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Interview > Oli - W-Fenec.org


"Il faut juste s'imaginer la toile rock aux débuts de l'internet : il n'y avait quasi rien"

 
Un webzine qui tient depuis près de 20 ans en écrivant (très) librement sur la musique, on en connaît pas des tonnes. Parmi ces rares assidus, l'équipe de W-Fenec tient bon la barre de la chronique, du partage, de la découverte et des salles et festivals visités. Ce site presque aussi vieux que l'internet lui-même, est porté vaillament par Oli et une équipe d'adorateurs de musique, dont il nous parle aujourd'hui.
 
 
 
 
 
Salut Oli, peux-tu nous dire qui tu es s'il te plaît ?
Salut, je suis l'un des deux co-fondateurs du webzine W-Fenec qui fêtera bientôt ses 20 ans, passionné de musique, j'écris donc des articles depuis une vingtaine d'années et je fais partager mes sensations au travers du mag. Si au départ, ce n'était que de l'écriture, on a depuis tissé un réseau, on fait des rencontres, on monte des partenariats, on essaye d'apporter notre petite pierre à l'édifice.
 
Mais pourquoi W-Fenec, et puis qu'est-ce que c'est d'abord ?
L'histoire du W-Fenec est très simple, il faut juste s'imaginer la toile rock aux débuts de l'internet. Il n'y avait quasi rien. Sauf un jeune étudiant qui avait une page perso avec plein de trucs dessus et un peu de rock. Un autre jeune étudiant tombe dessus, lui envoie un mail, et ensemble, ils décident de créer une sorte de fanzine mais sur le net puisqu'à l'époque, c'est assez désert... Il faut un nom, le W pour le Web ou Webzine et "Fenec" parce que la trogne de l'animal apparaît au moment du brainstorming et qu'il a de grandes oreilles. Pour pas être emmerdés avec la SPA ou la WWF et pour le rendre encore plus sympa, on lui a enlevé un peu de haine. Le site était né et a grandi petit à petit, on a élargit l'équipe, on a amené des news quotidiennes puis on est devenu un mag digital lu par des milliers de personnes.
 
Où commence et s'arrête le champ musical que vous aimez couvrir ?
On n'a pas vraiment de limite, le truc qui nous a motivé dés le départ, c'était de faire partager les bonnes sensations que nous procurent les groupes. Forcément, on est plutôt rock/métal. Mais si on chope de bonnes vibrations avec de l'électro ou du hip hop, pourquoi on n'en parlerait pas ?
 
Combien êtes-vous à prendre part au projet, et comment-vous organisez-vous ?
En membres actifs, on est dix, deux à la technique, un qui gére la partie infos et les sept autres écrivent à leur rythme en fonction de leur temps disponible. L'organisation est assez "rock n roll" elle aussi. On essaye de sortir un mag tous les deux mois, on centralise donc nos écrits et on assemble le tout. On a un espace de discussion privé sur le site où l'on se met d'accord sur qui écrit sur qui, et qui on choisit en couverture, interview, concours... J'ai un peu le poste de rédac' chef, c'est donc moi qui râle quand il manque des articles huit jours après la deadline, mais toujours dans la bonne humeur, sinon on arrête.
 
 
Vous couvrez régulièrement des festivals, quels rapports entretenez-vous avec eux, mais aussi avec les autres médias, à commencer par les autres webzines, qui se sont multipliés ces dernières années ?
Pour les festivals, ça dépend vraiment de chaque orga, pour certains, ça se passe très bien, on a de bonnes relations, on est très bien reçu, les accréditations sont offertes, les conditions sont alors idéales. Pour d'autres, c'est beaucoup plus compliqué, parfois, les demandes sont refusées, parfois les accréditations sont payantes, chaque cas est particulier et pour ne rien te cacher, on va avoir une discussion interne sur le sujet parce que devoir payer pour faire un reportage sur un festoche, ça fait un peu mal. Pour les autres webzines, on entretient quasi aucune relation... A titre personnel, je lis très peu les confrères pour ne pas être influencés, oui, ils sont souvent plus rapides que nous... On avait de très bonnes relations avec quelques uns mais ils ont tous mis la clef sous la porte... Y'a un zine québecquois qui nous en a voulu d'utiliser des mots français et qui s'est énervé contre nous mais ça nous fait surtout marrer. On est assez cool et on relaye parfois quelques trucs écrits par les voisins, on échange même quelques mots doux avec Métalorgie qui a débuté un peu après nous et a gardé le même esprit.
 

