT(h)OME
"L’artiste doit en être un acteur actif de son projet, être force de proposition, volontaire et porter son ambition"