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Interview > Samuel Degasne - Longueur d'Ondes, Gonzaï, Vieilles Charrues, etc.


"En obsessionnel des contextes de création, offrez-moi une pinte et je fourmillerai de spéculations !"

 

Il n'y a pas que les musiciens ou les techniciens pour être au four et au moulin, voire qui jonglent avec leur(s) carrière(s). Les journalistes aussi cumulent les casquettes, et, à ce jeu-là Samuel Degasne est un expert. Il arpente les sentiers musicaux escarpés de l'Hexagone depuis de nombreuses années, entre rédacs de magazines et plateaux TV, jamais très loin des bonnes vibrations.

 

 

© DenoualCoatleven

 


Salut Samuel. Peux-tu nous dire qui tu es, s'il te plaît ?
Un produit de l’Ouest, avec du sang espagnol, biberonné aux scènes alternatives des années 90 et habitant désormais Paris. J’écris actuellement pour Longueur d’Ondes et Gonzaï, puis m’occupe des conférences de presse artistes des Vieilles Charrues et de Rock en Seine.

Tu es présenté selon les cas comme journaliste, animateur radio et télé, modérateur ou encore enseignant. Comment arrives-tu à faire tout cela et où vont tes préférence(s) ?
Heureusement, tout n’est pas fait en même temps ! Je reste viscéralement journaliste : comprendre, vérifier, confronter, raconter… Peu importe donc la forme (à chaque médium sa fonction), même si je trouve que les interviews radios et les longs récits écrits sont magiques…
 

Tu te présentes parfois comme "théoriste musical", peux-tu nous expliquer ?
Ha ha ! Tout le monde a accès à l’information brute. Le rôle du journaliste est donc de tisser des liens, de décrypter, d’étudier l’influence géographique, technique ou sociale sur la musique, d’imaginer les évolutions ou d’ancrer un mouvement dans un héritage… En obsessionnel des contextes de création, offrez-moi une pinte et je fourmillerai de spéculations !
Pour le reste, il s’agissait seulement d’un synonyme de « théoricien », dont la consonance avec « terroriste » m’amusait.

Tu es journaliste musical mais, dans ce champ des possibles, où vont tes préférences ?
Elles sont forcément larges ! Post-rock, hip-hop de la côte ouest américaine, french touch, bluegrass, trip-hop, folk celtique, chœur russe… Il n’y a pas toujours d’explication à l’émotion, même si le cerveau recherche ce qu’il connait déjà et que l’on peut – aussi – être touché par ce que dégage un artiste au-delà de sa musique.
Je sais cependant que mon oreille est parfois peu sensible aux sons trop produits, trop ronds…

Y a-t-il des formations privilégiées dans le journalisme pour se spécialiser en musique, ou n'est-ce qu'une affaire de spécialisation "sur le tas" ?
Le journalisme est, en soit, un métier qui peut s’apprendre à l’école ou… sur le tas, oui. Personnellement, j’ai toujours équilibré mes équipes avec ces deux profils (académisme Vs approche intuitive), mais c’est surtout une façon de penser : la recherche du « pourquoi » et le soin de transmettre. Le plus important est d’être curieux et adaptable, passionné et pédagogue, quel que soit le domaine de spécialisation... Reste ensuite à produire une information inédite. Un élément trop souvent sous-estimé…

Tu travailles de très près avec le magazine Longueur d'Ondes. Qu'est-ce qui fait selon toi la particularité du mag et sa longévité ?
C’est surtout un modèle unique : le plus vieux magazine indépendant de France (ils deviennent rares…) ; 100 000 exemplaires distribués dans les principaux pays francophones (grâce à un réseau « ami » de disquaires, salles de concerts et médiathèques) ; des concerts et des soirées de lancement en marge de festivals (maMA, Nuit Boréale, JIMI…) ; le refus des publi-communiqués (quoi que laisserait penser son format gratuit) ; et le premier média à avoir mis en couverture des artistes comme Jeanne Added, Nosfell, Ez3kiel… Bref. L’artisanat, le vrai.

Nous avions interviewé Serge Beyer, il y a déjà 4 ans, l'année des 30 ans du journal. Qu'est-ce qui s'est passé depuis et y a-t-il des évolutions à venir ?
Le magazine a investi davantage les réseaux sociaux (Facebook, Twitter, Instagram…), travaillé sur des couvertures iconiques, organisé régulièrement des débats avec des professionnels ou participé à des commissions, multiplié les reportages à l’étranger et – surtout – donné plus de place aux enquêtes inédites (Pascal Nègre, financement des festivals, conditions live des photographes, disparition de la chanson contestataire, place de la francophonie…).
Nous allons continuer à traiter plus de thèmes de société par le prisme de la musique. Nos évolutions sont souvent lentes, mais prudentes.