 
 
Vous avez semble-t-il frôlé la fin de l'aventure ces dernières années, quels en sont encore aujourd'hui les principales difficultés, mais aussi ce qui vous pousse à continuer ?
Oui, c'est de moins en moins évident de parler de musique comme on le veut. Certains voudraient qu'on écrive une bonne chronique avant même d'avoir reçu leur album, certains labels dénigrent les webzines, certains pensent pouvoir imposer leurs volontés... Et nous, on veut faire ce qu'on veut, quand on le veut. Et après une quinzaine d'années, on était un peu lassé, c'est pour ça qu'est né le mag digital. Il est toujours gratuit, il est gros mais il est beau. C'est un moyen différent de communiquer et ça nous dégage davantage de temps pour nous organiser alors qu'avec le "tout en ligne tout de suite", c'était du flux tendu, là, on a toujours un peu moins de 2 mois pour gérer le boulot. Et tant qu'on aura de la bonne musique dans les oreilles, on devrait continuer...
 
Sur un plan plus perso, tu as un job à plein temps et une vie de famille à gérer, comment t'organises-tu donc au quotidien ?
La musique, c'est vraiment sur le temps libre une fois que le vital est assuré. On a presque tous une famille, on a tous un vrai job, pour tous, le W-Fenec, c'est juste du temps libre et donc du plaisir, si ça devenait une contrainte, il faudrait arrêter. Je ne m'organise pas, je trouve du temps quand il y en a, en soirée essentiellement... Le nombre d'heures est incalculable puisque dés que j'écoute de la musique, le cerveau travaille ! D'ailleurs, ça fait plaisir de terminer une chronique et de réécouter un album en se disant qu'on peut juste l'écouter et pas devoir aussi réfléchir à comment on va en parler.
 
Vous encouragez sur votre site les groupes à vous faire parvenir leurs albums et démos, à quelle fréquence êtes-vous sollicités et comment traitez-vous toutes ces informations ?
On ne traite que les albums reçus "physiquement", si on devait écouter tous les liens de streaming, on n'aurait pas assez de 24 heures par jour, on a donc déjà un gros filtre avec le passage par la poste. Malgré ça, on reçoit une dizaine d'albums par semaine, c'est beaucoup, il faut se bloquer du temps pour tout écouter et faire une sélection. Il nous semble évident de passer du temps sur ceux qu'on aime le plus, ça réduit encore le nombre, au final, on doit écrire sur environ 20 % des albums reçus... Il y a certainement 30 autres % qui mériteraient qu'on en parle mais faute de temps, on les met de côté... et parfois, on trouve du temps pour écrire dessus, mais c'est très rare.
 
 
 
Le mag numéro 23
 
 
Tant qu'à faire de vous contacter, quels sont les meilleurs moyens de vous convaincre d'être chroniqués ?
Il faut avoir de bonnes idées, soigner la production parce que le niveau même "amateur" est désormais très élevé, essayer de nous allécher avec un joli artwork, mais tout reste subjectif...
 