 

Ici à droite, avec Denez Prigent © Denoual Coatleven

 


Tu as un point de vue particulièrement avisé sur la scène émergente française, quel regard portes-tu sur elle, et sur son évolution depuis que tu fais ce métier ?
« Avisé », je ne sais pas… En tout cas, deux choses m’étonnent ces dernières années. Tout d’abord, le peu de réflexion sur les journalistes dans les stratégies de développement artistique (comment les approcher ? de quoi ont-ils besoin ?). Pourtant, les média participent aussi de la construction d’une carrière.
Ensuite, les nombreuses aides consacrées aux jeunes projets. Très bien ! Mais qu’en est-il de la suite ? Nous faisons ce constat avec d’autres professionnels : on rencontre de plus en plus d’artistes contraints de multiplier les créations de projets pour en vivre...

N'est-il pas un peu vertigineux de constater la somme des albums qui sortent chaque semaine ? Et comment faire au mieux le tri parmi toute cette production quand on est journaliste ?
Pas plus qu’un critique culinaire ne pourrait goûter tous les plats… Il faut donc maitriser les bases et se tenir au courant de l’actualité, pour ensuite privilégier le hors-piste (en ayant ses pisteurs ou en se laissant porter par les rencontres et le hasard).
Heureusement, d’ailleurs, qu’il y a profusion de possibilités ! Pour autant, si le travail de défrichage est utile pour révéler ou proposer une sélection au public, les journalistes ne doivent jamais confondre leur avis avec celui des autres. C’est seulement une personne, exigeante en raison de sa forte pratique, qui donne un conseil. A chacun, ensuite, de bien choisir ses conseillers…

Comme Serge nous disait à l'époque « ne pas connaître du tout la presse musicale française, hormis Longueur d'Ondes », aurais-tu des conseils à donner aux groupes indés pour optimiser leurs chances d'avoir des chroniques et des interviews ?
Il y a une évolution presque similaire entre les journalistes et les artistes (sans que l’un ne soit l’autre, hein) : une gueule de bois douloureuse après un âge d’or. La presse et l’industrie musicale se cherchent... L’avenir appartient donc à ceux qui sauront être protéiforme dans leurs démarches créatives et leurs sources de revenus. Il faut impérativement multiplier les actualités, privilégier les rapports directs (avec le public et/ou les journalistes), voire prendre conscience que chaque média recherche de l’exclusivité (photos, versions alternatives…) et une histoire à raconter.

Est-ce que ces conseils sont si différents si l'on s'adresse à toi directement ou à la rédac de Longueur d'Ondes ?
Evidemment ! Nous sommes un collectif de journalistes, photographes, musiciens, écrivains, graphistes, chargés de communication... Soit : une quarantaine de collaborateurs, entre 23 et 64 ans, répartie entre Bordeaux, Paris, Montréal et Bruxelles. Nous avons tous des expériences et des points de vue différents ! Pour nous, L.O. est une récréation et nos éternels débats ( !) sont surtout motivés par la passion.

Si tu avais l'occasion d'interviewer n'importe quel groupe ou chanteur vivant ou disparu, quel serait-il ?
Sans doute Zack de la Rocha des Rage Against the Machine (en présence d’un traducteur…). Pas très original, mais il y aurait beaucoup à dire sur son écriture, son engagement, ses rencontres, les raisons de la séparation du groupe, l’évolution de son courant musical… Ce serait sans doute un joli récit intéressant et à contre-courant sur l’évolution de la société et de l’industrie.

Qu'en serait-il si tu devais t'exiler sur une planète qui ne connaît pas la musique avec un seul album ?
Si c’est dans le but de faire découvrir la musique terrienne, j’opterai (diplomatiquement) pour un best-of de Mike Oldfield. Son approche reste universelle et douce, entre modernité, naïveté, tradition et mysticisme. De plus, il y a un bon panel de voix et d’instruments.

Enfin, quels sont tes deux derniers coups de cœur, sur album et en live ?
Le premier fut les Dizzy Brains, que j’ai eu la chance de découvrir sur un parking à Madagascar par 8°C. Quelques mois plus tard, j’accompagnais le groupe aux Trans Musicales de Rennes et sur le plateau du Petit Journal… Ce fut aussi émouvant de découvrir ce pays (l’un des plus pauvres et corrompus du monde) que d’observer l’incroyable transformation de ces apprentis rockeurs en réelles bêtes de scène…
Le deuxième, c’est The Mouse Outfit, un collectif hip-hop/jazzy de Manchester qui m’a rappelé les premières heures de The Roots et les caves new-yorkaises. Des types qui savent aller plus loin que leur album et vous retourner une salle rapidement, changeant leur live au grès des MC qui passent…
Notez comme dans ces deux cas, le contexte y est aussi important que la musique ! CQFD ?

 

 



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Interview > Mathieu Rousselot - Tunecore France Mon métier dans la musique expliqué à mon entourage (et toujours mal compris) >

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Bonjour, J'ai trouvé cet article sur le site de Conflikt arts et je pense qu'il peut t'intéresser : http://www.confliktarts.com/fr/blog/639/interview-samuel-degasne-longueur-d-ondes-gonzai-vieilles-charrues-etc A bientot
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