Ça fait quatre ans que le webzine s'est aussi mué en magazine digital d'une centaine de pages qu'on imagine pas mal plus exigeant à sortir que de "simples" articles sur le web, pourquoi cette évolution et quel bilan en faites-vous 23 numéros plus tard ?
L'évolution était nécessaire pour casser la routine et nous dégager du temps pour bosser à notre rythme. Entre le boulot et la famille, il y a des semaines où tu n'écris rien, sur le web où tout va très vite, rien pendant 1 semaine, c'est mortel. Le mag permet d'envoyer du lourd à peu prés tous les deux mois et ensuite d'archiver les articles de façon régulière. Ce qui est plus exigeant, c'est la mise en page, le choix de la couv', c'est un peu plus de boulot mais c'est aussi très motivant. D'ailleurs les retours des professionnels et des groupes sont très bons sur le mag, il y en a encore très peu sur le web francophone et ça ouvre davantage de portes pour les gros groupes étrangers qui ne nous connaissent pas. 23 numéros plus tard, on va certainement changer quelques petites choses, c'est en cours...
 
Dans une grosse année, vous fêterez vos 20 ans, quel effet ça fait ?
Ca donne surtout un coup de vieux parce que j'avais 20 ans quand l'aventure a commencé et on croise des lecteurs qui n'ont pas encore 20 ans... On n'a jamais calculé et on ne calculera jamais quoi que ce soit, quand on a créé ce "W-Fenec", on ne pensait même pas qu'un jour un groupe nous enverrait son disque !
 
Est-ce que vous préparez des choses spéciales pour l'occasion ?
On devrait. Mais avec notre sens de l'organisation et notre temps, ça risque d'être compliqué.
 
Depuis toutes ces années, quels sont les principaux changements (bons ou mauvais), que tu as pu observer chez les groupes ?
C'est difficile de balancer des généralités mais j'ai l'impression qu'il y a 15-20 ans, les groupes savaient qu'il fallait bosser et attendre pour devenir un peu plus "gros" alors qu'aujourd'hui certains pensent qu'une bonne page facebook va suffir à leur popularité. Faire le tour des bars et des petites salles dans un van pendant les vacances, c'était un plan génial à l'époque alors qu'aujourd'hui, cet esprit un peu aventurier a un peu disparu. Certains préfèrent faire une campagne de crowdfunding plutôt que d'investir dans leur groupe, comme s'ils n'y croyaient pas eux-mêmes. Avec le développement du web, les groupes sont plus faciles à contacter, c'est une bonne chose pour nous...
 
Comment imagines-tu le site dans 10 ans ?
J'espère qu'un gentil designer bénévole lui aura refait une beauté !
 
Si tu pouvais interviewer pour le mag n'importe quel groupe vivant ou disparu, lequel ce serait ?
Pink Floyd avec Waters et Gilmour ensemble à la même table ! Je suis fan. Ce n'est pas forcément le groupe préféré de nos lecteurs mais ce serait un immense plaisir...
 
Qu'en serait-il si tu devais t'exiler sur une planète qui ne connaît pas la musique avec un seul album ?
Ce serait certainement "Wish you were here", toujours de Pink Floyd, car il y a de tout dans cet album...
 
Enfin, quels sont tes deux derniers coups de cœur, sur album et en live ?
En album, The Random Monsters m'a fait forte impression et sur scène, c'est difficile après Dour où on s'est gavé mais je dirais Le Bal Des Enragés.
 

 

LA SUITE SUR LEUR : Site - Facebook - Twitter

Les anciennes couv’ sont sur http://wfenec.tumblr.com/

Et les mags archivés téléchargeables sont sur : http://www.w-fenec.org/rock/mag.html



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Mon métier dans la musique expliqué à mon entourage (et toujours mal compris) Les meilleurs trucs à faire quand t'as oublié les paroles de ton morceau (qd t'as un trou de mémoire)  >

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Sur le blog Confliktarts.com : Interview > Oli - W-Fenec.org
Bonjour, J'ai trouvé cet article sur le site de Conflikt arts et je pense qu'il peut t'intéresser : http://www.confliktarts.com/fr/blog/638/interview-oli-w-fenec-org A bientot
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